En retour, le président a dénoncé des "allégations mensongÚres"

Affaires : Fillon accuse Hollande d'animer un "cabinet noir"

  • PubliĂ© le 24 mars 2017 Ă  09:31
François Fillon sur France 2 dans "L'émission politique", le 23 mars 2017 à Paris

François Fillon a dĂ©noncĂ© un "scandale d'Etat" et accusĂ© François Hollande d'organiser Ă  la tĂȘte d'un "cabinet noir" les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires, le chef de l'Etat dĂ©nonçant en retour des "allĂ©gations mensongĂšres".


Le chef de l'Etat n'a pas attendu la fin de L'Emission politique de France 2 pour "condamner avec la plus grande fermeté les allégations mensongÚres" de M. Fillon, assurant n'avoir été "informé" des affaires concernant ce dernier que "par la presse". Les propos de Fillon apportent "un trouble insupportable" à la campagne présidentielle, a-t-il ajouté.
"Le seul scandale ne concerne pas l'Etat, mais une personne qui aura à en répondre devant la justice", a insisté la présidence.
Le chef de l'Etat réagissait à des accusations portées par le candidat de la droite à l'élection présidentielle, mis en examen notamment pour recel et complicité d'abus de biens sociaux et détournement de fonds publics dans le dossier des emplois présumés fictifs de son épouse.
"Ca fait deux mois que la presse déverse sur moi des torrents de boue", s'est emporté dÚs le début de l'émission le député de Paris, donné éliminé dÚs le premier tour dans tous les sondages.


"Ca m'a fait souvent penser Ă  Pierre BĂ©rĂ©govoy", a mĂȘme confiĂ© M. Fillon, en rĂ©fĂ©rence Ă  l'ancien Premier ministre socialiste, mis en cause dans une affaire de prĂȘt et qui s'Ă©tait suicidĂ© en 1993. "J'ai compris pourquoi on pouvait ĂȘtre amenĂ© Ă  cette extrĂ©mitĂ©", a expliquĂ© M. Fillon.
Il a ensuite portĂ© de lourdes accusations contre François Hollande, qui serait Ă  la tĂȘte d'un "cabinet noir".
"Il y a un livre qui sort ces jours-ci, dont j'ai pu lire les bonnes feuilles, qui a Ă©tĂ© Ă©crit par des journalistes qui sont trĂšs loin d'ĂȘtre mes amis puisque deux d'entre eux sont des journalistes du Canard enchaĂźnĂ©", a fait valoir M. Fillon.
Ce livre ("Bienvenue Place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat", ndlr) "explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est d'une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur les informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls", a-t-il expliqué.
Selon lui, "on cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations".
Un des auteurs, Didier Hassoux, a démenti sur franceinfo les propos de M. Fillon, assurant n'avoir "jamais écrit ça" et accusant le candidat d'avoir voulu faire un "coup".
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a dénoncé dans un communiqué "les affirmations sans fondement" de M. Fillon, qui "a voté systématiquement contre tous les textes renforçant l'indépendance de la justice et favorisant la transparence de la vie politique".


- Il a rendu les costumes -


"Moi, ce soir, solennellement, je demande qu'il y ait une enquĂȘte d'ouverte sur les allĂ©gations qui sont portĂ©es dans ce livre, parce que c'est un scandale d'Etat", a insistĂ© François Fillon.
"Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l'histoire récente de la Ve République, un chef d'Etat n'est jamais aussi loin dans l'illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité", a-t-il également affirmé.
Celui à qui la victoire à la présidentielle semblait promise aprÚs son triomphe à la primaire de la droite a ensuite fait son mea culpa au sujet des costumes de luxe que lui avait offerts son "ami" Robert Bourgi, un avocat proche des réseaux de la Françafrique.
"J'ai eu tort d'accepter" ces costumes et "je les ai rendus", a-t-il indiqué à propos de trois costumes de luxe, d'une valeur totale de 13.000 euros.
Il a en revanche balayé d'un revers de main les informations du Canard Enchaßné au sujet du paiement à sa société de conseil, 2F, d'une somme de 50.000 dollars pour mettre en relation une homme d'affaires libanais et le président russe Vladimir Poutine.
Comme il est habituel dans cette émission avec chaque invité, François Fillon a été confronté à une invitée surprise, en la personne de la romanciÚre Christine Angot, avec qui il a eu un échange trÚs tendu.

Par Lucie GODEAU - © 2017 AFP

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