Agriculture : mobilisation nationale avant de nouvelles consultations Ă  Matignon

  • PubliĂ© le 6 janvier 2026 Ă  13:28
  • ActualisĂ© le 6 janvier 2026 Ă  14:07
Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau (C) s'adresse à la presse aprÚs une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'HÎtel Matignon, à Paris, le 19 décembre 2025

Départ de convois pour Paris, rassemblement devant des préfectures, contrÎles sauvages de marchandises: les actions des agriculteurs diffÚrent mardi selon les syndicats, dont deux - la puissante FNSEA et la Confédération paysanne - sont reçus à Matignon en fin d'aprÚs-midi.

"Il y a une forme d'incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme", a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, reçu à 17H30.

Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d'une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur...

Le gouvernement avait promis ces derniers jours un arrĂȘtĂ© pour empĂȘcher d'importer en France des produits agricoles sud-amĂ©ricains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons...) traitĂ©s avec des substances chimiques interdites dans l'Union europĂ©enne. L'arrĂȘtĂ©, attendu mardi, ne figure pas au Journal officiel du jour et le ministĂšre de l'Agriculture n'a pas rĂ©pondu aux questions de l'AFP.

La perspective que l'accord de libre-échange UE-Mercosur soit signé dans les prochains jours, comme le souhaite la Commission européenne, est un "chiffon rouge", pour Arnaud Rousseau, "de nature à (entraßner) des mobilisations plus importantes. Mais à ce stade, nous appelons à des actions en territoire".

MĂȘme son de cloche chez ses alliĂ©s des Jeunes agriculteurs reçus lundi Ă  Matignon, qui ont promis un rassemblement le 19 janvier devant le Parlement europĂ©en Ă  Strasbourg en cas de signature.

- "CortĂšges pacifiques" -

En revanche, le ton de la Coordination rurale (CR), deuxiÚme syndicat agricole habitué des opérations coup de poing, est monté d'un cran lundi à la sortie de Matignon.

Son prĂ©sident Bertrand Venteau s'est insurgĂ© contre l'interdiction, par arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral dans la majeure partie de la France, des convois de tracteurs qu'il prĂ©voyait d'envoyer Ă  Paris pour "porter pacifiquement" les "dolĂ©ances des agriculteurs".

Il a maintenu son appel à "monter" sur la capitale et la CR espÚre l'arrivée de ses cortÚges à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l'AFP.

Des agriculteurs venus de Corse ont pu "débarquer du ferry", a indiqué mardi le syndicat. Des convois sont aussi partis de Dordogne, des Landes, de Gironde et du Lot-et-Garonne.

Plus d'une trentaine d'agriculteurs de la CR du Lot-et-Garonne et une poignée de tracteurs sont réunis à Cancon, avant de partir en direction Paris.

"CoĂ»te que coĂ»te, on va partir Ă  un moment donnĂ©. Et on ne va pas se laisser marcher dessus (...) On travaille pour vivre et on ne nous fait pas vivre. La seule et unique action, c'est de monter Ă  Paris. (...) On sait dĂ©jĂ  qu'on va ĂȘtre sĂ»rement bloquĂ©s, mais tant pis, on passera de force", a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident de la CR 47 JosĂ© PĂ©rez.

Bertrand Venteau a assumĂ© de ne vouloir "rien lĂącher" notamment sur le sujet des abattages de l'intĂ©gralitĂ© d'un foyer Ă  partir du moment oĂč un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est dĂ©tectĂ©.

Deux nouveaux cas ont Ă©tĂ© recensĂ©s en AriĂšge la semaine derniĂšre malgrĂ© une vaccination presque totale du dĂ©partement, l'immunitĂ© mettant plusieurs semaines Ă  se construire et n'empĂȘchant pas entre temps les contaminations.

La fin de l'abattage total est aussi une demande de la Confédération paysanne, reçue à Matignon à 19H00 et qui a été, avec la CR dans le Sud-Ouest un moteur de la contestation, ravivée début décembre par la gestion de la crise sanitaire par l'Etat.

Plusieurs routes ont été bloquées lundi avec des tracteurs malgré les interdictions de déplacements d'engins agricoles parfois déjà en vigueur dans certaines régions.

Mardi matin la gendarmerie dénombrait encore au moins cinq blocages d'autoroutes (A75, A64, A51N dans la zone Sud, A65 dans le Sud-Ouest et A84 dans la zone Ouest).

Plusieurs agriculteurs avaient fait part à l'AFP de leur intention de passer la nuit sur les barrages. A Calais, tracteurs et agriculteurs avaient installé un barrage filtrant pour contrÎler des marchandises sortant du port afin d'attirer l'attention sur les distorsions de concurrence selon eux entre les produits importés et les produits européens.

AFP

guest
0 Commentaires