SNCF

Amélioration du trafic attendue lundi mais le conflit perdure

  • PubliĂ© le 21 octobre 2019 Ă  06:00
  • ActualisĂ© le 21 octobre 2019 Ă  06:05
Le trafic des trains Ouigo a été particuliÚrement perturbé, gare Paris Montparnasse-Vaugirard à Paris, le 10 décembre 2017

La SNCF promet une nette amélioration du trafic ferroviaire lundi, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les "problÚmes de sécurité" soit résolu.

Les trains Ouigo, dont le trafic a Ă©tĂ© trĂšs perturbĂ© pendant le weekend, "circuleront normalement", de mĂȘme que les TGV, selon les prĂ©visions communiquĂ©es par la SNCF dimanche soir. Circulation normale Ă©galement sur l'ensemble des lignes du rĂ©seau Transilien.

Seuls les TER, avec trois trains sur quatre, et les IntercitĂ©s (deux trains sur trois) continueront Ă  ĂȘtre impactĂ©s, au quatriĂšme jour de ce bras de fer entre syndicats et direction autour du "droit de retrait".

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a rappelé dimanche soir sur Franceinfo que les billets seraient remboursés "à 100%", précisant que cela concernait aussi ceux normalement non remboursables. Il a annoncé la mise en place rapide d'un fonds d'indemnisation d'un million d'euros pour les voyageurs qui ont subi "des dommages exceptionnels", notamment ceux qui ont dû acheter d'autres billets de transport ou se loger à l'hÎtel.

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-MĂ©ziĂšres Ă  Reims a percutĂ© un convoi routier exceptionnel coincĂ© sur un passage Ă  niveau dans les Ardennes, faisant 11 blessĂ©s dont plusieurs hospitalisĂ©s. Le conducteur, qui a portĂ© secours aux passagers alors qu'il Ă©tait lui-mĂȘme blessĂ©, Ă©tait le seul agent SNCF Ă  bord du train.

Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrÎleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. Ils pointent aussi des problÚmes de sécurité particuliÚres à l'engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC). Lors d'une réunion dans la nuit de vendredi à samedi, la direction a mis sur la table trois propositions qui n'ont pas satisfait les organisations syndicales: modification de "certains équipements" de l'AGC; mise en place de groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi Guillaume Pepy. Il a également dénoncé une "grÚve surprise qui ne respecte pas la loi", puisque à la SNCF le préavis est obligatoire.

Pour les syndicats au contraire, il s'agit bien d'un droit de retrait, une procédure exercée par un salarié lorsqu'il considÚre que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s'il constate une défectuosité dans les systÚmes de protection.

- "Passerelles pour un dialogue" -

Le Premier ministre Edouard Philippe a dĂ©noncĂ© un "dĂ©tournement du droit de retrait qui s'est transformĂ© en grĂšve sauvage" et a "demandĂ© Ă  la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient ĂȘtre donnĂ©es, et notamment judiciaires". Le secrĂ©taire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a estimĂ© que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles et saisir la justice.

"Droit de retrait ou pas droit de retrait, ce qui compte, c'est de sortir de cette situation dans l'intĂ©rĂȘt de l'usager, du contribuable", a rĂ©agi dimanche sur BFM TV BenoĂźt Simian, dĂ©putĂ© LREM et ancien cadre des ressources humaines Ă  la SNCF. "Le nouveau prĂ©sident de la SNCF prend ses fonctions le 1er novembre, il lui appartiendra de recrĂ©er des passerelles pour un dialogue", a-t-il ajoutĂ© Ă  propos de Jean-Pierre Farandou, qui va succĂ©der Ă  Guillaume Pepy.

En attendant, les syndicats planchent sur la suite à donner au mouvement. L'Unsa (2e syndicat SNCF) va organiser des réunions en interne dÚs ce lundi "pour décider de la stratégie à adopter", a souligné Didier Mathis, son numéro un. Mais il écarte d'emblée l'idée de déposer un préavis de grÚve pour défendre ce dossier.

SUD-Rail (3e syndicat) "va continuer de soutenir les cheminots qui vont exercer le droit de retrait car la direction ne propose rien de concret pour la sécurité", selon Julien Troccaz.

La CGT (1er syndicat) a lié samedi dans un communiqué les revendications et appelé à participer "massivement" à la journée d'action du 5 décembre contre la réforme des retraites, en y joignant "les sujets d'entreprise, notamment la sécurité". Le syndicat accuse le Premier ministre de vouloir "le pourrissement".

AFP

guest
0 Commentaires