L'homme ayant tuĂ© une personne et fait cinq blessĂ©s vendredi dans les Yvelines, lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron, a commencĂ© Ă ĂȘtre entendu par les enquĂȘteurs, tout comme quatre membres de son entourage familial et amical dont sa mĂšre.
La garde à vue du principal suspect, Kévin T., ùgé de 39 ans selon une source proche, a été prolongée samedi "matin aprÚs une premiÚre audition", a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) en expliquant que "son état de santé a été jugé compatible" avec cette mesure.
Trois "membres de son entourage familial et amical" ont également été placés en garde à vue vendredi soir et dans la nuit de vendredi à samedi, selon le Pnat, ce qui porte à quatre le nombre de proches interrogés.
Parmi eux, figure la mÚre du tireur, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
Au cours de son "périple meurtrier" commencé vendredi vers 10H00 à Trappes et qui s'est poursuivi dans la commune voisine de La VerriÚre, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant une personne, un homme noir de nationalité française né en 2000, et en blessant cinq autres.
Selon le maire de La VerriÚre, Nicolas Dainville, une enfant de 12 ans figure parmi les victimes, griÚvement touchée par huit impacts de balle.
"Elle est toujours en urgence absolue", a indiqué le Pnat à l'AFP samedi à la mi-journée.
- Appartement piégé -
Kévin T. a été interpellé à CoigniÚres (Yvelines) vers 10H20 vendredi et placé immédiatement en garde à vue, une mesure qui peut durer 96 heures en matiÚre antiterroriste.
"Une analyse de sang destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique est toujours en cours", a précisé le Pnat, en expliquant que le casier judiciaire de Kévin T. fait mention de "quatre anciennes condamnations, réhabilitées de plein droit".
La perquisition a rĂ©vĂ©lĂ© qu'il avait piĂ©gĂ© son appartement --situĂ© Ă Plaisir (Yvelines) selon une source policiĂšre-- avec des bouteilles de gaz et des fils Ă©lectriques connectĂ©s Ă un minuteur. Et dans son vĂ©hicule, une Renault Clio, ont Ă©tĂ© dĂ©couverts "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogĂšne", selon la mĂȘme source.
Cette fusillade a provoqué une onde de choc.
En visite à Trappes, le président Macron a parlé vendredi soir d'un "tournant", évoquant "un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne".
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un "attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe", précisant que "la personne décédée est d'origine africaine" et qu'un des blessés est "d'origine maghrébine". Le maire de La VerriÚre a lui fait état de deux hommes de ménage, "de type africain", blessés.
- Habitants choqués -
Le Pnat a ouvert vendredi une enquĂȘte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont Ă©tĂ© commis Ă raison de l'appartenance vraie ou supposĂ©e Ă une prĂ©tendue race, une ethnie, une nation ou une religion dĂ©terminĂ©e". Elle porte aussi sur des "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste", avec la mĂȘme circonstance aggravante.
A Trappes et La VerriĂšre, des habitants se disent choquĂ©s et effrayĂ©s Ă l'idĂ©e d'ĂȘtre ciblĂ©s Ă l'avenir pour leur origine ou leur couleur de peau.
"Ăa aurait pu ĂȘtre n'importe qui, il tirait sur des tĂȘtes de Noirs, d'Arabes, il sait qu'ici Ă Trappes il y a une majoritĂ© de musulmans", souffle une jeune commerçante d'origine maghrĂ©bine, interrogĂ©e par l'AFP.
Le comédien Jamel Debbouze s'est dit "profondément bouleversé par l'horreur qui a frappé la ville de (son) enfance".
L'association d'aide aux victimes locale France Victime 78 a été saisie pour leur apporter aide et soutien. Une cellule d'urgence médico-psychologique a par ailleurs été ouverte par la préfecture.
A six mois de la présidentielle, le maire de Trappes Ali Rabeh a estimé que "notre responsabilité à tous, c'est la désescalade, la concorde républicaine".
"Le racisme tue", a dĂ©noncĂ© Jean-Luc MĂ©lenchon, leader de La France insoumise, tandis que Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) Ă la prĂ©sidentielle, a estimĂ© que "la justice se devra d'ĂȘtre implacable", Ă©voquant "le mobile abject du racisme".
AFP
