Mobilisation à La Réunion : la population de nouveau dans la rue pour tenter de se faire entendre du gouvernement

  • Publié le 24 octobre 2026 à 03:00
gilets jaunes

Depuis plusieurs jours, voir une décennie, le gouvernement n'a pas l'air d'entendre ce que les Français dont les Réunionnais, on a lui dire. Vie chère, prix des carburants, éducation, fonction publique… la liste de ce qui ne va plus dans le pays est très longue. Aussi longue que le mandat du chef de l'État. Ce samedi 24 octobre 2026, la population compte bien de nouveau se faire entendre. Pour cela, elle retourne dans la rue pour une nouvelle mobilisation citoyenne (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Sur les réseaux sociaux, plusieurs appels ont été lancés à manifester, notamment à Saint-Denis devant la préfecture et au Chaudron, sur le rond-point des Zazalés au Tampon ou encore à Saint-Pierre.

D'autres post appellent à une convergence des luttes devant les grandes enseignes de distribution dès 6 heures ce samedi. 

Sur les affiches, des gilets jaunes, de quoi rappeler le mouvement contre la vie chère qui avait paralysé La Réunion entre 2018 et 2019. Des mobilisations visibles sur le site 17octobregiletjaune.net

"On va construire par étapes, c’est-à-dire qu’il y aura un 24, un 31, et après, un 5 novembre", a expliqué Benjamin Ball, éditeur du site 17octobregiletjaune.net, cité par l’AFP.

Des rassemblements qui se veulent pacifistes.

Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées ce samedi sur des tracés qui protégeront "les commerces et les bâtiments publics", a indiqué jeudi Emmanuel Macron qui a également annoncé que les organisations lycéennes et étudiantes seraient reçues lundi par Sébastien Lecornu.

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- Vie chère, salaires... une colère profonde s'installe à La Réunion -

Au cœur de la contestation : le pouvoir d’achat, le prix des carburants et le sentiment d’une réponse insuffisante aux difficultés économiques et sociales. "Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions", dénoncent les organisations syndicales de La Réunion.

Les citoyens ne peuvent plus boucler les fins de mois. La précarité s’installe. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'Insee, 36,4% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Les lycéens qui ont manifesté depuis mi-septembre demandent de meilleures conditions d'éducation, des bâtis aux normes et l'abolition ou la refonte profonde de la plateforme Parcoursup. 

La colère est profonde à La Réunion comme dans les autres départements de France. Il y a urgence à entendre les revendications qui s’expriment pacifiquement.

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- Un dispositif de sécurité massif à La Réunion -

Après les affrontements avec les forces de l'ordre, les jets de galets et de mortiers et l'incendie du McDonald's et de deux autres lieux, le préfet a décidé de renforcer le faible dispositif qui avait été mis en place le samedi 17 octobre.

Un manque d'anticipation et un "abandon" ressenti par les policiers sur le terrain, qu'a refusé le directeur territorial de la police nationale à La Réunion (DTPN), Laurent Chavanne, assurant que "les violences urbaines n'étaient pas prévues".

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Acculé de toute part, le pouvoir politique a admis des erreurs dans la gestion du maintien de l'ordre.

Ce mardi 20 octobre 2026, le parquet de Saint-Denis a informé du placement en garde à vue de 18 personnes pour les violences urbaines commis ce week-end du 17 et 18 octobre. Dans son communiqué du dimanche 18 octobre, la préfecture faisait état de neuf policiers et deux gendarmes blessés.

Ce week-end du 24 et 25 octobre, ils seront donc "nombreux" sur le terrain", a confirmé le DTPN, sans dévoiler les chiffres. Ils seront épaulés de renforts de gendarmes mobiles venus de Périgueux dans l'Hexagone.

Patrice Latron, le préfet, a également pris des arrêtés d'interdiction de consommation d'alcool sur la voie publique, de vente et transport de carburants, d'artifices, de mortiers et d'armes.

Le représentant de l'État n'exclut pas, si la situation venait à se tendre, à envisager le déclenchement d'un couvre-feu sur plusieurs communes de La Réunion.

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- Les syndicats attendus le 5 novembre dans la rue -

Si plusieurs secteurs pourraient rejoindre les actions du 24 octobre, la prochaine grande échéance interprofessionnelle est fixée au jeudi 5 novembre 2026. L'intersyndicale de La Réunion appelle à faire grève et à manifester pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie.

Deux rassemblements sont prévus dès 9 heures, à Saint-Denis et à Saint-Pierre.

Dans un communiqué publié ce mercredi, les organisations syndicales dénoncent une situation sociale "intenable" et réclament notamment le retrait du projet de budget du gouvernement Macron-Lecornu.

Selon elles, le président Emmanuel Macron "n’a pas apporté la moindre réponse allant dans le sens de l’apaisement".

L’intersyndicale critique notamment le maintien des "54 milliards de coupes budgétaires" qu’elle attribue au gouvernement.

- Au gouvernement de se réveiller -

La veille de la mobilisation du 17 octobre – annoncée depuis des semaines – Emmanuel Macron était au concert de Céline Dion, chantant à tue-tête alors que des communes de France subissaient des violences urbaines d'une extrême gravité.

Sa prise de parole a d'ailleurs laissé un goût fort amer dans la bouche des Français. Selon eux, il a parlé pour ne rien dire. Un président qui dans son allocution télévisée dimanche soir a affirmé ressentir de "la colère" et de "la honte".

La fin du second quinquennat Macron parait long, émaillé de crises intérieures, économiques et politiques.

Retrouvez toute l'actualité de la mobilisation citoyenne sur notre site Imaz Press

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