Conservation essentielle

Au Honduras, un projet pour protéger l'ara rouge, l'oiseau national

  • PubliĂ© le 19 juin 2021 Ă  10:19
  • ActualisĂ© le 19 juin 2021 Ă  13:02
"Lenca" et "Lempira", deux bébés perroquets  Ara macao, dans leur nid, dans le cadre du projet de conservation de l'espÚce lancé par l'ONG Pro-Alas et le Macaw Mountain Bird Park, dans le district de Copan Ruinas, le 8 juin 2021 au Honduras

"Lenca" et "Lempira", deux bébés perroquets, battent des ailes, s'entraßnant pour leur premier vol. Au Honduras, un projet de conservation d'aras rouges, l'oiseau national du pays, vise à récupérer les animaux issu du commerce illégal pour les réintégrer dans leur habitat naturel.

"Ces jeunes seront libĂ©rĂ©s le 28 juin", explique Karina Escalante, agronome Ă  l'Institut de conservation des forĂȘts (ICF), Ă  propos des deux oisillons de l'espĂšce Ara macao, qui sont nĂ©s dans le cadre du projet Ă  Gracias, Ă  quelque 180 km au nord-ouest de Tegucigalpa.

"Ils sont bagués, cela nous permet d'identifier dans quel nid ils se sont reproduits, en quelle année, et qui sont leurs parents", et de les différencier des oiseaux nés en liberté, explique la scientifique.

Il y a un siÚcle, on trouvait de grandes populations de cet oiseau multicolore du Mexique au Costa Rica, mais il ne subsiste plus désormais que dans quelques zones forestiÚres. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'Ara macao est une espÚce en danger, mais "de préoccupation mineure".

Le projet de conservation dans l'ouest du Honduras a été lancé par l'ONG Pro-Alas et le Macaw Mountain Bird Park, dans le district de Copan Ruinas. L'objectif à terme est de repeupler l'Amérique centrale avec cet oiseau vénéré par les Mayas.

"Le projet se concentre sur la reproduction en captivité d'individus issus du commerce (illegal d'animaux sauvages), leur réhabilitation, leur reproduction, pour qu'ils redeviennent libres dans leur habitat originel", indique à l'AFP Mauricio Cuevas, le directeur exécutif de Macaw Mountain.

Selon lui, depuis 2011, le projet a permis la reproduction de 98 individus dans le parc, dont 23 relùchés en 2020 et 24 qui le seront au cours de 2021. Plusieurs d'entre eux se sont déjà reproduits dans la nature, sans aide, souligne-t-il.

D'aprĂšs les responsables du projet, environ 2.000 aras rouges sont en libertĂ© dans la VallĂ©e de Copan, oĂč des programmes de protection vont ĂȘtre Ă©galement mis en place avec les communautĂ©s locales.

Le processus de reproduction en captivitĂ© consiste Ă  recueillir les couvĂ©es, gĂ©nĂ©ralement trois Ɠufs par couple, Ă  les mettre en incubateur pendant 28 jours et, aprĂšs l'Ă©closion, accompagner la croissance des oisillons.

À 90 jours, lorsqu'ils ont pris leur envol, ils vont dans une voliĂšre oĂč ils interagissent avec des congĂ©nĂšres pour apprendre les comportements grĂ©gaires et la vocalisation. C'est Ă  ce moment lĂ  qu'ils dĂ©couvrent aussi les plantes et les fruits dans une transition vers leur relĂąchage dans les forĂȘts.

L'Ara rouge est un animal grégaire qui se déplace en groupes de 25 individu ou plus. Monogame, il se sépare du reste pour engendrer et se consacrer à ses petits. Les parents s'en occupent ensuite pendant au moins un an, jusqu'à ce qu'ils deviennent indépendants.

L'itinéraire touristique de la "route maya" qui arrive jusqu'au site des ruines de Copan "pourrait devenir la route de l'ara rouge", s'enthousiasme Geert van Vaeck, le directeur de l'ONG Pro-Alas. Et à terme, l'idée est "d'emmener des aras du Honduras vers d'autres pays" d'Amérique centrale, explique M. Cuevas.

AFP

guest
0 Commentaires