Le "califat" de l'EI touche Ă  sa fin

Avec la prise de la mosquée de Mossoul, l'Irak voit la fin du groupe Etat islamique

  • PubliĂ© le 29 juin 2017 Ă  21:24
La mosquée Al-Nouri à Mossoul, en Irak, le 29 juin 2017

Le "califat" du groupe Etat islamique (EI) touche à sa fin, trois ans jour pour jour aprÚs sa proclamation par les jihadistes qui ont perdu le site de la mosquée Al-Nouri à Mossoul, a déclaré jeudi le Premier ministre irakien.


Le groupe extrémiste avait proclamé le 29 juin 2014 un "califat islamique" à cheval entre l'Irak et la Syrie marqué par une longue série d'atrocités, souvent filmées par ses partisans. "Nous assistons à la fin du faux Etat de Daech", a affirmé le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter, utilisant un acronyme en arabe de l'EI.

Un porte-parole militaire de la coalition internationale antijihadistes, dirigée par Washington, a pour sa part estimé que la reprise totale de la cité irakienne était une question de "jours". L'annonce officielle de la reprise "sera faite par le gouvernement d'Irak. Je ne peux pas fixer de date à sa place, mais je vois ça plutÎt en jours qu'en semaines", a déclaré le colonel américain Ryan Dillon.

Quelques heures plus tÎt, les forces irakiennes avaient annoncé avoir repris le site de la mosquée emblématique alors qu'elles poursuivent leur offensive pour chasser les jihadistes de leur dernier carré de la deuxiÚme ville d'Irak. "Le Service du contre-terrorisme (CTS) contrÎle la mosquée Al-Nouri et (le minaret) Al-Hadba", a indiqué le Commandement des opérations conjointes dans un communiqué.
Un haut commandant des CTS, le général Abdel Ghani al-Assadi, a également confirmé la reprise du bùtiment, affirmant à la télévision que "la mosquée est (maintenant) derriÚre nos troupes".

C'est dans cette mosquĂ©e qu'Abou Bakr al-Baghdadi avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique connue en tant que chef de l'EI, peu aprĂšs que les jihadistes s'Ă©taient emparĂ©s de Mossoul. Il avait appelĂ© dans un prĂȘche les musulmans Ă  lui obĂ©ir.

- Sort inconnu -

La mosquée Al-Nouri et le minaret penché, connu sous le nom d'"Al-Hadba" ("la bossue") et surnommé "la tour de Pise irakienne", ont été détruits le 21 juin par les jihadistes qui les ont fait exploser. Situés dans le Vieux Mossoul, ils étaient des monuments emblématiques de la ville et avaient acquis une importance particuliÚre sous le rÚgne de l'EI.

Le minaret, dont la construction a été achevée en 1172, était un symbole de la ville et est imprimé sur les billets de 10.000 dinars irakiens. Les jihadistes avaient planté leur drapeau noir à son sommet, à 45 m de hauteur. Des responsables irakiens et de la coalition internationale avaient vu dans la destruction du site un signe de la perte imminente du Vieux Mossoul par les jihadistes.

Le Premier ministre Abadi avait estimĂ© qu'elle Ă©quivalait Ă  une "dĂ©claration officielle de dĂ©faite" alors que l'EI avait affirmĂ© via son organe de propagande Amaq que les sites avaient Ă©tĂ© bombardĂ©s par l'aviation amĂ©ricaine. A Mossoul, le groupe jihadiste contrĂŽle toujours un petit secteur de la vieille ville mais les rues Ă©troites et la prĂ©sence de nombreux civils rendent l'avancĂ©e des forces irakiennes extrĂȘmement dĂ©licate.

Des dizaines de milliers de civils sont "retenus comme boucliers humains" dans ce secteur, selon l'ONU. Trois ans aprÚs la prise de Mossoul par les jihadistes, le sort de leur chef Baghdadi demeure inconnu. Le 16 juin, la Russie avait affirmé dans un communiqué l'avoir probablement tué lors d'une frappe menée fin mai par son aviation prÚs de Raqa, principal bastion de l'EI en Syrie.

La coalition internationale dirigĂ©e par Washington a affirmĂ© qu'elle n'Ă©tait pas en mesure de confirmer l'annonce de Moscou. L'EI a perdu la majeure partie du terrain qu'il avait occupĂ© et fait face en Syrie voisine Ă  une vaste offensive d'une alliance de combattants kurdes et arabes soutenus par les Etats-Unis contre son fief de Raqa, oĂč les jihadistes sont dĂ©sormais complĂštement encerclĂ©s.
Mercredi, l'ONU a estimé que prÚs de 100.000 civils étaient encore "pris au piÚge" dans cette ville du nord syrien.

AFP

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