Prix des carburants : la grève des professionnels de la route commence, les pétroliers ne font toujours aucune proposition ni aucun effort

  • Publié le 13 avril 2026 à 05:22
transporteurs en colère

Après un week-end de réflexions et d’organisation, les professionnels de la route regroupés en intersyndicale lance une grève illimitée ce lundi 13 avril 2026. Ils demande des aides pour faire face à l'augmentation des prix des carburants. Après plusieurs échanges avec la Région Réunion, le ministère des Transports et les services de l’État, l'intersyndicale a jugé les propositions insuffisantes. Du côté des pétroliers : silence radio. Rien ne se passe, aucune proposition et aucun effort. Première étape de cette mobilisation : des opérations escargot en direction de Saint-Denis et du Port. suivez-nous, nous sommes en direct (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

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À ce stade, tous les acteurs impliqués dans la composition des prix des carburants ont fait des propositions. Tous, sauf les pétroliers. 

Une situation qui a le don d’exaspérer la présidente de Région, Huguette Bello, et d'autres élus réunionnais. Dans une tribune commune à plusieurs députés ultramarins, Émeline K/Bidi, Karine Lebon et Fréréric Maillot interpellent le Premier ministre sur cette situation :

"Nous appelons l’État et notamment les compagnies pétrolières à La Réunion qui ont réalisé plus de 30 millions de bénéfices (2024) sans réponse à ce jour… à prendre leur part de responsabilité dans les décisions à même de juguler les effets de cette instabilité mondiale."

- À La Réunion, les pétroliers ne bougent pas et ne proposent rien  - 

Dans cette lettre adressée au Premier ministre et écrite avec d’autres députés de Martinique, de Polynésie française, Nouvelle-Calédonie – Kanaky et de Guadeloupe. Tous insistent : 

"Nous ne pouvons passer sous silence que les compagnies pétrolières ont réalisé plus de 80 millions d'euros de "surprofits" par jour depuis le début de la guerre. Pour le seul mois de mars, ils représenteraient environ 2,5 milliards d'euros :

Les élus dénoncent une "mainmise complète" de Total. "L'entreprise qui a engrangé 1 milliard d'euros de profits grâce au "trading" opéré avant le début du conflit, contrôle de surcroît tout le circuit pétrolier en amont et en aval".

Ils sont donc bel et bien impliqués dans la formation des prix des carburants et l'écoulement des stocks, de surperprofits en superprofits, à La Réunion et l'État ne leur demande pas de comptes. Ils sont probablement les professionnels du secteur les plus discrets du moment. 

Comment expliquer cette inaction alors que les tensions sociales montent sur l'île? La version officielle se résume par "nous n’avons pas le droit de nous entendre sur les prix pour les faire diminuer, c’est interdit par la loi."

Pour les Réunionnais, spectateurs de la situation, deux autres explications sont possibles : un mauvais accompagnement en gestion de crise, un détachement total des réalités locales. Ou alors est-ce, un attachement profond aux bénéfices, au détriment de la paix sociale du territoire où ils sont implantés et qui les fait vivre ? 

La question est posée. 

- Agriculteurs, taxi, infirmiers : les syndicats demandent à leurs adhérents de se mobiliser -

Ils sont attendus aux départs des différents convois de véhicules en opérations escargot, au départ de Saint-Benoît, de Saint-Pierre, et de Saint-Paul entre 5 et 6 heures. Les syndicats ont demandé à leurs adhérents de se mobiliser.

Le mouvement s'organise aussi du côté des infirmiers libéraux, il leur est demandé de maintenir leur tournée, de refuser des soins ponctuels et de rejoindre les convois des opérations escargot. 

À lire aussi : Hausse des carburants : les infirmiers libéraux rejoignent l’intersyndicale des professionnels de la route

Pendant que les pétroliers dorment, la Région Réunion elle, est sur-sollicitée par l’intersyndicale des entreprises qui lui demande un effort supplémentaire après les premiers 10 centimes proposés en détaxe carburants.

Une aide prélevée sur surplus d’octroi de mer, soit 435.000 euros. La Région a aussi proposé la mise en place d’une carte carburant pour les entreprises, des aides acceptées mais jugées insuffisantes.

Le vendredi 10 avril, l'intersyndicale annonçait une nouvelle proposition de la Région : "On a quand même eu, et il faut le reconnaître, une aide de la Région Réunion sur la mise en place d'une carte carburant. Ils sont prêts à étudier aujourd'hui la possibilité de mettre en place une carte carburant qui permettrait à chacun des professionnels de pouvoir faire son carburant et de ne plus avoir besoin d'être impacté et de supporter la trésorerie de ce carburant de manière mensuelle" expliquait Vianney Settama, porte-parole du syndicat.

Nous ignorons encore les montants et modalités de cette aide réservée uniquement aux professionnels, l’État proposait aussi un soutien, équivalente à 4 centimes par litre de carburant nous expliquait l’intersyndicale ce vendredi 10 avril.

Le groupement d’entreprises réunionnaises insistait alors : "L’augmentation est de 52 centimes, on veut une aide qui se rapproche de cette augmentation".

- Près de 40 % de taxes sur les carburants dans les caisses de l'État et de la Région -

À La Réunion, le prix des carburants comprend 48,2 % du coût de la matière première, 1,91 % de frais portuaires, 0,85 % pour le stockage, 4,81 % de rémunération des grossistes et 7,08 % des stations-services (marges réglementées).

Mais surtout, 38 % de fiscalité en moyenne (pour le sans-plomb : 46%, dont 38% de fiscalité locale et 8% de fiscalité nationale et européenne, pour le gazole : 30%, dont 23,5% de fiscalité locale, et 6,5% de fiscalité nationale et européenne).

Sur chaque litre de carburant, une partie correspond également à des frais et marges de la Société réunionnaise des produits pétroliers et des stations-service (SRPP).

La Région rappelle "en tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants", estime-t-elle.

C’est une aide exceptionnelle de la Région et des collectivités qui semble être attendue. Cette aide serait prélevée dans l’octroi de mer destinés aux communes et donc aux Réunionnais, faisant peser sur la population le poids de l’augmentation des prix des carburants, une seconde fois.

Difficile de voir dans ces doléances, ce qui a été demandé aux pétroliers. Nous aurions bien posé la question à l’intersyndicale, mais il est impossible de les joindre depuis ce samedi. 

ee/www.imazpress.com/[email protected]

 

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