(Actualisé) À quelques heures du début de la grève du lundi 13 juillet 2026, l'intersyndicale des professionnels de la route s'est réunie ce dimanche pour discuter des modalités de mise en place du mouvement, un débrayage qu'ils veulent "respectueux des Réunionnais". Un membre de l'intersyndicale insiste : "Ils ne souhaitent pas prendre la population en otage". "Des ralentissements auront lieu demain mais l'on va viser des sites stratégiques. On recherche des mesures exceptionnelles". À ce stade, aucune information précise n’a été donnée sur les lieux qui seraient concernés par les actions, il est questions d'opérations escargots et de blocages de lieux stratégiques. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Ne pas bloquer la population, c'est le mot d'ordre de l'intersyndicale ce dimanche 12 avril.
L'union intersyndicale des entreprises réunionnaises, annonce accorder encore quelques heures à la Région et aux services de l'État avant de passer à la mobilisation. Vianney Settama, porte-parole de l'intersyndicale, l'affirme : "Demain matin nous sommes en grève Effectivement la circulation va être chargée, mais il n'y aura pas de blocage de routes, les Réunionnais pourront aller travailler."
L'intersyndicale a multiplié les rendez-vous ce vendredi 10 avril, parmi eux, un échange en visioconférence avec le ministère des transports, notamment au sujet d'une diminution du coût des carburants proposé par l'État.
Vianney Settama raconte : "On a eu des précisions sur les modalités de mise en place de ces équivalents 20 centimes. Mais ce n'est pas des équivalents 20 centimes. Quand on regarde, ça représente à près 3 ou 4 centimes parce que ce sont des forfaits qu'ils veulent mettre en place. Donc c'est pas forcément un calcul précis de 20 centimes qu'on va déduire sur la facture fin du mois".
- La Région a proposé une aide de 10 centimes par litre de carburant et une carte carburant -
Ce vendredi 10 avril, l'intersyndicale annonce une nouvelle proposition de la Région : "On a quand même eu, et il faut le reconnaître, une aide de la Région Réunion sur la mise en place d'une carte carburant. Ils sont prêts à étudier aujourd'hui la possibilité de mettre en place une carte carburant qui permettrait à chacun des professionnels de pouvoir faire son carburant et de ne plus avoir besoin d'être impacté et de supporter la trésorerie de ce carburant de manière mensuelle."
Le mercredi 8 avril 2026, la Région Réunion a annoncé vouloir redistribuer aux transporteurs le surplus d'octroi de mer généré par l'augmentation des prix des carburants. Cela fera baisser de 10 centimes par litre le tarif des carburants pour les transporteurs, sur un surplus estimé à 435.000 euros.
Mais l’intersyndicale estime que cette proposition est insuffisante car elle concerne uniquement les transporteurs, or ce groupement de professionnels réunit aujourd’hui 17 syndicats. Autre point de mécontentement : l’inaction des pétroliers. Mercredi, ils ont annoncé se laisser 72 heures pour définir les actions à mener.
"Nous avons pris 52 centimes d'augmentation. On ne peut pas se permettre aujourd'hui d'accepter 10 centimes", a estimé Vianney Settama, porte parole de l’intersyndicale, mercredi.
"On demande de travailler uniquement sur la taxe d'octroi de mer supplémentaire qui est liée à la variation de carburant. Aujourd'hui, cette taxe représente à peu près 228 millions d'euros pour la Région Réunion, le surplus ne représente que 2 millions d'euros. C'est un surplus que la Région Réunion encaisse dans ses poches, entre le 31 mars et le 1er avril".
"On demande à la Région, y compris aux autres collectivités, de pouvoir redistribuer ces 2 millions d'euros-là sur les aides professionnelles dont nous pourrions bénéficier. Aujourd'hui, la Région nous propose uniquement de bénéficier de 435.000 euros et de les répartir, ce qui équivaut à une diminution du carburant de 10 centimes. Ce n'est pas suffisant".
- Près de 40 % de taxes sur les carburants dans les caisses de l'État et de la Région -
À La Réunion, le prix des carburants comprend 48,2 % du coût de la matière première, 1,91 % de frais portuaires, 0,85 % pour le stockage, 4,81 % de rémunération des grossistes et 7,08 % des stations-services (marges réglementées).
Mais surtout, 38 % de fiscalité en moyenne (pour le sans-plomb : 46%, dont 38% de fiscalité locale et 8% de fiscalité nationale et européenne, pour le gazole : 30%, dont 23,5% de fiscalité locale, et 6,5% de fiscalité nationale et européenne).
Sur chaque litre de carburant, une partie correspond également à des frais et marges de la Société réunionnaise des produits pétroliers et des stations-service (SRPP).
La Région rappelle "en tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants et ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile", estime-t-elle.
- Les pétroliers au centre des débats : tous les regards se tournent maintenant vers eux -
Les pétroliers sont au coeur des critiques, que ce soit du côté de l'intersyndicale ou de la Région.
La présidente de Région n'a pas mâché ses mots : "Les plus-values des pétroliers, eh bien eux, ils doivent aussi mettre du leur parce que ce n'est pas ainsi que les choses doivent se faire. Et l'injonction leur a été faite par nous-mêmes et par monsieur le Préfet de La Réunion. Ils ne peuvent pas rester immobiles face à cela. Les pétroliers doivent aussi faire leur part là-dedans".
La députée Karine Lebon a elle aussi estimé qu'il est temps que les pétroliers proposent quelque chose : "Zéro proposition du Département, zéro proposition des pétroliers", s'exaspère Karine Lebon. "Un milliard de surprofit et zéro annonce ! "dénonce la députée.
Pointés du doigt lors de cette réunion de crise, les pétroliers affirment qu’il leur est impossible, car cela est interdit par la loi, de se mettre d’accord sur un prix et ainsi diminuer les prix des carburants. Ils expliquent cependant étudier les possibilités, s’ils en ont légalement l’autorisation.
Pour rappel, en 2008, Pierre Vergès, au nom de la région avait proposé d'affecter 2,5 millions d'euros, tiré du surplus de l'octroi de mer, à une détaxe temporaire des carburants achetés par les transporteurs. Ces derniers avaient catégoriquement refusé. L'histoire semble se répéter.
- Des aides pour seulement certains professionnels -
Le vendredi 27 mars 2026, le gouvernement a annoncé des aides "ciblées" pour près de 70 millions d'euros. Un plan d'aide pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants : la pêche, l'agriculture ou les transports.
Parmi ces aides, une aide forfaitaire exceptionnelle aux TPE/PME du transport routier, équivalente à 20 c€/L, un soutien à la pêche via une aide sur le prix du carburant, équivalente à 20 c€/L, l'exonération totale du droit d’accise sur le GNR agricole pour les agriculteurs et le report des cotisations sociales, étalement des échéances fiscales, prêts de court terme via Bpifrance.
Si certaines professions bénéficient d’une aide de la Région Réunion sur la consommation de carburant tout au long de l’année, ou d’un remboursement de leurs frais de carburant lorsque ces prix augmentent, ce n’est pas le cas des infirmiers libéraux, grands oubliés de ces négociations.
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Zot y voit zot mouvement devient de plus en plus impopulaire zot y commence change de version.
Transporteurs, bande d'égoïste.
Zot lé deja assisté et zot y veut plus encore.
Zot ma tante sera jamais maire dans l'Est.
Y bloque pas les reyonés, mais les lieux stratégiques: srpp? Pou moin c’est bloqué les réyonés. Allé marché don.
On le sait qu'une partie de la population ne manifeste pas (emmener ses enfants à l'école, formations obligatoire, concours, rendez vous médical, etc..) et sont impactés par tous les manifestations.
Il faut évoluer, c'est fini ces méthodes préhistorique de barrage.
Le carburant brulé lors de ces embouteillages ne seront pas remboursés.
Diminuons notre dépendance à cet énergie fossile.