Prix des carburants : opérations escargot ce lundi au départ de Saint-Benoît, Saint-Paul et Saint-Pierre dès 6 heures

  • Publié le 12 avril 2026 à 17:45
  • Actualisé le 12 avril 2026 à 21:29
station service Engen chaudron

(Actualisé) Le syndicat Upna, Unis pour nos agriculteurs, demandent à ses adhérents de se mobiliser dés 6 heures ce lundi 13 avril, au départ de Saint-Benoît, Saint-Paul et Saint-Pierre. À quelques heures du début de la grève de ce lundi, l'intersyndicale des professionnels de la route s'est réunie ce dimanche pour discuter des modalités de mise en place du mouvement, un débrayage qu'ils veulent "respectueux des Réunionnais". Un membre de l'intersyndicale insiste : "Ils ne souhaitent pas prendre la population en otage". "Des ralentissements auront lieu demain mais l'on va viser des sites stratégiques. On recherche des mesures exceptionnelles". À ce stade, aucune information précise n’a été donnée sur les lieux qui seraient concernés par les actions, il est questions d'opérations escargots et de blocages de lieux stratégiques. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Le syndicat Upna, Unis pour nos agriculteurs, demandent à ses adhérents de se mobiliser dés 6 heures ce lundi 13 avril pour participer à des opérations escargot sur l'ensemble de l'île, au départ de Saint-Benoît, Saint-Paul et Saint-Pierre en direction du nord. 

Ne pas bloquer la population, c'est le mot d'ordre de l'intersyndicale ce dimanche 12 avril.

L'union intersyndicale des entreprises réunionnaises, annonce accorder encore quelques heures à la Région et aux services de l'État avant de passer à la mobilisation. Vianney Settama, porte-parole de l'intersyndicale, l'affirme : "Demain matin nous sommes en grève Effectivement la circulation va être chargée, mais il n'y aura pas de blocage de routes, les Réunionnais pourront aller travailler." 

L'intersyndicale a multiplié les rendez-vous ce vendredi 10 avril, parmi eux, un échange en visioconférence avec le ministère des transports, notamment au sujet d'une diminution du coût des carburants proposé par l'État.

Vianney Settama raconte : "On a eu des précisions sur les modalités de mise en place de ces équivalents 20 centimes. Mais ce n'est pas des équivalents 20 centimes. Quand on regarde, ça représente à près 3 ou 4 centimes parce que ce sont des forfaits qu'ils veulent mettre en place. Donc c'est pas forcément un calcul précis de 20 centimes qu'on va déduire sur la facture fin du mois". 

- La Région a proposé une aide de 10 centimes par litre de carburant et une carte carburant -

Ce vendredi 10 avril, l'intersyndicale annonce une nouvelle proposition de la Région : "On a quand même eu, et il faut le reconnaître, une aide de la Région Réunion sur la mise en place d'une carte carburant. Ils sont prêts à étudier aujourd'hui la possibilité de mettre en place une carte carburant qui permettrait à chacun des professionnels de pouvoir faire son carburant et de ne plus avoir besoin d'être impacté et de supporter la trésorerie de ce carburant de manière mensuelle."

Le mercredi 8 avril 2026, la Région Réunion a annoncé vouloir redistribuer aux transporteurs le surplus d'octroi de mer généré par l'augmentation des prix des carburants. Cela fera baisser de 10 centimes par litre le tarif des carburants pour les transporteurs, sur un surplus estimé à 435.000 euros.

Mais l’intersyndicale estime que cette proposition est insuffisante car elle concerne uniquement les transporteurs, or ce groupement de professionnels réunit aujourd’hui 17 syndicats. Autre point de mécontentement : l’inaction des pétroliers. Mercredi, ils ont annoncé se laisser 72 heures pour définir les actions à mener.

"Nous avons pris 52 centimes d'augmentation. On ne peut pas se permettre aujourd'hui d'accepter 10 centimes", a estimé Vianney Settama, porte parole de l’intersyndicale, mercredi.

"On demande de travailler uniquement sur la taxe d'octroi de mer supplémentaire qui est liée à la variation de carburant. Aujourd'hui, cette taxe représente à peu près 228 millions d'euros pour la Région Réunion, le surplus ne représente que 2 millions d'euros. C'est un surplus que la Région Réunion encaisse dans ses poches, entre le 31 mars et le 1er avril".

"On demande à la Région, y compris aux autres collectivités, de pouvoir redistribuer ces 2 millions d'euros-là sur les aides professionnelles dont nous pourrions bénéficier. Aujourd'hui, la Région nous propose uniquement de bénéficier de 435.000 euros et de les répartir, ce qui équivaut à une diminution du carburant de 10 centimes. Ce n'est pas suffisant".

- Près de 40 % de taxes sur les carburants dans les caisses de l'État et de la Région -

À La Réunion, le prix des carburants comprend 48,2 % du coût de la matière première, 1,91 % de frais portuaires, 0,85 % pour le stockage, 4,81 % de rémunération des grossistes et 7,08 % des stations-services (marges réglementées).

Mais surtout, 38 % de fiscalité en moyenne (pour le sans-plomb : 46%, dont 38% de fiscalité locale et 8% de fiscalité nationale et européenne, pour le gazole : 30%, dont 23,5% de fiscalité locale, et 6,5% de fiscalité nationale et européenne).

Sur chaque litre de carburant, une partie correspond également à des frais et marges de la Société réunionnaise des produits pétroliers et des stations-service (SRPP).

La Région rappelle "en tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants et ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile", estime-t-elle.

À lire aussi : Hausse des carburants : et si la France s'inspirait de ce qui se fait ailleurs dans le monde pour aider les usagers

- Les pétroliers au centre des débats : tous les regards se tournent maintenant vers eux -

Les pétroliers sont au coeur des critiques, que ce soit du côté de l'intersyndicale ou de la Région.

La présidente de Région n'a pas mâché ses mots : "Les plus-values des pétroliers, eh bien eux, ils doivent aussi mettre du leur parce que ce n'est pas ainsi que les choses doivent se faire. Et l'injonction leur a été faite par nous-mêmes et par monsieur le Préfet de La Réunion. Ils ne peuvent pas rester immobiles face à cela. Les pétroliers doivent aussi faire leur part là-dedans".

La députée Karine Lebon a elle aussi estimé qu'il est temps que les pétroliers proposent quelque chose : "Zéro proposition du Département, zéro proposition des pétroliers", s'exaspère Karine Lebon. "Un milliard de surprofit et zéro annonce ! "dénonce la députée.

Pointés du doigt lors de cette réunion de crise, les pétroliers affirment qu’il leur est impossible, car cela est interdit par la loi, de se mettre d’accord sur un prix et ainsi diminuer les prix des carburants. Ils expliquent cependant étudier les possibilités, s’ils en ont légalement l’autorisation.

Pour rappel, en 2008, Pierre Vergès, au nom de la région avait proposé d'affecter 2,5 millions d'euros, tiré du surplus de l'octroi de mer, à une détaxe temporaire des carburants achetés par les transporteurs. Ces derniers avaient catégoriquement refusé. L'histoire semble se répéter.

- Des aides pour seulement certains professionnels -

Le vendredi 27 mars 2026, le gouvernement a annoncé des aides "ciblées" pour près de 70 millions d'euros. Un plan d'aide pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants : la pêche, l'agriculture ou les transports.

Parmi ces aides, une aide forfaitaire exceptionnelle aux TPE/PME du transport routier, équivalente à 20 c€/L, un soutien à la pêche via une aide sur le prix du carburant, équivalente à 20 c€/L, l'exonération totale du droit d’accise sur le GNR agricole pour les agriculteurs et le report des cotisations sociales, étalement des échéances fiscales, prêts de court terme via Bpifrance.

Si certaines professions bénéficient d’une aide de la Région Réunion sur la consommation de carburant tout au long de l’année, ou d’un remboursement de leurs frais de carburant lorsque ces prix augmentent, ce n’est pas le cas des infirmiers libéraux, grands oubliés de ces négociations.

Lire aussi - Hausse des carburants : le préfet s’engage à faire payer la hausse du gazole par les donneurs d’ordre, les transporteurs satisfaits

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17 Commentaires
Dis a elle présente a elle encore maire
Dis a elle présente a elle encore maire
1 mois

Les gens bossent
Les gens triment
Et les transporteurs viennent nous faire chi.... avec leur opération escargot.

Emma
Emma
1 mois

ZOT Y DIT Y BLOQUERA PAS LA POPULATION MAIS Y FAIT OPÉRATION ESCARGOT ??? FAUT PAS CHARIER ON SERA DANS LES EMBOUTEILLAGES ET LA L'ESSENCE VA COUTE A NOUS ENCORE PLUS CHER. ZOT Y CONDAMNE LES TRAVAILLEURS LES PERSONNES QUI VONT FAIRE LEURS SOINS A L'HÔPITAL.
IL FAUDRAIT LEUR DEMANDER A CES TRANSPORTEURS LE PRIX QUILS PAYENT ACTUELLEMENT.
MOI DEMAIN AVEC MON MARI FAUT NOUS DÉCOLLE AUX AURORES CAR SOINS A L'HÔPITAL SUD ET C'EST VITAL . CA CEST PAS GAILLAC DU TOUT POUR NOUS LES MALADES

Bob
Bob
1 mois

Vous appelez ça comment quand vous faites des opérations escargots pour créer encore plus d’embouteillages..
Vous êtes irrespectueux, vos tarifs sont subventionnés, vous payez 1,24 et 1,39 euros quand le petit salarié qui touche qu’un smic lui va devoir payer 1,96 son essence et qu’il va devoir se taper vos embouteillages à la con pour lui faire gaspiller encore plus son carburant, et vous n’appelez pas ça une prise d’otage, bande d’égoïste….

Ils sont subventionnés
Ils sont subventionnés
1 mois

Les transporteurs sont subventionnés.
Ils ont un carburant détaxé.
Ils veulent prendre les gens en otage.

runglob9863
runglob9863
1 mois

Prendre en otage les autres va se retourner contre les grévistes! Croire et faire croire que ces grèves sont la seule solution est un mensonge!

HULK
HULK
1 mois

Comme d'habitude, la prise en otages de gens qui n'y sont pour rien et ne peuvent rien faire.

Question pour un champion
Question pour un champion
1 mois

Depuis kan transporteurs se soucient des automobilistes ?

Jamais.

A boycotter
A boycotter
1 mois

Boycottons ceux qui nous bloquent et font barrage.

Yab
Yab
1 mois

Oui 100%

Lal
Lal
1 mois

L'essence les pas trop cher.
Pour se permettent de l'opération sgargot.

Missouk
Missouk
1 mois

Quand le gaz et le prix de l'électricité augmentent, je ne vais em... les transporteurs, alors qu'il me laisse me déplacer pour aller travailler !

thomas
thomas
1 mois

D'après l'explication, la Région a un surplus de taxes de 2 millions d'euros pour la période '31 mars ,1 avril) payé par TOUS les consommateurs et les transporteurs (qui ne représentent qu'eux) voudrait les empocher? Ils nous prennent pour des pigeons ?

que la pression change de camp
que la pression change de camp
1 mois

Trouvons des solutions pour que tous ces métiers qui nous prennent en otage disparaissent. Les camionneurs, les taxis, les transporteurs,... Ils nous respectent pas pourquoi les respecter? Sortons de la dépendance a tout ça, debrouillons nous. Boycottons les.

Penséaupauvre
Penséaupauvre
1 mois

Pas de transporteurs, pas d agriculteur pas de taxi sens eux la France s est mort, durant la dernière crise pétrolière le baril de pétrole était monté jusqu'à 150 dollars et a la pompe des stations service le super ne dépassait pas 1,50 euros aujourd'hui s est plus de 2 euros il y a un gros problème

Bande de mou..
Bande de mou..
1 mois

Zot y voit zot mouvement devient de plus en plus impopulaire zot y commence change de version.
Transporteurs, bande d'égoïste.
Zot lé deja assisté et zot y veut plus encore.
Zot ma tante sera jamais maire dans l'Est.

Zozumé
Zozumé
1 mois

Y bloque pas les reyonés, mais les lieux stratégiques: srpp? Pou moin c’est bloqué les réyonés. Allé marché don.

thomas
thomas
1 mois

On le sait qu'une partie de la population ne manifeste pas (emmener ses enfants à l'école, formations obligatoire, concours, rendez vous médical, etc..) et sont impactés par tous les manifestations.
Il faut évoluer, c'est fini ces méthodes préhistorique de barrage.
Le carburant brulé lors de ces embouteillages ne seront pas remboursés.
Diminuons notre dépendance à cet énergie fossile.