Emmanuel Macron a promis une annĂ©e 2026 "utile", Ă la France, mais ses vĆux laissent surtout l'impression d'un prĂ©sident sur la dĂ©fensive, en fin de rĂšgne, alors que la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle approche Ă grands pas.
"Ce sont des vĆux dĂ©fensifs, de repli, des vĆux de fin de rĂšgne qui ne lui ressemblent pas du tout", a estimĂ© jeudi Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication Ă Sciences Po, pointant un discours surtout "axĂ© sur la protection" des agriculteurs, de l'industrie...
Le prĂ©sident, qui avait optĂ© cette annĂ©e pour des vĆux trĂšs courts - moins de 10 minutes - et le dĂ©cor plus feutrĂ© du Salon des ambassadeurs, est apparu dans un semi clair-obscur, devant une cheminĂ©e et un sapin illuminĂ©.
"Le manque de lumiĂšre, de dynamisme parce quâon a l'impression quâil est Ă©clairĂ© Ă la bougie, qu'il parle trĂšs lentement, le fait quâil rappelle que câest son dernier mandat (...) ça a créé une ambiance crĂ©pusculaire", a notĂ© Philippe Moreau-Chevrolet.
Le politologue Bruno CautrĂšs juge aussi trĂšs surprenants ces vĆux Ă la "tonalitĂ© Ă la fois sobre et sans perspective", oĂč l'on "voit trĂšs clairement l'amorce d'une sortie du jeu d'Emmanuel Macron", Ă seize mois de la prĂ©sidentielle Ă laquelle il ne peut se reprĂ©senter.
- "Sous-dimensionné" -
Le chef de l'Etat, trÚs affaibli depuis la dissolution ratée de 2024, s'est certes efforcé de poser les jalons d'une année "utile", en dépit de l'instabilité politique, faute de majorité à l'Assemblée.
Il a tracé sa feuille de route et martelé qu'il resterait "jusqu'à la derniÚre seconde au travail", comme pour mieux conjurer le risque d'effacement qui le guette.
Mais "au bout de presque dix ans de pouvoir, un chef d'Etat qui nous annonce que les grands chantiers du pays, câest interdire les rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans, une loi sur la fin de vie et le rĂ©tablissement sur une base volontaire du service national, ça semble sous-dimensionnĂ©" par rapport aux enjeux et attentes des Français, souligne Bruno CautrĂšs.
Emmanuel Macron n'a que trÚs peu évoqué l'impasse budgétaire, qui plombe pourtant ce début d'année, à moins de trois mois des élections municipales, appelant seulement gouvernement et Parlement à s'atteler sans tarder à "bùtir des accords".
Son vĆu final "d'espĂ©rance", ponctuĂ© d'innombrables "ne renonçons pas" au "progrĂšs", Ă une "nation plus solidaire", au "beau", Ă la "culture", autant de thĂšmes macronistes depuis dix ans, avait aussi une "dimension presque testamentaire", analyse Bruno CautrĂšs.
Enfin, le président est apparu trÚs solitaire, n'évoquant qu'une fois le chef du gouvernement Sébastien Lecornu.
Son ex-Premier ministre Edouard Philippe, dans les starting-blocks pour 2027, qui avait appelĂ© Ă une prĂ©sidentielle anticipĂ©e, n'a de nouveau pas Ă©tĂ© tendre avec le chef de l'Etat dans ses propres vĆux, regrettant jeudi une annĂ©e "sans stratĂ©gie et sans cap" dans un pays oĂč "rien de dĂ©cisif" ne se produira d'ici 2027.
- "Rien dit mais bien dit" -
"A un an de plier les gaules, vous vous attendiez à quoi ? (...) Il n'a rien dit mais il l'a bien dit", a considéré pour sa part le député Renaissance Karl Olive, sur la chaßne Cnews.
Pour un conseiller ministĂ©riel, le prĂ©sident a eu "raison de ne pas entrer dans les dĂ©tails", notamment sur le budget, car "il ne fallait surtout rien de tranchant dans une AssemblĂ©e sans majoritĂ©, sinon tu abandonnes lâesprit de compromis et tu te fais censurer".
CâĂ©taient des "vĆux mesurĂ©s en fonction de ce quâon peut faire", "il n'a pas pris de risque", renchĂ©rit, stoĂŻque, un tĂ©nor du bloc central.
S'il a évoqué son départ programmé, Emmanuel Macron s'est efforcé de repousser au plus tard l'échéance présidentielle, qui signera de facto sa mise en retrait, fixant le début de la campagne électorale "à la fin de l'année".
"Il essaie de contrĂŽler le calendrier. En rĂ©alitĂ©, on est dĂ©jĂ en campagne pour 2027, mais il veut gagner du temps et pouvoir continuer Ă se prĂ©senter comme Ă©tant dans lâaction", relĂšve Philippe Moreau-Chevrolet.Â
AFP

Il n'aurait pas autant de pouvoir, de nuisance en particulier, que ce pauvre prĂ©sident en serait pathĂ©tique. Le plus mauvais prĂ©sident de la 5e, mĂȘme le bilan de Sarko Ă©tait meilleur
PiĂštre fin de rĂšgne du soi disant roi de la finances. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle est parti la tĂȘte haute. Macron partira la que.. entre les deux jambes !