La Cour suprĂȘme britannique, plus haute juridiction du Royaume-Uni, a refusĂ© jeudi de se prononcer sur la lĂ©galitĂ© de l'interdiction presque totale de l'avortement en Irlande du Nord, invoquant des raisons de procĂ©dure.
La Commission des droits de l'Homme d'Irlande du Nord (NIHRC) avait demandé à la justice de dire si l'interdiction de l'IVG en cas de viol, d'inceste ou de malformation grave du foetus était compatible avec la Convention européenne des droits de l'Homme, mais une majorité des sages a estimé qu'elle n'était pas habilitée à "engager une procédure de cette nature".
Une majorité des juges a toutefois estimé que si la NIHRC avait été compétente, ils auraient jugé que la législation nord-irlandaise est "incompatible" avec la Convention européenne des droits de l'Homme en cas de viol, d'inceste et d'anomalie mortelle du foetus - mais pas en cas d'anomalie grave.
L'Irlande du Nord possĂšde l'une des lĂ©gislations les plus restrictives et rĂ©pressives d'Europe en matiĂšre d'avortement. Il y est illĂ©gal - sauf si la grossesse menace la vie de la mĂšre -, contrairement au reste du Royaume-Uni oĂč il est autorisĂ© depuis 1967. Les contrevenantes risquent une peine d'emprisonnement Ă vie, en vertu d'une loi datant de 1861.
La dĂ©cision de la plus haute juridiction du Royaume-Uni Ă©tait trĂšs attendue, deux semaines aprĂšs un rĂ©fĂ©rendum en RĂ©publique d'Irlande voisine oĂč les Ă©lecteurs se sont prononcĂ©s Ă 66,4% pour une libĂ©ralisation de l'IVG, un scrutin ayant ravivĂ© les revendications dans la province britannique Ă forte tradition chrĂ©tienne.
DÚs la publication des résultats du référendum irlandais du 25 mai, la PremiÚre ministre britannique Theresa May a été pressée par des députés de l'opposition comme de sa majorité de lancer une réforme.
Mais la cheffe de l'exécutif soutient que ce dossier relÚve de l'unique compétence des autorités nord-irlandaises.
2018 AFP

