L'aide humanitaire va commencer

Biden et Sissi annoncent l'ouverture du passage de Rafah pour laisser passer l'aide aux Palestiniens

  • PubliĂ© le 19 octobre 2023 Ă  07:21
  • ActualisĂ© le 19 octobre 2023 Ă  10:05
Le président américain Joe Biden lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv le 18 octobre 2023

L'aide humanitaire attendue par les Palestiniens de la bande de Gaza va pouvoir commencer à transiter par le passage de Rafah, à partir de l'Egypte voisine de l'enclave en état de siÚge depuis l'attaque du Hamas contre Israël, ont annoncé les présidents américain et égyptien.

Cette déclaration intervient aprÚs une visite de Joe Biden mercredi en Israël, qui a renouvelé son soutien à son allié et l'a mis hors de cause concernant la frappe meurtriÚre sur un hÎpital de Gaza qui a soulevé un vent de colÚre au Proche-Orient.

"Sur la base des informations que nous avons eues jusqu'à maintenant, il semble que (la frappe) soit le résultat d'une roquette hors de contrÎle tirée par un groupe terroriste à Gaza", a déclaré Joe Biden, qui assure avoir des éléments probants venant du Pentagone

Le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir Ă  Gaza, a accusĂ© IsraĂ«l d'ĂȘtre l'auteur de cette frappe, tout comme l'Iran et de nombreux pays musulmans, oĂč des milliers de manifestants sont descendus dans la rue mardi et mercredi pour dĂ©noncer les "crimes sionistes".

- "Jusqu'Ă  20 camions" -

M. Biden, venu aussi dans la rĂ©gion pour obtenir que l'aide internationale puisse accĂ©der Ă  Gaza, oĂč une catastrophe humanitaire se profile selon l'Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), a affirmĂ© avoir obtenu du prĂ©sident Ă©gyptien Abdel Fattah al-Sissi de "laisser jusqu'Ă  20 camions traverser" au passage de Rafah, le seul qui ne soit pas contrĂŽlĂ© par IsraĂ«l.

Toutefois, cette aide ne pourra vraisemblablement pas arriver avant vendredi en raison de travaux à faire sur la route, détruite par les bombardements israéliens.

Dans la foulĂ©e, le porte-parole de la prĂ©sidence Ă©gyptienne a confirmĂ© que MM. Sissi et Biden, qui se sont entretenus au tĂ©lĂ©phone mercredi soir, s'Ă©taient mis d'accord "sur l'acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza via le terminal de Rafah, de maniĂšre durable".

Auparavant, M. Biden avait assuré qu'Israël avait donné son feu vert.

"IsraĂ«l n'empĂȘchera pas l'aide humanitaire depuis l'Egypte tant qu'il s'agit de nourriture, d'eau et de mĂ©dicaments pour la population civile dans le sud de la bande de Gaza", avait confirmĂ© le bureau du Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu.

Israël a cependant mis une condition. Cette aide ne transitera pas par son territoire, tant que les otages détenus par le Hamas ne seront pas libérés. Le mouvement palestinien affirme détenir entre 200 et 250 otages, au moins 199, selon Israël.

Leur libération est d'une "absolue priorité", a dit M. Biden.

- Veto -

Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël, la plupart des civils, le jour de l'attaque du Hamas le 7 octobre, la plus meurtriÚre ayant visé Israël depuis sa création en 1948.

En reprĂ©sailles, IsraĂ«l bombarde sans relĂąche le petit territoire surpeuplĂ© de Gaza, oĂč au moins 3.478 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, en majoritĂ© des civils palestiniens, selon les autoritĂ©s locales, qui ne prĂ©cisent pas si ce bilan prend aussi en compte celui des victimes de l'hĂŽpital Ahli Arab de Gaza. Plus d'un million d'habitants ont par ailleurs fui vers le sud de l'enclave, sous la menace d'une offensive terrestre israĂ©lienne dans le nord.

Les Etats-Unis ont mis leur veto mercredi à une résolution du Conseil de sécurité qui appelait à une "pause humanitaire", Washington reprochant au texte de ne pas mentionner le "droit d'Israël à se défendre".

Des dizaines de camions remplis d'aide internationale attendent en Egypte depuis des jours de rentrer Ă  Gaza.

L'aide devra ĂȘtre "consĂ©quente", de l'ordre de 100 camions par jour, et devra ĂȘtre sĂ©curisĂ©e, a dĂ©clarĂ© mercredi Martin Griffiths, le chef des situations humanitaires d'urgence aux Nations unies.

L'eau et la nourriture manquent pour les 2,4 millions d'habitants de Gaza, privés aussi d'électricité, aprÚs le siÚge imposé par Israël depuis le 9 octobre à l'enclave, déjà soumise à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

La frappe mardi soir sur l'hÎpital Ahli Arab, dans le centre de Gaza, a fait au moins 471 morts parmi des déplacés du conflit qui s'abritaient dans l'enceinte de l'établissement, assure le ministÚre de la Santé du territoire palestinien. Probablement beaucoup moins, a toutefois affirmé un haut responsable européen du renseignement, évoquant sous couvert de l'anonymat d'un maximum de 50 morts.

Les photos et vidéos de l'AFP montrent des dizaines de corps dans des draps, des sacs mortuaires noirs ou sous des couvertures.

- "Pas de cratĂšre" -

Israël a affirmé avoir des "preuves" de la responsabilité du Jihad islamique dans la frappe sur l'hÎpital.

Photos Ă  l’appui, un porte-parole de l’armĂ©e israĂ©lienne Jonathan Conricus a rĂ©pĂ©tĂ© que "ce n’est pas une bombe israĂ©lienne car il n’y a pas de cratĂšre sur les photos" lors d’un point de presse dans la nuit de mercredi Ă  jeudi.

Selon le Jihad islamique, un groupe allié du Hamas, classé comme lui organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, c'est une bombe larguée par un avion de l'armée israélienne qui a causé la tragédie.

Dans une vidĂ©o authentifiĂ©e par l'AFP, on voit des flammes s'Ă©lever dans la nuit de ce qui semble ĂȘtre la cour d'un bĂątiment.

"J'ai vu une énorme boule de feu, l'endroit entier était en feu, des cadavres étaient projetés partout, des enfants, des femmes et des personnes ùgées", raconte Adnan al-Nagah, 37 ans, qui s'était abrité avec sa famille dans l'hÎpital et a échappé de peu à la mort.

Des milliers de personnes ont manifestĂ© mercredi en soutien aux Palestiniens au Caire, prĂšs de l'ambassade d'IsraĂ«l Ă  Amman, et Ă  Tunis devant l'ambassade de France, l'un des pays accusĂ©s d'ĂȘtre des "alliĂ©s des sionistes" dans cette guerre.

Des Palestiniens ont aussi manifesté en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, aux cris de "Libérez, libérez la Palestine".

La tension est forte aussi Ă  la frontiĂšre avec le Liban, oĂč les Ă©changes de tirs sont quotidiens entre l'armĂ©e israĂ©lienne et le Hezbollah libanais, ainsi qu'en Cisjordanie oĂč 64 Palestiniens, dont 18 enfants, ont Ă©tĂ© tuĂ©s depuis le 7 octobre, selon le dernier bilan de l'ONU.

AFP

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1 Commentaires
Evalaure
Evalaure
2 ans

À cause de quelques mots manquants dans une rĂ©solution de l’ONU (comme si IsraĂ«l avait cure des rĂ©solutions en question lorsqu’elles sont censĂ©es rappeler ses gouvernants Ă  l’ordre !), les civils palestiniens vont continuer Ă  ĂȘtre chassĂ©s et bombardĂ©s (dĂ©jĂ  3400 morts dans la bande de Gaza, s’il faut comparer 
), et l’aide humanitaire, si elle arrive, le fera au compte-goutte Ă©tant donnĂ© les conditions imposĂ©es sur le terrain. Mais, chut ! IsraĂ«l se dĂ©fend.
Ah, et oui, il est déjà question de réduire encore la superficie de la bande de Gaza une fois la population palestinienne punie.