Lyon part en quĂȘte d'exploit contre la Juventus, des Ă©toiles dans les yeux face Ă Cristiano Ronaldo mais les pieds embourbĂ©s dans ses difficultĂ©s du moment, mercredi (21h00) lors d'un 8e de finale aller de Ligue des champions, jouĂ© malgrĂ© les interrogations liĂ©es au coronavirus.
Si le tirage au sort a offert un adversaire de prestige Ă l'OL, l'ambiance est moins Ă la fĂȘte qu'Ă l'inquiĂ©tude avant la rencontre. L'Ă©pidĂ©mie du nouveau coronavirus qui sĂ©vit dans le Nord de l'Italie fait planer une ombre au-dessus du stade de l'OL, oĂč prĂšs de 3.000 supporters, venus de toute la Botte, sont attendus dans l'enceinte Ă guichets fermĂ©s.
La rencontre est pour le moment maintenue "dans sa configuration initiale", selon un communiquĂ© du club lyonnais publiĂ© mardi aprĂšs-midi, mĂȘme si la Juventus jouera dimanche Ă huis clos, contre l'Inter, pour Ă©viter tout risque de propagation. "Ce n'est pas utile, dans un moment oĂč on est dans la convivialitĂ©, dans le sport, de crĂ©er un certain nombre d'angoisses supplĂ©mentaires, a assurĂ© le prĂ©sident de l'OL Jean-Michel Aulas sur BFM TV. La crainte pour nous n'est pas liĂ©e au virus, mais plutĂŽt Ă la qualitĂ© de cette Ă©quipe turinoise."
Lyon aurait prĂ©fĂ©rĂ© passer des heures moins agitĂ©es en coulisses, et vendre cette affiche de rĂȘve aux supporters qui, un an aprĂšs la venue de Lionel Messi, verront Cristiano Ronaldo Ă©voluer sous leurs yeux. L'OL croise Ă nouveau la route d'un monument du football, synonyme le plus souvent de terminus. La saison passĂ©e, le Barça a Ă©tĂ© accrochĂ© lors de son Ă©tape lyonnaise (0-0), avant de faire la diffĂ©rence Ă domicile (5-1) avec un doublĂ© de sa "Pulga" argentine.
- Ronaldo retrouve Lyon -
L'ambitieuse Juve, avec son effectif XXL, son champion du monde Blaise Matuidi, ses attaquants Gonzalo Higuain et Paulo Dybala, présente le profil idéal de fossoyeur des derniers espoirs européens lyonnais, d'autant que les "Gones" n'ont franchi qu'une seule fois la barriÚre des 8es sur leurs sept derniÚres tentatives. La seule exception, c'était en 2010 face au Real Madrid... de Cristiano Ronaldo. Mais depuis, le Portugais a pris une nouvelle dimension dans la compétition, qu'il a remportée au total cinq fois.
Entre Lyon et l'attaquant, c'est une longue histoire. L'OL est l'équipe que le Portugais a le plus affrontée en C1 - à égalité avec l'Atlético -, avec un bilan nettement à son avantage: cinq victoires, quatre nuls et une défaite. Entre SaÎne et RhÎne, la "Vieille Dame" n'aura qu'à suivre son guide qui joue son rÎle à fond, cette saison, dans un club deux fois vainqueur de la Ligue des champions, la derniÚre en 1996. En grande forme, Ronaldo a enchaßné samedi un 11e match consécutif de Championnat avec au moins un but inscrit.
"Il fait évidemment partie des meilleurs de la planÚte. Mais il n'y aura pas de plan anti-Ronaldo car si c'était le cas, il faudrait un plan anti-Dybala ou anti-Higuain. Il y a trop de joueurs trÚs forts dans cette équipe", a expliqué l'entraßneur lyonnais Rudi Garcia.
- Pile ou face -
Mais plus que le niveau de la Juventus, en tĂȘte de Serie A, c'est celui de l'OL qui inquiĂšte le plus. Le succĂšs Ă Metz vendredi (2-0) n'a pas apaisĂ© l'ambiance autour de l'Ă©quipe, qui traĂźne son spleen sportif Ă la 7e place de Ligue 1. Aux banderoles des virages qui se plaignent du manque de spectacle et des mauvais rĂ©sultats en Championnat, Jean-Michel Aulas oppose l'argument des quatre compĂ©titions dans lesquels les "Gones" sont toujours en lice, une premiĂšre depuis huit ans.
C'est comme si Lyon jouait sa saison à pile ou face ces prochaines semaines, pour savoir qui des supporters ou des dirigeants donneront la tonalité du bilan en mai. Contre la Juventus, sans la pression qui lui interdit tout faux pas en Ligue 1, Lyon pourrait mieux s'exprimer dans le costume d'outsider. La scÚne est belle pour les jeunes Houssem Aouar ou Moussa Dembélé, eux qui aspirent aux meilleurs clubs du continent. Le retour en défense de Leo Dubois constitue une autre bonne nouvelle pour Rudi Garcia, qui attend l'occasion de briller face à un public qui le critique depuis son arrivée.
AFP


