[Photos et Vidéos] Saint-Paul : les administrations de la Ville désormais bilingues français-kréol

  • Publié le 27 octobre 2026 à 14:15
  • Actualisé le 27 octobre 2026 à 17:50
signalitique kreol sin pol

Saint-Paul approfondit les possibilités offertes par sa charte bilingue "commune bilingue français-kréol", adoptée en 2010. Ce mardi 27 octobre 2026, le maire de Saint-Paul Emmanuel Seraphin a annoncé la possibilité pour ses administrés de s'exprimer, au choix, en créole ou en français dans les administrations (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

À l'occasion de la Somène Kréol, l'occasion était belle de proposer des nouvelles opportunités pour les Saint-Paulois créolophones. Ce mardi 27 octobre, Emmanuel Séraphin a franchi un pas symbolique en annonçant que l'usage de la langue régionale est désormais possible et autorisé dans les services municipaux de la ville de Saint-Paul.

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Une décision prise pour mieux inclure, dans le cadre de démarches administratives, tous les publics. "Le Réunionnais, qui a souvent des difficultés en français, i sen a li exclu de l'administration et de met le pictocramme "ici i koz kréol", i rassure et i permet à chacun de pouvoir s'exprimer et de respekt lidentité que li nana kan li vien dan un administration", explique Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul. Regardez.

Pour ce dernier, il ne doit plus y avoir d'ambiguïtés au moment de l'accueil du public et le bilinguisme doit être la norme. "Moi-même, en tant qu'élu, quand on vient dans ma permanence, les gens me posent la question "est-ce que mi peu koz en kréol ? ". Cette question ne doit pas se faire."

- Mise en avant du créole sur le plan administratif -

Emmanuel Séraphin prolonge sa réflexion sur le fait qu'instaurer la langue créole va permettre de "libérer la parole". Pour l'auteur Axel Gauvin, qui est aussi président de Lofis la Lang Kréol, cette officialisation de l'usage du créole dans les administrations participe grandement à cette libération de la parole "I fau dire. Si ou di pa, na de moun i ose pa. I fau, i di vraimen, ici ou na le droit de koz kréol. Ici, ou na le droi de koz fransé bien entendu, mais sa dopui lontan i koné. Mais le kréol, na pa reconnu sa place partou, tou le tan". Regardez

En précisant sa pensée, l'écrivain estime que cette mise en avant du créole sur le plan administratif permet de "koup le filé" et de "démail la lang" en facilitant le langage des personnes timides ou mal à l'aise à l'oral en français.

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Pour Axel Gauvin, il reste encore des étapes à franchir avant que le créole ne soit définitivement institutionnalisé comme une langue de communication dans l'espace public à La Réunion. "Lé plein partou pou fair. Nou lé en train de viv le komenseman d'un mouvman et i sa amen a nou, mi esper, dan un vrai bilinguisme, dan lequel mi esper tou le mon lé à lez dan nout lang".

Un vœu de progression vers le bilinguisme qui semble, pour l'instant, fonctionner. Si plusieurs étapes restent encore à franchir avant que le créole ne s'impose comme une évidence dans l'usage administratif à La Réunion, l'exemple donné par Saint-Paul pourrait inspirer à l'avenir d'autres communes.

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