Le pays fĂȘte ses 70 ans

Chine: le rouge de mise dans la culture pour l'anniversaire du régime

  • PubliĂ© le 29 septembre 2019 Ă  16:09
  • ActualisĂ© le 29 septembre 2019 Ă  16:26
Evénement célébrant le 70e anniversaire de la Chine communiste à Yangzhou (est) le 28 septembre 2019

Du théùtre au cinéma, la propagande chinoise met le rouge à toutes les sauces pour le 70e anniversaire du régime communiste et n'hésite plus à s'inspirer du trÚs capitaliste Hollywood pour séduire les jeunes générations.

Dans une chorégraphie qui fleure bon les spectacles de la "Révolution culturelle", une troupe d'acrobates en uniforme militaire agite fusils et drapeaux rouges pour une évocation de la prise de Shanghai par les communistes en 1949.

Ces scÚnes d'acrobatie se passent dans un théùtre de la capitale économique chinoise à l'approche des célébrations, le 1er octobre, des sept décennies de pouvoir du Parti communiste chinois (PCC).

"Le pays et le Shanghai d'aujourd'hui ne sont pas devenus ce qu'ils sont par hasard. C'est le résultat d'un combat", confie à l'AFP Wang Huaifu, acteur principal du spectacle baptisé "La bataille de Shanghai".

AgĂ© de 35 ans, Wang Huaifu n'a bien sĂ»r pas connu la guerre civile qui a portĂ© les communistes au pouvoir en 1949. Mais les producteurs du spectacle ont emmenĂ© la troupe visiter des cimetiĂšres oĂč sont enterrĂ©s des "hĂ©ros" de la lutte contre l'armĂ©e rivale nationaliste.

La leçon a portĂ© et l'acrobate se rĂ©jouit d'avance de fĂȘter sur scĂšne l'anniversaire de la RĂ©publique populaire. "Je souhaite rĂ©pandre l'Ă©nergie positive autour de moi pour ĂȘtre Ă  la hauteur du rĂŽle de ce hĂ©ros", explique l'acteur, casquette Ă©toilĂ©e sur la tĂȘte dans un treillis ensanglantĂ©.

- Public au rendez-vous -

DÚs son arrivée au pouvoir, le régime a su utiliser les activités culturelles comme relais de propagande. Mais il lui faut désormais s'adapter à un public abreuvé de superproductions hollywoodiennes, particuliÚrement dans une ville comme Shanghai, sorte de laboratoire social des transformations du pays.

"Nous évitons le bourrage de crùnes", explique Dong Zhengzhen, scénariste de "La bataille de Shanghai". "Nous cherchons à susciter chez les jeunes une émotion artistique."

A la télévision, les censeurs ont ordonné ces derniers mois d'abandonner les films en costume sur l'époque impériale pour privilégier les héros communistes.

Au cinĂ©ma, une superproduction baptisĂ©e "Wo he wo de zuguo" ("Moi et mon pays") sort dans les salles lundi, Ă  la veille de la fĂȘte nationale.

Le film, qui se penche sur sept grands moments de l'histoire de la République populaire, emprunte "aux techniques de récit et de production les plus couramment associées avec Hollywood", observe Nicole Talmacs, spécialiste du cinéma chinois à l'Université Xi'an Jiaotong-Liverpool.

La production devrait à coup sûr gommer les aspects les plus dramatiques de l'histoire récente comme le "Grand bond en avant", campagne de développement industriel des années 1950 suivie d'une famine qui a fait des dizaines de millions de morts.

Le film "évite l'approche didactique et rigide du récit historique" qui était celle des précédents films anniversaire, selon Mme Talmacs.

Il doit sortir dans 40 pays dont les Etats-Unis au lendemain de sa sortie chinoise, ce qui reflÚte l'entrée de capitaux chinois dans nombre d'entreprises de distribution. "Le patriotisme chinois n'est plus confiné à la Chine", souligne Mme Talmacs.

En Chine, le public, parfois encouragé par les employeurs à remplir les salles, est au rendez-vous des oeuvres patriotiques comme "Libération" ou "Mao président, 1949".

"Le clairon de Gutian", un film qui évoque l'autorité absolue du Parti sur les militaires, a débarqué dans les salles le 1er août dernier, à l'occasion du Jour de l'armée.

"J'étais trÚs touchée", témoignait une spectatrice pékinoise à sa sortie. "Il y a eu tellement de pionniers qui ont versé leur sang pour que nous ayons aujourd'hui cette vie magnifique", confiait-elle à l'AFP.

AFP

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