Le mot "pandĂ©mie" dĂ©signe une Ă©pidĂ©mie qui se rĂ©pand Ă l'Ă©chelle mondiale: ce stade pourrait bientĂŽt ĂȘtre atteint par le Covid-19, sans pour autant faire l'objet d'une dĂ©claration formelle de l'OMS (Organisation mondiale de la santĂ©).
"Nous devons nous concentrer sur l'endiguement (de l'Ă©pidĂ©mie, ndlr), tout en faisant tout notre possible pour nous prĂ©parer Ă une Ă©ventuelle pandĂ©mie", a assurĂ© mardi le chef de l'agence spĂ©cialisĂ©e des Nations unies, Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Le concept de pandĂ©mie suppose que toute la population mondiale soit susceptible d'ĂȘtre exposĂ©e Ă une infection et qu'une part d'entre elle puisse potentiellement tomber malade", avait expliquĂ© la veille le Dr Michael Ryan, directeur du Programme pour les urgences de l'OMS.
Pour l'instant, l'OMS estime que le Covid-19, maladie causée par le nouveau coronavirus, ne répond pas à cette définition. "Ce à quoi nous assistons, ce sont des épidémies dans différentes parties du monde, qui touchent les pays de façon différente et qui requiÚrent des réponses sur mesure", a jugé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Mais si cette appréciation devait changer, cela ne ferait pas l'objet d'une déclaration formelle et officielle de l'OMS, contrairement au classement du Covid-19 comme "urgence de santé publique de portée internationale" le 30 janvier.
Dans les faits, c'est ce classement qui avait entraßné la mise en oeuvre de mesures mondiales pour tenter d'enrayer l'épidémie. Si elle jugeait que le Covid-19 est bien une pandémie, l'OMS se mettrait simplement à utiliser ce mot, qui vient du grec ancien (pan: tout, demos: peuple).
L'absence de déclaration formelle vient du fait que l'organisation responsable des questions de santé publique dans le monde a abandonné son ancien systÚme d'alerte. Il comprenait six phases, et la phase 6 correspondait à un classement comme pandémie, ce qui avait par exemple été le cas pour la grippe A/H1N1 de 2009.
"Si on met de cĂŽtĂ© les questions de terminologie, nos conseils restent les mĂȘmes et nous continuons Ă travailler avec les Etats pour limiter la transmission du virus tout en se prĂ©parant Ă une propagation plus large", selon un porte-parole de l'OMS. "On peut considĂ©rer qu'il s'agit d'une pandĂ©mie en tous points sauf le nom, et c'est juste une question de temps avant que l'OMS commence Ă utiliser ce terme", a toutefois avancĂ© un spĂ©cialiste britannique, le Dr Bharat Pankhania (universitĂ© d'Exeter).
"Des mots comme +pandémie+ détournent l'attention: ce qu'il faut, c'est comprendre la situation dans chaque pays", a de son cÎté estimé un autre expert, le Pr David Heymann (London School of Hygiene and Tropical Medicine). "Nous avons besoin de faits, pas de peurs", insiste Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Utiliser le mot pandémie ne correspond pas aux faits à l'heure actuelle, mais cela pourrait certainement causer des peurs. Ce n'est pas le moment de se focaliser sur le mot qu'on utilise: cela n'évitera aucune infection ni ne sauvera aucune vie".
AFP
