En larmes, quelques proches assistent à l'inhumation de leurs parents décédés du nouveau coronavirus dans un cimetiÚre prÚs de Tegucigalpa, la capitale du Honduras, petit pays d'Amérique centrale submergé par les morts.
Les enterrements se font sous bonne garde militaire. Quelques proches défient les soldats qui ont escorté le convoi funÚbre dÚs la sortie de l'hÎpital et ouvrent les cercueils scellés pour un dernier adieu au défunt. Seule une poignée de proches sont autorisés à entrer dans le cimetiÚre, les autres doivent attendre à l'extérieur.
Juan Orlando HernĂĄndez, le prĂ©sident du Honduras, lui-mĂȘme hospitalisĂ© la semaine derniĂšre aprĂšs avoir Ă©tĂ© testĂ© positif, a reconnu que le systĂšme de santĂ© est submergĂ© par l'afflux de patients. "Nous savions que cela allait dĂ©border, que des gens allaient mourir y compris chez eux", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP le prĂ©sident de l'Association des pompes funĂšbres du Honduras, Edwin Lanza. "Cela va empirer car nous ne nous sommes pas arrivĂ©s au sommet de la courbe" de l'Ă©pidĂ©mie, prĂ©dit-il encore.
Les chiffres officiels recensent 10.000 malades du coronavirus au Honduras, pays de 9 millions d'habitants, dont plus de 300 décédés. Cependant, "il faut multiplier ces chiffres par cinq, il y a 50.000 malades", assure le secrétaire de l'Association des pompes funÚbres, Jesus Moran.
Dans le nord du pays, "ils enterrent la nuit entre dix et douze cadavres (entassés) dans des remorques", a-t-il affirmé lors d'un entretien par téléphone depuis San Pedro Sula (100 km au nord de Tegucigalpa), la deuxiÚme ville du pays et épicentre de l'épidémie.
TrĂšs souvent, dans les quartiers les plus misĂ©rables, les gens se plaignent de douleurs dans la poitrine, meurent chez eux sans ĂȘtre testĂ©s et sont simplement enregistrĂ©s comme morts suspects de Covid-19, selon Edwin Lanza. Les consignes sont d'emballer les corps dans trois sacs de plastique dĂ©contaminĂ©s, et d'emballer le cercueil lui-mĂȘme pour Ă©viter la contagion. Mais le plus souvent, elles ne sont pas respectĂ©es, s'alarme-t-il.
"Nous sommes abasourdis (...) ces derniers jous nos ventes ont augmentĂ© de 80%", affirme M. Lanza, propriĂ©taire d'une petite fabrique de cercueils Ă El Pedregalito, Ă l'ouest de Tegucigalpa. Les corps "s'amoncellent", se lamente Mauricio Corrales, le prĂ©sident du syndicat du personnel de l'HĂŽpital Escuela de Tegucigalpa oĂč il a fallu monter Ă la hĂąte des tentes dans la cour pour accueillir les patients toujours plus nombreux.
"La morgue ne marche plus, les cadavres sont en état de décomposition, il va y avoir une large contamination", avertit encore le responsable, qui a publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant 16 cadavres dans des sacs noirs, étendus sur des civiÚres dans les couloirs. "Sur 3.000 employés, 56 ont été testés positifs... Nous n'avons pas de matériel de sécurité adapté", dénonce-t-il.
AFP



