Réveillon de l'Année du Tigre

Covid ou pas, des Chinois rentrent en famille pour le Nouvel an

  • PubliĂ© le 30 janvier 2022 Ă  12:23
  • ActualisĂ© le 30 janvier 2022 Ă  13:05
Une foule de voyageurs Ă  la gare de Hangzhou, avant le Nouvel an lunaire, le 29 janvier 2022 en Chine

Professeure à Shanghai, Chen Hainan, 30 ans, passe depuis 2020 le Nouvel an lunaire loin de sa famille à cause du Covid-19. Mais comme des millions d'autres Chinois, elle brave cette année désagréments et restrictions. (Photo : AFP)

Le rĂ©veillon de l'AnnĂ©e du Tigre aura lieu le 31 janvier. Ce sera le coup d'envoi de "la FĂȘte du printemps", la rĂ©union familiale la plus importante de l'annĂ©e en Chine, l'Ă©quivalent de NoĂ«l dans le monde chrĂ©tien.

La Chine a largement maßtrisé le Covid depuis le printemps 2020. Seuls deux morts ont été recensés en plus d'un an et demi. Et la vie a repris son cours quasi-normal pour la majorité des Chinois.

Mais la survenue ces derniers mois de petits foyers épidémiques un peu partout dans le pays a entraßné des confinements localisés et surtout une recommandation des autorités: limitez les voyages au strict nécessaire.

Aller dans un autre endroit du pays, c'est le risque de s'y retrouver coincé si les autorités décident subitement d'un confinement. Une inquiétude partagée par beaucoup de Chinois.

Mais aprĂšs s'ĂȘtre privĂ©e pendant deux ans, Chen Hainan compte bien rentrer chez ses parents dans la province cĂŽtiĂšre du Zhejiang (est). MĂȘme si pour cela elle doit rĂ©aliser, dit-elle, cinq tests PCR entre l'aller et le retour.

"A la base, je ne pensais pas non plus rentrer cette année", déclare-t-elle juste avant de prendre son train à la gare centrale de Shanghai, bondée de voyageurs rentrant dans leurs familles.

"Mais aprĂšs, j'ai rĂ©flĂ©chi. Ça fait dĂ©jĂ  deux ans, alors j'ai dĂ©cidĂ© d'affronter tous les dĂ©sagrĂ©ments".

- Primes -

Les Chinois ont depuis 2020 retrouvĂ© commerces, restaurants, bars ou encore transports. Mais le voyage retour du Nouvel an est depuis deux ans l'un de leurs principaux casse-tĂȘte.

En temps normal, des centaines de millions de personnes (ouvriers, étudiants, employés) prennent d'assaut bus, trains et avions dans ce qui constitue la plus grande migration humaine annuelle du monde.

Les débuts de l'épidémie dans la ville chinoise de Wuhan (centre) avaient gùché le Nouvel an 2020. L'an passé, le nombre de voyageurs était toujours inférieur de moitié à son niveau habituel, en raison des inquiétudes persistantes vis-à-vis du Covid.

Cette année, c'est l'approche des Jeux olympiques d'hiver de Pékin (4-20 février) qui met les autorités sanitaires en alerte face à de potentiels foyers qui viendraient compliquer le bon déroulement de l'événement.

Des provinces demandent Ă  leurs habitants de rester sur place pendant les fĂȘtes et des zones manufacturiĂšres offrent mĂȘme des primes aux ouvriers pour les inciter Ă  ne pas voyager.

Les tests PCR au dĂ©part et Ă  l'arrivĂ©e sont devenus quasi-obligatoires pour voyager. Et certaines villes, contre l'avis du gouvernement, imposent mĂȘme des quarantaines Ă  l'arrivĂ©e des voyageurs. De quoi toutefois dissuader les potentiels candidats...
Mais beaucoup ne sont pas découragés.
 

- "Peur" -

Selon la presse, le nombre de voyages est bien plus important cette année qu'en 2021. Et la gare de Shanghai était parcourue toute la semaine d'un flot quasi-ininterrompu de voyageurs.

A PĂ©kin toutefois, le dilemme est plus difficile. En raison des JO, les autoritĂ©s encouragent fortement Ă  passer les fĂȘtes sur place. A ceux qui partent tout de mĂȘme, elles assurent cependant qu'un retour est possible avec un test PCR.

"On reste quand mĂȘme Ă  PĂ©kin pendant les vacances parce qu'on a peur de ne pas pouvoir revenir si des cas sont dĂ©tectĂ©s dans notre ville ou ailleurs", dĂ©clare Ă  l'AFP Joanna Feng, une architecte originaire de Wuhan.

"Evidemment, les grands-parents aimeraient voir leurs petits-enfants pour le Nouvel An. Mais on ira aprĂšs les fĂȘtes". Selon Ctrip, leader en Chine de la rĂ©servation en ligne de trains, d'avions et d'hĂŽtels, les courts sĂ©jours et les vacances Ă  proximitĂ© de son domicile sont plĂ©biscitĂ© cette annĂ©e.

Pour Huang Jinnan, ouvrier d'usine de 18 ans Ă  Shanghai, pas question toutefois de rester dans la mĂ©tropole Ă©conomique aprĂšs avoir dĂ©jĂ  manquĂ© les fĂȘtes de famille l'an passĂ©.

"Je vais voir ma grand-mĂšre" dans la province du Henan (centre), explique-t-il. "Je rentre chez moi (parce que) je n'ai nulle part d'autre oĂč aller".

AFP

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