Finances en GrĂšce

Crise de la dette: l'odyssée grecque proche de la fin

  • PubliĂ© le 21 juin 2018 Ă  08:50
  • ActualisĂ© le 21 juin 2018 Ă  09:42
Le premier ministre grec Alexis Tsipras et le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, le 8 février 2018 à AthÚnes

Les ministres des Finances de la zone euro vont chercher jeudi à s'entendre sur les modalités de sortie de la GrÚce des programmes d'aide dont elle bénéficie depuis huit ans, dont des mesures d'allÚgement de sa dette, sur lesquelles ils restent divisés.

Ces discussions s'avÚrent cruciales pour qu'AthÚnes puisse, comme prévu, quitter la tutelle de ses créanciers le 20 août prochain et se financer seule sur les marchés, aprÚs plusieurs années de profonde récession.


Selon un haut responsable europĂ©en, les ministres des 19 pays ayant adoptĂ© la monnaie unique ont "70% Ă  80% de chances" de parvenir Ă  un accord jeudi soir Ă  Luxembourg, oĂč se tiendra la rĂ©union. "Nous sommes trĂšs proches du moment oĂč nous rĂ©colterons les fruits d'annĂ©es de sacrifices et d'efforts difficiles", s'est fĂ©licitĂ© mercredi le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

En huit ans, la GrÚce a bénéficié de plus de 273 milliards d'euros d'assistance de la part de ses créanciers, zone euro et Fonds monétaire international (FMI), au cours de trois programmes d'aide.
En contrepartie, les Grecs ont été contraints de mettre en oeuvre plusieurs centaines de réformes, souvent douloureuses, notamment pour assainir leurs finances publiques.

La croissance du PIB a atteint 1,4% en 2017 et devrait encore progresser cette annĂ©e (1,9%) et l'an prochain (2,3%). Dans le mĂȘme temps, la GrĂšce affiche dĂ©sormais un excĂ©dent budgĂ©taire de 0,8%, aprĂšs avoir enregistrĂ© un dĂ©ficit de 15,1% en 2009. Mais le niveau de la dette du pays reste le plus Ă©levĂ© de la zone euro et ses crĂ©anciers conviennent qu'un dernier "allĂšgement" est nĂ©cessaire pour assurer sa crĂ©dibilitĂ© sur les marchĂ©s financiers.
L'Allemagne et certains pays du nord de l'Europe sont cependant plus réticents et exigent, en échange de leur soutien, que la GrÚce soit suivie de trÚs prÚs aprÚs sa sortie du programme.


- 'Matelas financier' -


"Evidemment, personne ne devra perdre d'argent", a insistĂ© mercredi le commissaire europĂ©en aux Affaires Ă©conomiques Pierre Moscovici. "Mais nous devrions collectivement trouver un moyen d'allĂ©ger la dette, soit en prolongeant les Ă©chĂ©ances des prĂȘts existants, soit en rachetant les plus coĂ»teux", a ajoutĂ© M. Moscovici.


La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, également favorable à un allÚgement de la dette, prendra part à la discussion à Luxembourg. L'institution basée à Washington a participé financiÚrement aux deux premiers programmes grecs, mais se contente pour l'instant d'un rÎle d'observateur dans le troisiÚme, car elle estime que la dette d'AthÚnes n'est pas soutenable sur le long terme. "C'est dommage, mais ça ne va pas choquer les marchés", a assuré le haut responsable européen.


Outre la question de la dette, les Européens devront boucler la jeudi les derniers détails du troisiÚme programme d'aide à la GrÚce: 88 nouvelles réformes en échange d'un tout dernier versement. Cet argent, qui serait versé en juillet, sera destiné à alimenter un "matelas financier" d'une vingtaine de milliards d'euros pour les 18 premiers mois qui suivront sa sortie du programme.


AthÚnes sera alors sous le coup d'une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l'Irlande. Sous la pression de l'Allemagne, l'allÚgement de la dette grecque à court terme restera conditionné à la poursuite des derniÚres réformes, dont certaines s'étendront au-delà du 20 août et sur plusieurs mois.
"Pour la GrÚce, la principale préoccupation est de ne pas avoir de quatriÚme programme d'aide ou de ne pas donner l'apparence d'un quatriÚme programme", a reconnu une source de l'UE. " Mais il y a des réformes qui devront faire l'objet d'un suivi approfondi", a-t-elle ajouté.

Les discussions sur la GrÚce seront suivies d'échanges encore plus ardus sur les réformes de l'Union économique et monétaire, en particulier une proposition de la France pour un budget de la zone euro, sur laquelle Paris a obtenu cette semaine le soutien de la chanceliÚre allemande Angela Merkel.
 

2018 AFP

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