De nouvelles personnalités sont éclaboussées par les derniers documents liés à l'affaire Epstein rendus publics par le gouvernement américain : la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, l'ex-ministre français de la Culture Jack Lang, l'ex-ambassadeur britannique aux Etats-Unis Peter Mandelson ou encore Sarah Ferguson, l'ex-épouse du prince déchu Andrew.
Ces révélations interviennent à un moment où la pression monte sur le frère du roi Charles III, accusé par une deuxième femme qui affirme avoir été envoyée au Royaume-Uni pour avoir des relations sexuelles avec lui.
- La future reine de Norvège -
Le nom de Mette-Marit, l'épouse du prince héritier Haakon, apparaît au moins un millier de fois, selon le journal norvégien Verdens Gang (VG), dans les millions de pages diffusées vendredi par le ministère américain de la Justice.
Le contenu et le ton des échanges entre 2011 et 2014, reproduits ce week-end dans la presse norvégienne, attestent d'une forme de complicité entre la princesse et Jeffrey Epstein.
En 2012, tandis que Jeffrey Epstein dit être à Paris "en quête d'une épouse", elle lui répond que la capitale française est "bien pour l'adultère" mais que "les Scandinaves (font) de meilleures femmes".
En réaction à ces révélations, Mette-Marit a admis avoir "commis une erreur de jugement". "Je regrette profondément avoir eu le moindre contact avec Epstein. C'est tout simplement embarrassant", a-t-elle dit dans une déclaration transmise par le Palais royal à l'AFP.
- L'ex-ministre français de la Culture Jack Lang -
L'actuel président de l'Institut du Monde arabe à Paris a déclaré lundi à l'AFP assumer "pleinement les liens" qu'il avait pu créer avec Jeffrey Epstein, "à une époque où rien ne laissait supposer (qu'il) pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité".
Le nom de Jack Lang, 86 ans, et celui de sa fille aînée Caroline apparaissent dans les documents publiés vendredi, notamment pour une transaction immobilière "offshore" au Maroc et une société fondée dans un paradis fiscal.
L'emblématique ministre socialiste de la Culture (1981-1986 et 1988-1993) dit avoir fait la connaissance de Jeffrey Epstein "voici une quinzaine d’années" par l'intermédiaire du réalisateur américain Woody Allen, se disant "séduit par son érudition, sa culture, sa curiosité intellectuelle" et dénonçant aujourd'hui ses "pratiques odieuses".
- Peter Mandelson, ex-ambassadeur britannique -
Conseils donnés à Jeffrey Epstein pour obtenir une réduction d'impôt, relevés bancaires attestant de virements par le financier américain de 75.000 dollars à son bénéfice et une photo le montrant en sous-vêtements aux côtés d'une femme en peignoir... les derniers documents fournis par le ministère américain de la Justice pourraient constituer le coup de grâce pour cet ancien commissaire européen de 72 ans.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a ordonné lundi un "examen" complet des liens qu'il entretenait avec
Jeffrey Epstein à l'époque où il était au gouvernement (entre 2008 et 2010). En cause notamment, un email gouvernemental interne qu'il a transféré en 2009 au financier américain quand il était ministre du Commerce, selon les documents publiés vendredi.
Peter Mandelson a quitté dimanche soir le parti travailliste britannique, dont il était une figure historique.
"Des allégations que je crois fausses, selon lesquelles (Epstein) m'aurait versé de l'argent il y a vingt ans - et dont je n'ai ni trace, ni souvenir, rendent nécessaire une enquête de ma part", a-t-il écrit dans une lettre adressée à Hollie Ridley, la secrétaire générale du Labour.
Il apparaît aussi sur de nouvelles photos non-datées, en tee-shirt et caleçon à côté d'une femme. Il avait dit dimanche ne "pas parvenir à situer le lieu, ni à identifier la femme".
- La pression monte sur le prince déchu Andrew -
La publication de nouveaux emails et de photos compromettantes du dossier Epstein - qui le montrent agenouillé et penché au-dessus d'une femme allongée - a encore fait monter la pression sur le prince déchu Andrew, que le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé à témoigner aux Etats-Unis sur les crimes du financier américain.
Une deuxième accusatrice de Jeffrey Epstein a affirmé que le criminel sexuel américain l'avait envoyée au Royaume-Uni pour avoir des relations sexuelles avec Andrew, a rapporté la BBC.
L'avocat américain la représentant, Brad Edwards, a affirmé samedi à ce média britannique que la relation présumée avait eu lieu en 2010, dans la résidence de l'ex-prince située dans le domaine de Windsor, à l'ouest de Londres, lorsque sa cliente était âgée d'une vingtaine d'années.
Cette nouvelle accusation intervient plus de dix ans après celle de Virginia Giuffre, qui s'est suicidée en avril 2025 et qui était la principale plaignante dans l'affaire Epstein.
- Sarah Ferguson -
Dans des mails, l'ex-épouse d'Andrew - dont elle a divorcé en 1996 mais dont elle est restée très proche - s'adresse à Jeffrey Epstein comme à un "frère" et lui demande "20.000 livres" pour payer son loyer.
"Je n'ai vraiment pas les mots pour décrire mon amour et ma gratitude pour ta générosité et ta gentillesse", lui écrit-elle en janvier 2010. "Je suis à ton service. Epouse-moi", ajoute l'ancienne duchesse d'York.
Tous ces messages ont été envoyés après la condamnation de Jeffrey Epstein, en 2008, à une peine aménagée de prison de 13 mois pour avoir recouru aux services de prostituées mineures.
Accusé d'avoir monté un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles mineures, Jeffrey Epstein s'est suicidé en prison en août 2019, selon les autorités, avant son jugement.
AFP


