Ils sont des dizaines à avoir été pris au piÚge: enfermées derriÚre les grilles verrouillées d'un immeuble squatté et délabré de Johannesburg, plus de 70 personnes dont des enfants ont péri jeudi dans un violent incendie dont le bilan pourrait encore grimper.
"Nous avons couru pour essayer de trouver une sortie de secours", dit Kenny Bupe. Le jeune homme de 28 ans raconte Ă l'AFP avoir dĂ» au milieu de la nuit, avec un groupe d'hommes, forcer une grille fermĂ©e Ă clef pour Ă©chapper aux flammes. "D'autres avaient dĂ©jĂ sautĂ© par les fenĂȘtre parce qu'ils savaient que la porte Ă©tait verrouillĂ©e".
Un incendie a ravagé l'immeuble de quatre étages dans la nuit de mercredi à jeudi dans la capitale économique sud-africaine. Le bùtiment, à la façade désormais noircie par la fumée, est situé dans le centre-ville, rongé par l'insécurité dans un des pays les plus dangereux au monde.
A chaque étage, des grilles fermées chaque soir à double tour pour éviter l'entrée d'intrus. Quand l'incendie s'est déclaré, la panique a envahi les occupants.
Au petit matin, des corps ont été découverts derriÚre une grille fermée à clef.
Nobuhle Zwane s'en est sorti, de justesse: "Nous avons eu beaucoup de mal à sortir", dit-elle à l'AFP, ses enfants de 2 et 13 ans à ses cÎtés. Elle décrit des gens courant dans tous les sens. Dans les couloirs, des lits, du mobilier, avaient été empilés pour tenter de ralentir le feu.
- "Des corps partout" -
A l'extĂ©rieur, des draps et des couvertures restent suspendues aux fenĂȘtres. Les occupants de l'immeuble ont utilisĂ© ce qu'ils avaient sous la main pour fabriquer des cordes de fortune et tenter de s'Ă©chapper.
"Des garçons ont rĂ©ussi Ă sortir par les fenĂȘtres, les femmes et les enfants sont restĂ©s derriĂšre et sont morts Ă l'intĂ©rieur", dit Irene Ntamba, une survivante. "Tout a brĂ»lĂ©, nos papiers, notre argent".
Des tĂ©moins ont dit aux journalistes avoir vu des bĂ©bĂ©s jetĂ©s par les fenĂȘtres, dans des tentatives dĂ©sespĂ©rĂ©es de les sauver des flammes. "Il y avait des corps partout sur le sol" aprĂšs l'incendie, dĂ©crit Noma Mahlalela, 41 ans, femme de mĂ©nage.
Avec des échelles mécaniques, les pompiers retournent encore et encore dans l'immeuble. Ils fouillent, étage par étage, mÚtre carré par mÚtre carré. Ils ne cherchent plus vraiment de survivants mais des corps.
L'incendie était maßtrisé jeudi matin. Police, médecins légistes et élus locaux sont sur place.
Au milieu de la route, un imposant camion des secours tente de bloquer la vue. DerriĂšre, allongĂ©s sur le pavĂ©, des corps calcinĂ©s. Les secours recueillent des blessĂ©s souffrant d'intoxication et de contusions. Des femmes pleurent au loin. Des voisins sont descendus dans la rue, d'autres observent depuis leur fenĂȘtre.
L'origine de l'incendie n'a pas encore été élucidée. Les autorités ont évoqué l'éclairage à la bougie comme possible cause. Opulent quartier d'affaires au temps de l'apartheid, le centre de Johannesburg regorge aujourd'hui d'immeubles abandonnés souvent déconnectés du réseau électrique et exploités par des marchands de sommeil.
AFP

