Qui trouvera les arguments - et le ton - pour arrĂȘter la marche triomphante de l'exubĂ©rant Donald Trump dans les primaires rĂ©publicaines?<br>Les cinq candidats du "Grand Old Party" Ă la Maison Blanche se retrouvent jeudi Ă Houston (Texas) pour un dixiĂšme dĂ©bat crucial avant le "Super Tuesday", rendez-vous du 1er mars au cours duquel 11 Etats voteront, avec un quart des dĂ©lĂ©guĂ©s Ă la clĂ©.
L'affrontement, qui s'annonce houleux, débutera à 19H30 heure locale (01H30 GMT vendredi). Il sera retransmis en direct sur CNN.
Tour à tour hùbleur, moqueur ou menaçant, le milliardaire a trouvé un style qui séduit un partie de plus en plus large - et diverse - de l'électorat républicain et désarçonne ses rivaux, qui peinent à trouver la riposte, l'angle d'attaque.
Les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas), les deux seuls qui apparaissent encore en mesure de viser la victoire finale, savent qu'ils jouent trÚs gros sur cette seule soirée texane.
Le neurochirurgien retraitĂ© Ben Carson est toujours dans la course mais plus personne ne semble vĂ©ritablement lui prĂȘter attention.
Le gouverneur de l'Ohio John Kasich, qui porte un message plus modéré et moins sombre que ses rivaux sur l'état de l'Amérique, sait qu'il va faire l'objet de pressions croissantes pour se retirer afin que toutes les forces "anti-Trump" se rassemblent autour de la candidature Rubio.
"Les deux mois Ă venir vont ĂȘtre fantastiques", a lancĂ© l'homme d'affaires de 69 ans au soir de sa victoire dans le Nevada.
"Pour ĂȘtre honnĂȘte, nous n'aurons peut-ĂȘtre mĂȘme pas besoin de deux mois", a ajoutĂ© Donald Trump, bravache, Ă©voquant l'hypothĂšse d'un enchaĂźnement de victoires qui lui permettrait de rafler rapidement le nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s nĂ©cessaires pour dĂ©crocher l'investiture du parti Ă la convention de Cleveland, dans l'Ohio (nord), en juillet.
L'immigration devrait figurer en bonne place lors du débat jeudi dans cet immense Etat frontalier du Mexique.
Accusé d'avoir fait volte-face sur ce sujet, Marco Rubio, fils d'immigrés cubains, est la cible d'attaques récurrentes sur ce thÚme. AprÚs avoir soutenu en 2013 au Sénat un ambitieux projet de régularisations, il refuse aujourd'hui toute réforme en l'absence de mesures supplémentaires à la frontiÚre.
- Rubio Ă la traĂźne en... Floride -
L'ancien prĂ©sident mexicain Vicente Fox s'est mĂȘlĂ© au dĂ©bat jeudi en attaquant Donald Trump sur la principale proposition de son - maigre - programme: la construction d'un mur entre les deux pays.
Assurant qu'il n'entendait pas "payer pour ce putain de mur", il a appelé, sur la chaine Fusion, les Hispaniques vivant aux Etats-Unis à ne pas suivre ce "faux prophÚte".
Se déclarant outré par l'utilisation du mot, le magnat de l'immobilier a immédiatement réclamé sur Twitter des "excuses" de l'ancien dirigeant.
Fort de ses trois victoires consĂ©cutives (New Hampshire, Caroline du Sud, Nevada), et de son statut de grand favori des sondages, Donald Trump optera-t-il cette fois pour un ton moins polĂ©mique et plus "prĂ©sidentiel"? Maintenant que Jeb Bush, qui fut longtemps sa cible favorite, a quittĂ© le ring, va-t-il s'attaquer Ă Rubio avec la mĂȘme fĂ©rocitĂ©?
Quelques heures avant le début du débat, un sondage Quinnipiac a sonné comme une claque pour ceux qui, au sein du parti républicain, espÚrent encore faire barrage au milliardaire: Trump l'emporterait haut la main dans l'Etat de Marco Rubio, la Floride. Il raflerait 44% des voix parmi les électeurs républicains contre 28% seulement pour le sénateur Rubio.
"Si Rubio ne peut mĂȘme pas l'emporter dans son propre Etat, il est difficile d'imaginer comment il pourrait gagner ailleurs", a commentĂ© Peter Brown, l'un des auteurs du sondage.
La primaire de Floride, prĂ©vue le 15 mars, occupe une place Ă part dans la calendrier Ă©lectoral: c'est l'Etat le plus grand dans lequel l'intĂ©gralitĂ© des dĂ©lĂ©guĂ©s sont attribuĂ©s au candidat qui arrive en tĂȘte.
Au sein du parti républicain, certains tablent encore sur un long combat et s'accrochent à un scenario dans lequel deux ou trois candidats resteraient en course jusqu'à la convention de juillet, aucun n'ayant réussi à obtenir la majorité absolue des délégués, soit 1.237 sur 2.472.
Dans ce cas, aprÚs un premier tour, les délégués seraient libérés de leur engagement initial et pourraient voter pour le candidat de leur choix dans un second tour. Toutes les cartes seraient alors spectaculairement rebattues.
Par Séverine ROUBY - © 2016 AFP
