Actualités du monde

Donald Trump et la Maison Blanche: une ambition ancienne, une guerre éclair

  • PubliĂ© le 16 mars 2016 Ă  18:38
Le candidat républicain Donald Trump, le 13 mars 2016 lors d'un meeting électoral à Boca Raton, en Floride

Le succÚs politique de Donald Trump, une surprise? Pas pour l'homme d'affaires, qui se voit à la Maison Blanche depuis au moins trois décennies, et est en passe d'exécuter la premiÚre partie de son plan: remporter l'investiture du parti républicain en juillet.


- La genĂšse -
7 octobre 1999. Bill Clinton est Ă  la Maison Blanche. Donald Trump, sorti de plusieurs faillites, annonce briguer l'investiture prĂ©sidentielle du petit parti de la RĂ©forme. Le flamboyant promoteur immobilier, habituĂ© des tabloĂŻds, avait hĂ©sitĂ© en 1988, plaisantant qu'Oprah Winfrey pourrait ĂȘtre sa colistiĂšre. Cette annĂ©e-lĂ , il quitte le parti rĂ©publicain et dĂ©nonce Pat Buchanan en ces termes: "C'est un admirateur de Hitler. Je pense qu'il est antisĂ©mite. Il n'aime ni les Noirs, ni les gays".
Son discours est déjà populiste: "les républicains sont prisonniers de leur aile droite. Les démocrates sont prisonniers de leur aile gauche. Je n'entends personne parler des travailleurs hommes et femmes du centre", écrit-il alors.
Sa candidature fait long feu, il jette l'éponge quatre mois plus tard, rejetant évidemment la faute sur les autres, en l'occurrence le parti de la Réforme, "en pleine pagaille" selon lui.
- Les années Obama -
27 fĂ©vrier 2011. Quelle affaire: le prĂ©sident des Etats-Unis, Barack Obama, convoque une confĂ©rence de presse pour publier son acte de naissance et mettre fin aux rumeurs alimentĂ©es par Donald Trump sur sa naissance Ă©trangĂšre. "Nous n'avons pas de temps pour ce genre de bĂȘtises", se lamente-t-il. Trump triomphe: il a forcĂ© le prĂ©sident Ă  lui rĂ©pondre.
Barack Obama se venge deux mois plus tard au dßner des correspondants de la Maison Blanche, en humiliant l'homme d'affaires, assis à une table, et qui encaisse le visage fermé. "Le Donald", s'amuse Barack Obama, "peut maintenant enfin s'intéresser aux vrais problÚmes: avons-nous fait semblant d'envoyer un homme sur la Lune? Que s'est-il passé à Roswell?"
Mais son pouvoir de nuisance reste tel qu'il force le candidat républicain Mitt Romney à venir à Las Vegas pour obtenir son appui, devant les caméras, en 2012.
14 mars 2014. AprÚs avoir minutieusement préparé une candidature au poste de gouverneur de New York, l'homme d'affaires renonce. Trop risqué.
Mais il prĂ©vient sur Twitter: "J'ai des projets bien plus grands en tĂȘte --restez Ă  l'Ă©coute, ça se fera!"
- Le Blitzkrieg -
15 juin 2015. Jeb Bush se présente à la Maison Blanche. "A-t-on vraiment besoin d'un autre Bush à la Maison Blanche?", écrit Donald Trump sur Twitter.
Jeb Bush, fils et frĂšre de prĂ©sidents, ne sait pas ce qui l'attend: il est alors en tĂȘte des sondages.
Le lendemain: Donald Trump convoque la presse dans la tour Trump Ă  New York, il apparaĂźt sur son fameux escalator et annonce sa candidature.
Son slogan: "rendre à l'Amérique sa grandeur". Sa promesse: construire un "grand, grand mur" à la frontiÚre mexicaine. "Nous avons hùte d'en savoir plus sur ses idées pour le pays", raille une porte-parole du parti démocrate.
Le premier sondage le montrant en tĂȘte de la quinzaine de candidats est publiĂ© le 14 juillet par USA Today. "Donald Trump ne gagnera pas les primaires, il a trop de vulnĂ©rabilitĂ©s", assure sans ciller Ă  l'AFP Karlyn Bowman, du centre de rĂ©flexion conservateur American Enterprise Institute --cruelle citation, avec le recul, mais qui reflĂšte l'opinion ambiante.
Quand il arrive au premier dĂ©bat, le 6 aoĂ»t, les scandales sont dĂ©jĂ  lĂ©gion: il a accusĂ© le Mexique d'envoyer violeurs et criminels aux Etats-Unis, perdu ses liens avec NBC et Macy's, affirmĂ© que le sĂ©nateur et vĂ©tĂ©ran John McCain n'Ă©tait pas un hĂ©ros car il s'est fait capturer au Vietnam, insultĂ© ses rivaux. Il insinue qu'une journaliste de Fox News lui fut hostile car elle avait ses rĂšgles et se moque en privĂ© de sa rivale Carly Fiorina ("regarde cette tĂȘte! Qui voterait pour ça?").
Les "gaffes de trop" se suivent, et la courbe du Donald s'élÚve dans les sondages, 25 puis 30 puis 35%.
La classe politique n'en croit pas ses oreilles quand, le 7 décembre, il propose de fermer les frontiÚres aux musulmans.
Donald Trump remplit chaque creux par une tirade fracassante, il se contredit, retweete canulars et fausses informations, ne s'excuse jamais, et sa tĂȘte est du matin au soir sur les chaĂźnes d'informations, Ă©conomisant au candidat des dizaines de millions de dollars de publicitĂ©s.
- L'hallali -
1er février 2016. L'establishment du parti croit que Donald Trump n'est qu'un chùteau de cartes aprÚs sa deuxiÚme place dans l'Iowa. Las, il triomphe dans au moins 19 consultations sur 31. Jeb Bush, son plus fervent détracteur, a abandonné le 20 février.
Ses Ă©lecteurs ne vacillent pas, mĂȘme aprĂšs que Donald Trump cautionne la maniĂšre forte contre des manifestants.
"Un jour, ils comprendront, le jour oĂč on va tout rafler, ils comprendront", dit-il des "commentateurs" mardi en Floride, savourant sa vengeance.

- © 2016 AFP
guest
0 Commentaires