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En Iran, des élections vitales pour la poursuite de l'ouverture

  • PubliĂ© le 26 fĂ©vrier 2016 Ă  06:33
Un homme se tient à cÎté d'affiches électorales à Téhéran, capitale de l'Iran, le 25 février 2016

Quelque 55 millions d'Iraniens sont appelés aux urnes vendredi pour un double scrutin vital pour la poursuite de la politique d'ouverture du président modéré Hassan Rohani, qui espÚre renforcer son pouvoir face aux conservateurs.


Ces Ă©lections concernent deux instances dominĂ©es par les conservateurs, le Parlement et l'AssemblĂ©e des experts, composĂ©e de religieux chargĂ©s de nommer et au besoin de remplacer le guide suprĂȘme.
Les bureaux de vote seront ouverts de 08h00 à 18h00 heure locale (de 04h30 GMT à 14h30 GMT) et de premiers résultats partiels sont attendus sous 24 heures.
Ces élections sont les premiÚres depuis la conclusion en juillet d'un accord historique entre les grandes puissances et Téhéran sur le programme nucléaire iranien, qui doit permettre à la République islamique de sortir de son isolement et de relancer une économie affaiblie par prÚs de dix ans de sanctions internationales.
Certaines de ces sanctions ont été levées mi-janvier au moment de l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire, sur lequel le président Rohani, élu en 2013, mise pour inverser la tendance au profit de ses soutiens réformateurs et modérés, en particulier au Parlement.
Cela l'aiderait, notamment via les investissements étrangers attendus, à mettre en place une politique de réformes économiques et sociales avant la fin de son premier mandat en 2017.
AprÚs le désistement de derniÚre minute de quelque 1.400 candidats, les Iraniens auront à choisir parmi environ 5.000 prétendants, dont prÚs de 500 femmes, pour renouveler les 290 membres du Parlement et parmi 159 candidats, tous des hommes, pour pourvoir les 88 siÚges de l'Assemblée des experts.
Lors des derniÚres législatives, en 2012, la participation avait été de 64,2%. Les réformateurs avaient en partie boycotté ce scrutin pour protester contre la réélection qu'ils jugeaient frauduleuse du président populiste conservateur Mahmoud Ahmadinejad trois ans auparavant.
Ils sont cette annĂ©e prĂ©sents au rendez-vous Ă©lectoral mĂȘme si leurs principaux dirigeants ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s par le puissant Conseil des gardiens de la constitution, un organe conservateur qui a un droit de vĂ©to sur tout candidat Ă  des Ă©lections nationales en Iran.
Pour augmenter leurs chances et Ă©viter un Ă©parpillement des voix, ils ont fait alliance avec les modĂ©rĂ©s -dont certains peuvent ĂȘtre conservateurs- en prĂ©sentant une liste commune intitulĂ©e "Omid" ("Espoir").
- Non à "l'infiltration" étrangÚre -
Face Ă  eux, une grande coalition des conservateurs qui, en adĂ©quation avec la ligne du guide suprĂȘme Ali Khamenei, s'inquiĂštent d'un risque d'"infiltration" Ă©trangĂšre en Iran, tant sur les plans politique et Ă©conomique que culturel.
S'il a permis la conclusion de l'accord nucléaire, Ali Khamenei n'en demeure pas moins d'une grande méfiance à l'égard des puissances occidentales, en premier lieu les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Au dernier jour de la campagne mercredi, il a prÎné pour un Parlement fort face aux Etats-Unis. "Le peuple veut un Parlement courageux et dévot qui connaßt ses devoirs et n'est pas intimidé par les Etats-Unis", a-t-il dit.
Les anciens présidents Mohammad Khatami (réformateur) et Akbar Hachemi Rafsandjani (modéré) ont, eux, appelé les électeurs à voter massivement pour les candidats pro-Rohani afin de barrer la route "à l?extrémisme".
A l'AssemblĂ©e des experts, la candidature de Hassan Khomeiny, proche des rĂ©formateurs et petit-fils du fondateur de la RĂ©publique islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, a Ă©tĂ© rejetĂ©e au motif que ses "compĂ©tences religieuses" n'avaient pu ĂȘtre vĂ©rifiĂ©es.
M. Rafsandjani et le prĂ©sident Rohani sont eux-mĂȘmes candidats Ă  cette AssemblĂ©e et espĂšrent que ses figures les plus conservatrices seront battues. Si c'Ă©tait le cas, ce serait une victoire majeure pour eux.
Car cette AssemblĂ©e des experts, Ă©lue pour huit ans, pourrait ĂȘtre amenĂ©e Ă  dĂ©signer le successeur de l'ayatollah Ali Khamenei, ĂągĂ© de 76 ans.

Par Rob Lever, Sophie ESTIENNE - © 2016 AFP
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