En mai, la chaleur est restée la norme, sur terre comme pour les mers

  • PubliĂ© le 11 juin 2025 Ă  06:02
  • ActualisĂ© le 11 juin 2025 Ă  06:52
Un passant marche devant une peinture murale en pleine vague de chaleur Ă  Varanasi, en Inde, le 9 juin 2025

La chaleur est restée la nouvelle norme dans le monde au mois de mai, aussi bien sur terre que sur les mers, nombre d'entre elles connaissant toujours des températures "inhabituellement élevées" comme depuis plus de deux ans.

MĂȘme s'il est repassĂ© sous le seuil de 1,5°C de rĂ©chauffement par rapport Ă  l'Ăšre prĂ©industrielle, le mois dernier a Ă©tĂ© le deuxiĂšme mai le plus chaud dans le monde, juste derriĂšre mai 2024, selon l'observatoire europĂ©en Copernicus.

Il a été marqué par une température moyenne de 15,79°C, soit 0,12°C plus frais que le record enregistré il y a un an mais légÚrement plus chaud que mai 2020, qui se classe troisiÚme.

Idem pour les océans: avec 20,79°C en surface, le mois est aussi le deuxiÚme plus chaud de l'histoire récente, derriÚre mai 2024.

Mais ces températures sont restées "inhabituellement élevées" dans nombre de mers ou de bassins océaniques, observe Copernicus.

"De larges zones dans le nord-est de l'Atlantique nord, qui ont connu des canicules marines, ont enregistré des températures de surface record pour le mois. La plupart de la mer Méditerranée était beaucoup plus chaude que la moyenne", observent les experts.

La santé des océans est au coeur de la troisiÚme Conférence des Nations Unies qui leur est dédiée (UNOC) et se tient actuellement à Nice.

Les épisodes de canicule marine peuvent entraßner des migrations et des épisodes de mortalité massive d'espÚces, dégrader les écosystÚmes, mais aussi réduire la capacité des couches océaniques à se mélanger entre le fond et la surface, entravant ainsi la distribution des nutriments.

Les ocĂ©ans, qui recouvrent 70% de la surface du globe, agissent aussi comme un rĂ©gulateur majeur du climat terrestre. Des eaux plus chaudes entraĂźnent des ouragans et des tempĂȘtes plus violentes, avec leur cortĂšge de destructions et d’inondations.

Copernicus note que le printemps a été trÚs contrasté en Europe en termes de pluies. "Certaines parties de l'Europe ont connu leurs plus bas niveaux de précipitations et d'humidité des sols depuis au moins 1979", notent les experts.

Le printemps a battu plusieurs records climatiques au Royaume-Uni, et une sécheresse jamais vue depuis des décennies frappe aussi depuis plusieurs semaines le Danemark et les Pays-Bas, faisant craindre pour les rendements agricoles et les réserves en eau.

- "Bref répit" -

Le mois dernier s'est inscrit 1,40°C au-dessus de la moyenne des années 1850-1900, qui correspondent à l'Úre préindustrielle, avant que l'utilisation massive des énergies fossiles ne réchauffe durablement le climat.

"Mai 2025 interrompt une longue séquence inédite de mois supérieurs à 1,5°C" de réchauffement, souligne Carlo Buontempo, directeur du service du changement climatique de Copernicus (C3S): 21 mois sur 22 avaient auparavant franchi ce seuil symbolique, qui marque l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris.

"Cela offre peut-ĂȘtre un bref rĂ©pit pour la planĂšte mais on s'attend bien Ă  ce que le seuil de 1,5°C soit franchi de nouveau dans un avenir proche en raison du rĂ©chauffement continu du systĂšme climatique", a-t-il soulignĂ©.

Sur une période de douze mois (juin 2024-mai 2025), le réchauffement atteint 1,57°C par rapport à l'Úre préindustrielle.

Les températures évoquées dans l'accord historique de 2015 s'entendent toutefois sur de longues périodes, typiquement en moyenne sur 20 ans, permettant de lisser la variabilité naturelle d'une année sur l'autre. Les scientifiques considÚrent que le climat actuel est réchauffé d'au moins 1,3°C en moyenne.

Mais les scientifiques du Giec, les experts mandatés par l'ONU, prévoient qu'il y ait une chance sur deux de constater dÚs 2030-2035 que le climat est réchauffé de 1,5°C en moyenne.

Les scientifiques soulignent l'importance de contenir le plus possible le réchauffement climatique, chaque fraction de degré supplémentaire entraßnant plus de risques comme les vagues de chaleur ou la destruction de la vie marine.

Contenir le réchauffement à 1,5°C plutÎt qu'à 2°C permettrait ainsi de limiter significativement ses conséquences les plus catastrophiques, selon le Giec.

AFP

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