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Espionnage: Fabius mis sur écoute par le renseignement allemand

  • PubliĂ© le 12 novembre 2015 Ă  09:10
Le ministre français des Affaires étrangÚres Laurent Fabius le 10 novembre 2015 à l'Elysée à Paris

Les services secrets allemands ont espionné le ministre français des Affaires étrangÚres Laurent Fabius, affirme mercredi la radio publique allemande Berlin-Brandebourg (rbb), qui apporte de nouveaux détails dans l'affaire d'espionnage qui embarrasse depuis plusieurs mois la chancellerie allemande.


"Laurent Fabius a été mis sur écoute par le BND", les services de renseignement extérieurs allemands, souligne la radio sans préciser ses sources. Elle cite également parmi les cibles des écoutes allemandes la Cour internationale de justice de la Haye, l'Unicef, l'organisation mondiale de la santé (OMS), le FBI, la radio financée par les Etats-Unis Voice of America ou encore "de nombreuses d'entreprises européennes et américaines, dont l'entreprise d'armement Lockheed aux Etats-Unis".
D'autres médias allemands avaient déjà révélé ces derniers mois que les services de renseignement extérieurs allemands avaient espionné des pays alliés pour le compte de son équivalent aux Etats-Unis, la NSA, ainsi que pour son propre compte.
Le BND avait notamment été accusé d'avoir écouté pour le compte de l'agence de renseignement américaine NSA des responsables du ministÚre français des Affaires étrangÚres, de la présidence française et de la Commission européenne.
La radio berlinoise Ă©voque une liste de 900 pages de "sĂ©lecteurs" (numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone, emails, adresses IP) utilisĂ©s par le BND et Ă  laquelle ont eu accĂšs des dĂ©putĂ©s allemands membres de la commission d'enquĂȘte chargĂ©e de faire la lumiĂšre sur les opĂ©rations de surveillance.
"L'examen des sélecteurs du BND va encore durer des mois afin de clarifier pourquoi, quand et combien de temps étaient branchés les sélecteurs et qui a été dans le détail mis sur écoute", précise le média allemand.
A l'automne 2013, des informations sur la mise sur écoute d'un téléphone portable de la chanceliÚre Angela Merkel avaient notamment provoqué de fortes tensions entre Berlin et Washington. "L'espionnage entre amis, cela ne va pas du tout", avait alors déclaré Mme Merkel.
La chancellerie en Allemagne est chargée de contrÎler les activités des services secrets, ce qui la place dans une position particuliÚrement inconfortable.
Le gouvernement allemand a promis fin octobre un contrÎle renforcé de ses services de renseignement et de la coopération entre le BND et la NSA.
Il se refuse cependant systĂ©matiquement Ă  communiquer sur les rĂ©vĂ©lations de la presse en la matiĂšre, rĂ©servant ses rĂ©ponses Ă  une commission parlementaire créée Ă  cet effet. La porte-parole du gouvernement Christiane Wurz a nĂ©anmoins promis qu'une enquĂȘte aurait lieu Ă©tant donnĂ© que l'espionnage "de pays partenaires" ne faisait pas partie des attributions du BND.
Martin Schaefer, porte-parole du ministÚre allemand des Affaires étrangÚres, a indiqué lors d'un point presse régulier à Berlin mercredi qu'il "ne croyait pas" que ces révélations puissent porter un coup à la relation entre Laurent Fabius et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
Les deux ministres, qui doivent se rencontrer vendredi à Paris "se salueront trÚs amicalement et aborderont ensemble, comme toujours, les défis" du moment tels que la Syrie ou l'Ukraine, a-t-il précisé.

- © 2015 AFP
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