Dix ans aprĂšs, les handballeurs français se sont parĂ©s de lâor europĂ©en pour la quatriĂšme fois en domptant le Danemark (33-31) aprĂšs prolongation, dimanche en finale de lâEuro Ă Cologne.
PassĂ©e une dĂ©cennie dâattente, ils nâĂ©taient plus Ă dix minutes prĂšs. Les Bleus en sont donc passĂ©s par une prolongation, arrachĂ©e sur le mĂȘme score quâen demi-finale face Ă la SuĂšde (27-27).
"On gagne cet Euro, une compétition qu'on n'avait pas gagnée depuis dix ans, a savouré Ludovic Fabregas au micro de BeIN Sports. C'est magique (...) On est souvent derriÚre mais jamais trop décrochés. On a su tenir, on a su faire preuve de mental. L'équipe a su tenir, et aller en prolongation. (...) On a assumé nos responsabilités. C'est une victoire d'équipe"
Il restait trente secondes avant la fin temps rĂ©glementaire quand Ludovic Fabregas sâest retournĂ© pour fouetter les filets et porter les siens un peu plus loin dans cette finale mal embarquĂ©e.
Un autre de ses coups de poignet a envoyé la bande de Nikola Karabatic au contact (29-29) à la mi-temps de la prolongation avec la possession à venir.
Dika Mem, rĂ©veillĂ© par la sortie de Nielsen, a signĂ© ses premiers buts pour propulser les Bleus vers le titre europĂ©en. Le dernier trophĂ©e quâil manquait Ă la gĂ©nĂ©ration dâaprĂšs les Experts, la sienne et celle de Nedim Remili ou Ludovic Fabregas, dĂ©jĂ champions olympiques (2021) et du monde (2017).
Ces Bleus, qui en ont "marre d'ĂȘtre deuxiĂšmes, troisiĂšmes ou encore quatriĂšmes" et venus outre-Rhin "pour gagner", rĂ©pĂ©tait le vorace Remili, ont enfin escaladĂ© la derniĂšre marche.
Seul le titre olympique étant intervenu depuis sept ans et le sacre mondial de 2017.
"C'est un truc de ouf. Je m'en souviendrai toute ma vie. Je ressens de la joie, de tout. Tout ce qui se passe depuis six mois, souffle Samir Bellahcene sur BeIN Sports, qui a éprouvé sa premiÚre sélection il y a moins d'un an. C'est une récompense. J'espÚre qu'il y en aura d'autres."
CĂŽtĂ© Danois, leur gardien granitique Emil Nielsen (15 arrĂȘts), lâimpassibilitĂ© de Mikkel Hansen (9 buts) sur penalties et la magie de Mathias Gidsel (8/8) ont longtemps fait douter les Bleus.
- "Combat de titans" -
Mais ils nâont jamais pliĂ©, comme depuis le dĂ©but de lâEuro, ni face Ă eux ni face Ă la vague vermillon recouvrant la Kölnarena, la frontiĂšre Ă©tant Ă moins de six heures de voiture comme lâont rappelĂ© tout le week-end les nombreuses plaques minĂ©ralogiques siglĂ©es "DK" vues en ville.
"C'est énorme ce qui vient de se passer, ça a été un combat de fous, un combat de titans, lùche le sélectionneur Guillaume Gille. On arrive à trouver des ressources alors qu'on est malmené, et on trouve la lumiÚre dans cette prolongation qui a été étouffante."
Il sâen est fallu de peu pour que Nielsen sonne le glas: le dernier rempart danois a refoulĂ© les tireurs français. Mur marmorĂ©en de cet Euro (40% de tirs stoppĂ©s), Emil Nielsen a Ă©tĂ© lancĂ© dâentrĂ©e et privilĂ©giĂ© au monument Niklas Landin, ses 272 sĂ©lections et ses deux mĂ©dailles olympiques dans un pari payant du sĂ©lectionneur Nikolaj Jacobsen.
Et ce nâest sans doute pas un hasard si le mieux bleu est intervenu avec la sortie du Barcelonais, qui avait plongĂ© dans lâĂ©chec le Français Dika Mem (0/5) et lâentrĂ©e de Niklas Landin (3 arrĂȘts, 25%).
AFP




Bravo les bleus !