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Frappes américaines en Iran, les premières en un mois

  • Publié le 31 août 2026 à 06:54
Photo diffusée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central des Etats-Unis montrant le destroyer lance-missiles USS Michael Murphy en patrouille dans la mer d'Oman lors d'un blocus maritime, le 15 avril 2026

Les Etats-Unis ont mené dimanche des frappes sur l'île iranienne de Larak, les premières depuis un mois, déclenchant une riposte de Téhéran contre des cibles américaines en Jordanie.


Ces bombardements menacent de remettre en cause plusieurs semaines d'accalmie dans la guerre au Moyen-Orient, qui vient de passer le cap des six mois, alors que Donald Trump a affirmé privilégier la pression économique contre Téhéran.
"Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins, dans un communiqué transmis à l'AFP.
Ces frappes sont survenues après que des "forces des Gardiens de la Révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d'Ormuz", a-t-il indiqué.
L'attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l'agence iranienne de presse Tasnim.
Après avoir averti des "représailles", les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir attaqué des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie.
"Tout acte d'hostilité se heurtera à des représailles encore plus puissantes", ont-ils annoncé, cités par les médias d'Etat iraniens.
Les hostilités avaient perdu en intensité ce dernier mois, même si des échanges de tirs sporadiques s'étaient poursuivis dans la région, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.
Ce stratégique passage maritime par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran verrouillant son passage.
En réponse, les Etats-Unis conduisent un blocus des ports iraniens et se disent être prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux sur cette voie navigable essentielle", le Centcom affirmant dimanche avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".
- Pression économique -
La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington.
Le conflit a a ébranlé l'économie mondiale en entraînant notamment une envolée des prix du pétrole.
Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l'or noir sont repartis en hausse lundi matin en Asie, le baril de Brent, référence internationale, dépassant brièvement le seuil symbolique des 90 dollars.
En avril, un cessez-le-feu avait mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.
Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.
Face à une guerre de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis, et à l'approche des élections américaines de mi-mandat, l'administration Trump privilégie désormais la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a présenté lundi dernier un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.
M. Bessent dirigera lundi et mardi aux Etats-Unis une réunion de ses homologues des pays du G20, dont fait partie la Chine, partenaire économique majeur de Téhéran.
Pékin a déjà assuré vouloir défendre "fermement" ses intérêts et sa coopération avec l'Iran.
Le président chinois Xi Jinping participe par ailleurs lundi à un sommet régional de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont également attendus les présidents iranien Massoud Pezeshkian et russe Vladimir Poutine. La réunion de ce bloc régional au Kirghizstan doit accueillir également le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.
Même si Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques", Téhéran assure que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec les pressions économiques.

Par Gregg NEWTON avec Charlotte CAUSIT à Washington - © 2026 AFP
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