La Réunion exporte chaque année plus de 90% de sa production de sucre vers l'Europe. Mais dans les rouages de cette filière, de nombreuses petites pannes viennent impacter la chaîne. Des pannes certes, peut-être minimes, sur des infrastructures vieillissantes, qui s'ajoutent à la crise économique de la filière canne dans son ensemble (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Au terminal sucrier du Port, les petites pannes de machines sont fréquentes nous dit-on.
Alors qu'Imaz Press s'est rendu sur place, la tension était palpable. Une petite panne certes, mais de quoi mettre à l'arrêt toute une chaîne de conduite du sucre arrivé par camions des usines de l'est et du sud vers le navire vraquier.
VIDÉO
Du blanc du roux… en attente d'être exporté vers l'international, avec un petit peu de retard.
- De petites pannes récurrentes au terminal sucrier du Port -
Selon les échos entendus, les pannes fréquentes sont dû en partie à des machines vieillissantes, qui en dehors de la campagne sucrière, seraient peu entretenues et forcément, dès lors qu'elles sont remises en route pour traiter près de 15.000 tonnes de sucre pour un seul navire, terminent rapidement grippées.
Des pannes récurrentes mais minimisées par le Grand Port maritime. "Il n'y a rien d'anormal", nous dit-on. "Des petites pannes de tapis ou de goulottes mais rien de bien compliqué à gérer en interne par le service de maintenance." Même s'il est vrai "que la mise à disposition d'une nacelle pour réparer la goulotte du bras de chargement a pris plus de temps".
Concernant le manque d'entretien des machines, le Grand Port réfute. "Nous faisons beaucoup d'entretien sur ce site pendant toute la période que nous appelons intercampagne et la période de la campagne sucrière."
"Durant les six mois où il n'y a pas de réception de sucre, c'est le temps consacré à la maintenance du site", précise le Grand Port maritime de La Réunion.
Le Grand Port reconnaît toutefois "qu'il peut arriver qu'il y ait une petite panne par-ci, par-là, mais rien que nos équipes n'arrivent pas à gérer".
Il nous est précisé, "si la panne avait duré plus longtemps et que le navire ne partait pas, il n'y a pas d'alerte".
- Pas de changement de machines prévues au terminal sucrier du Port -
Le terminal sucrier du Port (situé au Port Ouest, quai 7) a été construit dans les années 1960 lors de la modernisation du port de la Pointe des Galets pour remplacer les anciens hangars de la fin du XIXe siècle.
Il est conçu pour stocker de grandes quantités de sucre brut (jusqu'à environ 140.000 tonnes selon les configurations historiques) destiné exclusivement à l'exportation en vrac vers l'Europe.
Géré par le Grand Port Maritime de La Réunion (GPMDR), il avait fait l'objet d'un appel à projet pour moderniser les infrastructures en 2021. Un projet global de 5,5 millions d'euros.
- La filière canne en panne -
Des pannes également fréquentes en début de chaîne de la filière canne. La dernière en date, le mercredi 29 juillet 2026, lorsque la réception des cannes à l'usine de Bois-Rouge tournait au ralenti en raison d'un dysfonctionnement de l’usine. Dans un communiqué envoyé à la presse, l'industriel Tereos a lui évoqué un ralentissement causé par la baisse de pureté des cannes livrées.
L'usine d'Albioma au Gol à Saint-Louis a elle aussi dû essuyer une casse et mettre un stop à la réception des cannes le temps de réparer la machine.
De quoi pénaliser les agriculteurs qui, depuis des années, vivent une véritable crise de la canne à La Réunion. Par des campagnes sucrières de plus en plus difficiles, des conditions climatiques extrêmes et une concurrence des pays non-européen.
Un rapport de la Cour des comptes européenne du lundi 26 janvier 2026 observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre.
Lire aussi - Aide à la tonne de canne : plus de 6 millions d’euros versés aux planteurs
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]
