Filière canne en crise : l'Upna appelle au blocage de l'usine de Bois-Rouge

  • Publié le 22 juillet 2026 à 06:44
  • Actualisé le 22 juillet 2026 à 06:50
Opération escargot

Quelques jours après le lancement de la campagne sucrière - qui avait déjà divisé la filière concernant la date idéale pour démarrer la coupe - les tensions sont toujours vives chez les planteurs. Ce mercredi 22 juillet 2026, Dominique Clain président de l’Upna, appelle au blocage de l'usine de Bois-Rouge à Saint-André (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

C'est un début de campagne difficile pour la filière canne. Devant faire face à des soucis d'organisation en interne suite à un désaccord sur la date de début de coupe, ce mardi 21 juillet un appel a été lancé par l'Upna pour bloquer l'usine de Bois-Rouge.

Dans une vidéo, Dominique Clain avait déjà amorcé l'idée et partagé sa colère. Assis au milieu de ses cannes coupées à la main, il manifeste son inquiétude devant l’avenir de la filière canne. "Lé inadmisib de travay kom nou la pou travay zordi. Là dan mi poz amwin la kèstyon, l’Éta kosa zot i fé ?", confie-t-il.

- Une situation financière compliquée pour la filière canne -

Le président de l’Upna, s’offusque notamment face au prix auquel sa tonne de cannes est achetée. "167 ton' de kann et mi lé payé à 10 euro la ton' de kann", affirme-t-il.

Le coupeur de canne partage également une situation financière difficile, que ce prix d’achat ne peut pallier. "Mi doi déja bokou d'arjan ben industrièl", confie-t-il. "I rès just pou pran mon térin, mon traktèr, lé remork et pui mi sava a la retrèt ma pass a ot shoz", surenchérit le président.

Dominique Clain s’interroge sur la fiabilité des lois soi-disant mises en place pour les agriculteurs notamment la loi EGAlim censée pouvoir permettre aux agriculteurs de calculer leur coût de production afin de fixer le prix auquel ils vendent leur production à l’industriel. "Aujourd’hui néna des lois aujourd’hui i appel la loi EGAlim, ou vend un produit et c’est ou qui dois les industriels", souligne le président. "Soi l’Éta i sov la filièr kann soi zot i soutien lé planteur é trouv un solusyon avek lé industrièl", demande-t-il.

- Les planteurs veulent être payés dignement - 

L’agriculteur rappelle qu’il ne souhaite pas s’enrichir mais qu’il voudrait simplement être recevoir son dû. "Pèye amwin in minimom mon 30 euro ma tonn de kann pou ke mi doi pa de l’argan a l’uzinn", précise-t-il.

En attendant de trouver une solution, Dominique Clain affirme qu’il va couper les cannes en fonction du gain qu’il va en tirer et cela à la main sans utiliser sa coupeuse. En effet, générant d’énormes coûts en carburant, en entretien, assurance, etc., il préfère la mettre à disposition d’autres agriculteurs : "mi sera oblijé mèt la koupeuz péi pou alé koup kann pou dot personn é si i pèy amwin vu la prestasyon mé mi koup se ke mi gingn a la min aprè nawar le rèst", conclut-il.

- La filière canne et sucre, une filière en pleine crise -

La filière canne est mise à mal ces dernières années. Par des campagnes sucrières de plus en plus difficiles, des conditions climatiques extrêmes et une concurrence des pays non européens.

Un rapport de la Cour des comptes européenne du lundi 26 janvier 2026 observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre. 

La guerre au Moyen-Orient n'arrange rien, avec le blocage du détroit d'Ormuz les transports maritimes dont les prix ont augmenté.

Lire aussi - Avenir de la filière canne à sucre : la CGPER appelle à une mobilisation d’urgence

Lire aussi - L'agriculture réunionnaise en crise : les professionnels mobilisés devant la préfecture à Saint-Denis

cs/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires