Importée à La Réunion au cœur du 18ème siècle, la canne à sucre occupe aujourd'hui près de 23.000 hectares cultivés. Culture principale, la campagne sucrière - qui s'étale de juillet à novembre - permet de produire près de 140.000 tonnes de sucre par an. Si 15.000 tonnes restent sur le marché local, le reste (soit 90%) est exporté. Ce qui fait de La Réunion, le premier producteur européen de sucre de canne. Toutefois, au fil des années, le tonnage diminue face à des conditions climatiques et des campagnes sucrières difficiles, mettant à mal la filière (Photo www.imazpress.com)
Plus de 90 % de la production sucrière réunionnaise est exportée en Europe continentale, ce qui représente 50% du total des exportations en valeur de l’île. Écoutez.
L'essentiel des produits exportés le sont vers l'Europe (Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas…), premier client de La Réunion.
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- À La Réunion, deux types de sucres de canne sont produits -
La Réunion produit et exporte deux types de sucre. Des sucres bruts, roux, envoyé par bateau vraquier – en étant placés directement dans la cale – pour être raffinés et devenir du sucre blanc. Ils représentent environ 50% de la production réunionnaise.
"Le sucre blanc est le sucre consommé majoritairement en Union européenne", à l'inverse de La Réunion qui privilégie le sucre roux, explique Sylvie Le Maire, déléguée générale du syndicat du sucre de La Réunion.
Autre envoi – qui représente 50% de l'export en volume – du sucre de spécialité, naturel, roux de canne, de qualité alimentaire. Ils correspondent à des marchés de niche haut de gamme.
"Ils sortent de l'usine de Bois Rouge ou du Gol dans des camions étanches puis mis dans des big bag de conditionnement de 25 kilos et expédiés en conteneurs", explique-t-elle.
Ils seront par la suite commercialisés directement auprès des consommateurs ou des industriels agroalimentaires", indique Sylvie Le Maire.
Des sucres allant du blond au brun foncé "en fonction de la cuisson du sucre, la granulométrie, l'humidité", dit-il. Le tout "devant respecter le cahier des charges du client".
Ces sucres – en fin de la chaîne de production – "tombent dans des camions étanches qui vont assurer le transport vers le centre de conditionnement du Port", explique Sylvie Le Maire. Une fois mis en sachets, "ils passent par des chaines de sécurisation, de criblage pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème", indique-t-elle. Écoutez.
C'est toute une chaine qui va s'assurer de la qualité finale du produit avant de les mettre dans des big bag de conditionnement de 25 kilos et d'expédier en conteneurs.
Ils seront par la suite reconditionnés en Europe pour que chaque client appose sa marque.
Ces sucres-là sont commercialisés "sur un tout petit marché qui représentant 30% du marché européen du sucre de spécialité", précise la déléguée générale du syndicat du sucre de La Réunion.
- Bientôt une indication géographique protégée pour le sucre de La Réunion -
Le label indication géographique protégée (IGP) - qui permet une reconnaissance à l’international - pourrait bientôt distinguer le sucre de La Réunion.
Un arrêté publié au Journal officiel du 1er février 2026 marque une étape décisive pour la filière canne-sucre réunionnaise. En effet, l’État vient d'homologuer le cahier des charges concernant la dénomination "Sucre de l’île de La Réunion", une étape clé avant la transmission du dossier à la Commission européenne pour une demande de reconnaissance en IGP.
Pour le sucre de La Réunion, l’IGP porterait sur tout le processus de production : de la culture de la canne à la commercialisation. L'objectif : valoriser l’origine et la qualité du sucre réunionnais.
Le dossier va désormais être examiné par la Commission européenne. La phase de validation peut durer de six mois à deux ans.
- La filière canne et sucre, une filière en pleine crise -
Le sucre de canne roux, spécialité de La Réunion, est pourtant mis à mal ces dernières années. Par des campagnes sucrières de plus en plus difficiles, des conditions climatiques extrêmes et une concurrence des pays non européen.
"Les pays hors Europe ont des cahiers des charges différents en termes de matière première et de conditions de production", indique Sylvie Le Maire. "Le problème est que cela crée un sentiment d'injustice parce que les producteurs européens doivent respecter des règles strictes", à l'inverse de leurs concurrents directs.
De plus les dernières campagnes sucrières ont mis en lumière les difficultés de la filière avec "des tonnages en baisse". "Ce n'est pas un bon signal", lance-t-elle, "car cela voudrait dire que nous aurions moins de capacités à exporter". Écoutez.
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Un rapport de la Cour des comptes européenne du lundi 26 janvier 2026 observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre.
La guerre au Moyen-Orient n'arrange rien, avec le blocage du détroit d'Ormuz les transports maritimes dont les prix ont augmenté.
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