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Coopération militaire

Front uni du G5 Sahel et de la France contre les jihadistes, Macron s'indigne des discours anti-français

  • PubliĂ© le 14 janvier 2020 Ă  01:35
  • ActualisĂ© le 14 janvier 2020 Ă  05:17
(De G à D) Les présidents mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, malien Ibrahim Boubacar Keita, tchadien Idriss Deby, Macron, nigerien Mahamadou Issoufou et burkinabÚ Roch Marc Christian Kabore lors d'une cérémonie à Pau le 13 janvier 2020

Confrontés à une escalade des attaques jihadistes, les présidents de cinq pays sahéliens et Emmanuel Macron ont convenu lundi de renforcer leur coopération militaire contre les jihadistes, tandis que le président français dénonçait avec colÚre des discours "indignes" anti-français portés notamment par des "puissances étrangÚres".

Comme le leur rĂ©clamait le prĂ©sident français, les dirigeants des pays G5 Sahel qu'il avait conviĂ©s Ă  Pau (sud-ouest de la France) ont signĂ© une dĂ©claration commune oĂč ils ont "exprimĂ© le souhait de la poursuite de l?engagement militaire de la France au Sahel". Une rĂ©ponse trĂšs attendue par Paris Ă  la montĂ©e du sentiment anti-français en particulier au Mali et au Burkina. Lors de leur confĂ©rence de presse commune lundi soir, ces derniers n'ont cependant fait aucun commentaire sur le sujet.

Les participants ont aussi convenu des évolutions stratégiques de la lutte anti-jihadiste, concentrant leurs efforts sur certains points, augmentant les efforts de formations des armées du Sahel et appelant tous les pays et partenaires souhaitant contribuer à participer à une "Coalition pour le Sahel".

Alors que les Etats-Unis envisagent un désengagement de leurs troupes en Afrique, les pays du G5 Sahel ont aussi "exprimé leur reconnaissance à l'égard de l'appui crucial apporté par les Etats-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité". "C'est un allié important que nous devons sauvegarder, a insisté le BurkinabÚ Roch Kaboré, président en exercice du G5 Sahel. Leur désengagement "serait une mauvaise nouvelle pour nous", a renchéri Emmanuel Macron. "J'espÚre pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme se joue aussi dans cette région", a-t-il déclaré.

Pour démontrer la détermination de la France, Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de 220 hommes supplémentaires, qui viendront renforcer les troupes françaises de Barkhane, déjà fortes de 4.500 hommes.

Lui qui avait évoqué un possible retrait des soldats français dans la région, critiqués par une partie des opinions publiques africaines, a assuré avoir été pleinement rassuré sur ce point par ses homologues africains.

InterrogĂ© par un journaliste malien qui rapportait les doutes d'une partie de la population de son pays sur les raisons de la prĂ©sence militaire française, Emmanuel Macron a dĂ©noncĂ© avec colĂšre les discours antifrançais. "Les discours que j'ai pu entendre ces derniĂšres semaines sont indignes" parce qu'ils servent d'autres intĂ©rĂȘts, "soit ceux des groupements terroristes, soit ceux d'autres puissances Ă©trangĂšres qui veulent simplement voir les EuropĂ©ens plus loin, parce qu'elles ont leur propre agenda, un agenda de mercenaires", a dĂ©noncĂ© le prĂ©sident français, dans une possible allusion notamment Ă  la Russie. "Moi je sais qui est tombĂ© pour la sĂ©curitĂ© des Maliennes et des Maliens, des NigĂ©riens et des BurkinabĂš: des soldats français", a-t-il martelĂ©, en rĂ©fĂ©rence aux 41 militaires français tuĂ©s au Sahel depuis 2013.

- "Commandement conjoint" -

Le président français et ses homologues africains - Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Déby (Tchad) - ont surtout décidé de davantage coordonner leur action militaire en la concentrant sur la zone des trois frontiÚres (Mali, Niger, Burkina), et en visant en priorité l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara).

Cette coordination s'effectuera "sous le commandement conjoint de la force Barkhane et de la force conjointe du G5 Sahel", prĂ©cise la dĂ©claration commune, qui Ă©voque aussi des mesures pour restaurer la prĂ©sence de l'Etat, des administrations et des services publics dans de vastes zones oĂč elle n'est plus, notamment au Mali, et la poursuite des efforts en matiĂšre d'aide au dĂ©veloppement, un des autres axes stratĂ©giques du G5.

Le sommet se concluait par un dßner de travail auquel s'est joint le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et le président du Conseil européen, Charles Michel. L'occasion pour les Africains et leur allié français de plaider pour un appui renforcé des Européens encore frileux à s'investir pleinement dans la lutte anti-jihadiste au Sahel.

Ce sommet s'est tenu au lendemain de l'annonce des pires pertes subies par l'armée nigérienne jeudi dans une attaque jihadiste: 89 soldats tués, dans le camp de Chinégodar, prÚs du Mali.

Selon l'ONU, plus de 4.000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Un nouveau sommet associant les Etats du G5 Sahel et la France se tiendra en juin 2020 à Nouakchott, "rendez-vous" pour faire le point sur la stratégie annoncée. "Il nous faut des résultats probants et rapides, nous jouons tous la crédibilité de chacun de nos pays et de la coalition", a conclu le président Kaboré.

AFP

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