Groenland et Danemark veulent rapidement rencontrer Rubio aprĂšs les menaces de Trump

  • PubliĂ© le 7 janvier 2026 Ă  00:37
  • ActualisĂ© le 7 janvier 2026 Ă  05:01
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, à Palm Beach aux Etats-Unis, le 22 décembre 2025

Le Groenland et le gouvernement danois appelaient mardi Ă  des pourparlers rapides avec les Etats-Unis pour dissiper des "malentendus", aprĂšs le renouvellement des revendications de Donald Trump sur l'annexion de l'Ăźle arctique, territoire autonome danois.

Nuuk et Copenhague ont demandé à rencontrer rapidement le secrétaire d'Etat américain pour "discuter des déclarations marquantes des Etats-Unis concernant le Groenland", a écrit sur Facebook la cheffe de la diplomatie groenlandaise Vivian Motzfeldt.

Son homologue danois Lars LÞkke Rasmussen a précisé que la demande avait été faite lundi.

Cette rĂ©union devrait ĂȘtre la premiĂšre du gouvernement groenlandais avec le secrĂ©taire d'Etat amĂ©ricain Marco Rubio, M. LĂžkke l'ayant lui dĂ©jĂ  rencontrĂ© en tĂȘte Ă  tĂȘte Ă  deux reprises.

L'idée avancée par Donald Trump de l'omniprésence de la Chine au Groenland compte parmi les incompréhensions à éclaircir.

"Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d'investissements chinois", a dit le ministre danois à la sortie d'une réunion avec la commission parlementaire des affaires étrangÚres sur la relation entre le royaume du Danemark - qui rassemble le Danemark métropolitain, les ßles Féroé et le Groenland - et les Etats-Unis.

Le président américain émet aussi des doutes quant à la capacité du Danemark à assurer la sécurité du Groenland, ce qui "repose sur une mauvaise lecture".

"Nous veillons sur le royaume", a insisté M. LÞkke, ajoutant qu'il n'était pas utile de "dramatiser" les choses.
le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces douze derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d'euros).

- Solidarité de l'Europe "toute entiÚre" -

Mardi dans la soirée, le président français Emmanuel Macron a dit ne pas imaginer les Etats-Unis "violer la souveraineté danoise".

Plus tÎt dans la journée, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne et le Royaume-Uni avaient dans une déclaration commune apporté leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump sur le Groenland.

Les ministres des Affaires Ă©trangĂšres nordiques ont Ă©galement soulignĂ© dans un communiquĂ© commun que les affaires concernant le Danemark et le Groenland devaient ĂȘtre tranchĂ©es exclusivement par le Danemark et le Groenland.

A Paris, oĂč elle a participĂ© Ă  un sommet des alliĂ©s de l'Ukraine, la PremiĂšre ministre danoise Mette Frederiksen s'est fĂ©licitĂ©e de cette dĂ©monstration de solidaritĂ©.

"Cela contribue en tout cas à souligner qu'il ne s'agit pas seulement d'un conflit avec le Royaume du Danemark (...) mais bien avec l'Europe toute entiÚre", a-t-elle dit à la télévision DR.

Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a lui aussi remercié les dirigeants européens de leur "soutien sans ambiguïté".

Plusieurs fois, le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a dit ne pas ĂȘtre Ă  vendre et dĂ©cider seul de son avenir.

A maintes reprises ces derniers jours, Donald Trump et son entourage ont répété, à la presse et sur les réseaux sociaux, leur intention de faire passer l'immense ßle arctique de 57.000 habitants sous drapeau américain.

Le Danemark - Groenland compris - est membre de l'Otan et une attaque américaine contre l'un des membres de l'Alliance signifierait "la fin de tout", notamment l'ordre de sécurité mondial établi à la fin de la DeuxiÚme guerre mondiale, a estimé la PremiÚre ministre danoise.

- "Pas acceptable" -

L'envoyé spécial pour le Groenland Jeff Landry, nommé fin décembre, a cherché mardi à calmer le jeu.

Selon lui, le président américain n'envisage pas d'utiliser la force pour prendre le contrÎle du Groenland.

"Je ne crois pas que ce soit de cela qu'il parle", a-t-il dit à la télévision américaine CNBC.

A Nuuk, le chef du gouvernement groenlandais a invitĂ© "les États-Unis Ă  engager un dialogue respectueux par les voies diplomatiques et politiques appropriĂ©es et Ă  recourir aux enceintes dĂ©jĂ  existantes, fondĂ©es sur des accords qui existent dĂ©jĂ ", aprĂšs avoir exhortĂ© la veille Ă  ne pas cĂ©der Ă  la "panique".

A travers la capitale, les Groenlandais estimaient que les commentaires de Donald Trump n'étaient "pas acceptables dans un monde civilisé".

"Nous demandons du respect pour notre pays et notre peuple. Nous sommes ouverts aux affaires et aux relations, mais uniquement sur la base du respect mutuel", a souligné le directeur de l'Association des entreprises du Groenland, Christian Keldsen.

AFP

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1 Commentaires
Georges Waschington
Georges Waschington
9 mois

Trump est un grand malade.
Comme Poutine.
Comme le président chinois.

On est en 2026, pas en 1756...