L'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoßt Hamon lance samedi à Paris le "mouvement du 1er juillet", une initiative dont l'ambition est de "refaire la gauche", observée avec une certaine indifférence voire méfiance par le reste du monde politique.
La socialiste Naima Charaï a ouvert la journée vers 14H30 devant environ 3.000 personnes (selon l'organisation) réunies sur la pelouse de Reuilly dans le XIIe arrondissement, malgré le temps couvert.
"Notre objectif, il est simple. Toutes celles et ceux qui sont ici pensent qu'il y a une majorité sociale dans ce pays qui vit sous la coupe d'une minorité sociale. Cette minorité sociale, c'est l'alliance qu'a réussie Emmanuel Macron de la vieille bourgeoisie et de la nouvelle bourgeoisie. Notre objectif c'est que la majorité sociale d'ici cinq ans, et pour commencer d'ici 2020 aux élections municipales, redevienne une majorité politique", a dit M. Hamon à la presse à son arrivée sur le site.
Au programme: des prises de parole de représentants de la société civile et du monde politique, un "procÚs citoyen" sur le thÚme de l'alimentation, des "ateliers" pour inventer "de nouvelles formes et de nouveaux outils pour reprendre le pouvoir". M. Hamon s'exprimera à 17H30 avant un moment plus festif.
Parmi les personnalités politiques présentes ou annoncées, pas de grandes surprises: les anciens ministres Philippe Martin et Dominique Bertinotti, les écologiste Yannick Jadot et Cécile Duflot étaient tous déjà présents au cÎté de M. Hamon durant sa campagne, qui s'est achevée au premier tour de la présidentielle le 23 avril sur un échec cuisant, avec seulement 6,4% des voix.
Des communistes seront également de la partie: le secrétaire départemental du PCF du Val-de-Marne Fabien Guillaud-Bataille et le fondateur de la Gauche unitaire Christian Picquet.
Des ténors appelés sans doute à jouer un rÎle dans la reconstruction du PS, tels les anciens ministres Matthias Fekl et Najat Vallaud-Belkacem ou la maire de Paris Anne Hidalgo, étaient en revanche absents.
La démarche de M. Hamon se veut "totalement ouverte" et veut "dépasser les partis". Il "propose de lancer à la rentrée de septembre un processus d'états généraux de toute la gauche (...) décentralisés, ouverts à toutes les composantes de la gauche politique, écologiste, citoyenne et sociale".
Sans prétendre à l'"hégémonie", assure-t-il: "le mouvement doit pouvoir participer à la reconstruction de la gauche, comme une poutre parmi d?autres d'une future maison commune".
- 'Larguer les amarres' -
M. Jadot, qui avait semblĂ© en mai vouloir ĂȘtre partie prenante, a depuis pris ses distances. "C'est une bonne idĂ©e, un bonne initiative. Mais ce mouvement de BenoĂźt Hamon, qui se revendique comme tel, est le mouvement de BenoĂźt Hamon. Ce sera un des piliers de la maison commune de la gauche. C'est une pierre Ă l'Ă©difice, mais ce n'est pas la maison commune", a-t-il soulignĂ© auprĂšs de l'AFP.
Sous couvert d'anonymat, un responsable d'EELV souligne que la relation de M. Hamon avec le PS reste "ambiguë", puisque "Benoßt Hamon s'en écarte mais qu'il laisse ses troupes dans le PS".
Du cÎté des communistes, on se montre sceptique face à l'ambition de M. Hamon d'organiser des états-généraux de la gauche dÚs septembre. "La gauche va se trouver sur le terrain des luttes, sur la loi travail, sur l'état d'urgence. Mais c'est trÚs optimiste de penser que dÚs septembre on sera en situation de se rassembler au-delà de ce qu'on fait aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Marie-Pierre Vieu, en charge au PCF des relations extérieures.
Au PS enfin, une certaine mĂ©fiance prĂ©vaut, mĂȘme parmi les anciens "frondeurs". "Affirmer une ambition individuelle, je ne suis pas sĂ»re que ce soit la meilleure maniĂšre de redĂ©marrer ce cycle politique (...) Il ne faut pas redĂ©marrer le cycle en donnant l'impression qu'on cherche un candidat pour 2022", a soulignĂ© l'ancien dĂ©putĂ© Laurent Baumel auprĂšs de l'AFP.
D'autres sont gĂȘnĂ©s du positionnement un "pied dedans, un pied dehors" de M. Hamon. "Il y a un besoin de clartĂ©: est-ce qu'il va rester dans cette zone grise ou nous dire je largue les amarres ?", s'est interrogĂ© l'ancien dĂ©putĂ© Eduardo Rihan-Cypel.
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AFP


