L'UE demande Ă  TikTok de changer son interface "addictive"

  • PubliĂ© le 6 fĂ©vrier 2026 Ă  15:35
  • ActualisĂ© le 6 fĂ©vrier 2026 Ă  16:52
La Commission européenne a demandé vendredi à l'application TikTok de changer son interface "addictive", accusée d'enfreindre la législation européenne sur le numérique, sous peine de s'exposer à de lourdes amendes.

La Commission européenne a demandé vendredi à l'application TikTok de changer son interface "addictive", accusée d'enfreindre la législation européenne sur le numérique, sous peine de s'exposer à de lourdes amendes.

L'UE, qui dispose de l'arsenal juridique le plus puissant au monde pour rĂ©guler le numĂ©rique, a ouvert il y a deux ans une enquĂȘte sur le rĂ©seau social, aux vidĂ©os ultra-courtes trĂšs plĂ©biscitĂ©es par les jeunes.

Bruxelles pointe du doigt des "fonctionnalitĂ©s addictives" qui "pourraient nuire au bien‑ĂȘtre physique et mental" des utilisateurs de l'application notamment des mineurs, incitĂ©s Ă  faire dĂ©filer les contenus et Ă  consulter leurs tĂ©lĂ©phones de façon "compulsive", y compris la nuit.

Ces fonctionnalitĂ©s, accusĂ©es d'ĂȘtre particuliĂšrement "addictives", sont dans son viseur:
- Le "scrolling", soit le défilement ininterrompu de contenus sur son application
- Le lancement automatique de vidéos
- L'envoi répété de notifications push

- "Protéger nos mineurs" -

"Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs", a lancé la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen.

"Ce n'est pas comme si TikTok ne reconnaissait pas du tout ce risque" addictif, a affirmé un responsable européen. D'aprÚs lui, TikTok mentionne bien le potentiel addictif de son application, "évalue ces risques".

Mais cela reste insuffisant au vu des lois européennes sur le numérique, a-t-il souligné.

Ces mĂȘmes rĂšgles qui sont rĂ©guliĂšrement critiquĂ©es par l'administration Trump et les patrons des rĂ©seaux sociaux.

Bruxelles accuse notamment TikTok de ne pas tenir compte "d'indicateurs importants sur l'utilisation compulsive de l'application", comme le temps passé sur la plateforme par les enfants pendant la nuit.

Elle estime que les fonctionnalitĂ©s de l'application pour limiter le temps d'Ă©cran sont trop "faciles Ă  ignorer" et regrette que le contrĂŽle parental nĂ©cessite trop d'Ă©tapes pour ĂȘtre mis en place.

TikTok peut désormais accéder au dossier de l'UE et se défendre contre ces accusations.

Bruxelles a soulignĂ© que la plateforme s'est jusqu'ici montrĂ©e "trĂšs coopĂ©rative" avec ses enquĂȘtes.

L'application s'expose Ă  terme Ă  une amende pouvant peser jusqu'Ă  6% de son chiffre d'affaires mondial annuel.

Elle n'a pas réagi dans l'immédiat à une sollicitation de l'AFP.

- Restriction d'Ăąge? -

Cette enquĂȘte de Bruxelles intervient alors mĂȘme que plusieurs capitales europĂ©ennes s'interrogent sur la possibilitĂ© d'interdire les rĂ©seaux sociaux pour les enfants ou jeunes adolescents.

L'Espagne et la France examinent des propositions en ce sens, provoquant de trÚs vives réactions des patrons des grandes plateformes.

Lors d'une conférence de presse vendredi, la commissaire européenne Henna Virkkunen a estimé que l'objectif était surtout de rendre ces plateformes sûres pour tous les utilisateurs, enfants compris.

"Les rĂ©seaux sociaux devraient ĂȘtre conçus de maniĂšre Ă  ĂȘtre si sĂ»rs qu'il ne devrait pas ĂȘtre nĂ©cessaire d'imposer des restrictions d'Ăąge aussi strictes", a-t-elle dĂ©clarĂ©.

TikTok est visĂ© en parallĂšle par une autre enquĂȘte de l'UE concernant des accusations d'ingĂ©rence Ă©trangĂšre lors des Ă©lections prĂ©sidentielles roumaines. Celle-ci est toujours en cours.

AFP

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