Etats-Unis

La Cour suprĂȘme valide le statut de 700.000 jeunes migrants, un revers pour Trump

  • PubliĂ© le 18 juin 2020 Ă  19:41
  • ActualisĂ© le 18 juin 2020 Ă  19:50
Des "Dreamers" sortent de l'audience Ă  la Cour suprĂȘme amĂ©ricaine, le 12 novembre 2019

La Cour suprĂȘme des Etats-Unis s'est attirĂ© jeudi les foudres de Donald Trump en validant le statut protecteur de 700.000 jeunes migrants, les "Dreamers", qu'il voulait supprimer.

ArĂšs avoir Ă©tendu lundi les droits des salariĂ©s homosexuels et transgenres, la plus haute juridiction des Etats-unis, pourtant profondĂ©ment remaniĂ©e par Donald Trump, a accordĂ© jeudi sa protection Ă  des jeunes migrants baptisĂ©s "Dreamers (rĂȘveurs), arrivĂ©s clandestinement aux Etats-Unis quand ils Ă©taient enfants.

"Avez-vous l'impression que la Cour suprĂȘme ne m'aime pas ?", a tweetĂ© le locataire de la Maison Blanche en dĂ©nonçant des dĂ©cisions "politiques et horribles".

Dans une dĂ©cision prise Ă  une courte majoritĂ© (cinq juges sur neuf), la Cour suprĂȘme a jugĂ© "arbitraire" et "capricieuse" la volontĂ© de l'administration rĂ©publicaine de mettre un terme Ă  un programme adoptĂ© en 2012 par le prĂ©sident dĂ©mocrate Barack Obama, qui empĂȘchait de les expulser.

Les jeunes concernés vont donc pouvoir se maintenir sur le sol américain et conserver les numéros de sécurité sociale, précieux sésame pour étudier, travailler, conduire... que leur avait accordé le président Obama.

"Je me préparais au pire", a réagi l'un d'eux, Jesus Contreras un professionnel de la santé de Houston, arrivé enfant du Mexique. "C'est bon de savoir qu'on est protégé et en sécurité, au moins pour l'instant", a-t-il dit à l'AFP.

Ces "Dreamers" étaient dans l'incertitude depuis l'élection de Donald Trump qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille. En 2017, il avait décidé de mettre un terme au programme de son prédécesseur, baptisé DACA, le décrétant "illégal".

Saisis en urgence, des tribunaux avaient suspendu sa décision, offrant un répit aux jeunes migrants qui, pour la plupart n'ont pas ou peu de liens avec leur pays d'origine.

- "Laide et cruelle" -

Le gouvernement avait alors fait appel jusqu'Ă  la plus haute juridiction qui a finalement dĂ©cidĂ© de lui donner tort pour des raisons de procĂ©dure. "Nous ne nous disons pas si DACA ou sa suppression Ă©taient des politiques fondĂ©es. La +sagesse+ de ces dĂ©cisions +n'est pas de notre ressort+", Ă©crit dans l'arrĂȘt le chef de la Cour John Roberts, qui a joint sa voix Ă  ses quatre collĂšgues progressistes.

"Nous avons seulement cherché à savoir si le gouvernement avait suivi les obligations de procédure et fourni une explication raisonnée à son action", a-t-il poursuivi. Et dans ce dossier "il a échoué", a-t-il conclu.

Si cette décision a déclenché la colÚre de la Maison Blanche, elle a été immédiatement saluée par l'opposition démocrate, le monde économique et la société civile.

"La décision de Trump de suspendre le programme DACA était l'une des plus laide et cruelle jamais prise par un président et il a perdu", a tweeté le sénateur Bernie Sanders, en félicitant les Dreamers et leurs soutiens pour cette "énorme victoire".

"Notre nation dépend de professionnels talentueux comme les bénéficiaires du DACA", a renchéri l'association TechNet qui représente des employeurs du secteur des hautes technologies. Pour la grande association de défense des droits civiques ACLU, cette décision "confirme ce que nous avons toujours su: l'Amérique est leur pays".

- Pandémie -

Les défenseurs de ces jeunes ont, tout au long de la procédure, insisté sur l'importance de leur contribution à la vie des Etats-Unis. En avril, ils avaient transmis un nouvel argumentaire à la Cour pour souligner le rÎle joué par ces jeunes migrants dans la réponse à la pandémie de Covid-19.

"Environ 27.000 bénéficiaires du programme DACA sont des professionnels de la santé, dont des infirmiers, des dentistes, des pharmaciens, des aide-soignants, des aides à la personne... et environ 200 sont des étudiants en médecine, des internes ou des médecins", avaient-ils souligné, en mettant en garde contre l'impact "catastrophique" de la fin du programme DACA.

De son cĂŽtĂ©, Donald Trump, conscient de leur popularitĂ© dans l'opinion publique, a toujours soufflĂ© le chaud et le froid sur les "Dreamers". "Beaucoup de bĂ©nĂ©ficiaires de DACA, plus tout jeunes, sont loin d'ĂȘtre des +anges+. Certains sont des criminels endurcis", avait-il tweetĂ© le jour de l'audience, le 12 novembre, tout en promettant de chercher une solution pour qu'ils puissent rester sur le sol amĂ©ricain.

Dans le passé, il avait essayé de les utiliser comme monnaie d'échanges avec son opposition, proposant de leur accorder un statut définitif en échange de financements pour son mur à la frontiÚre avec le Mexique.

 AFP

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