Cour d'assises : un couple jugĂ© pour maltraitance grave sur ses trois enfants

  • PubliĂ© le 2 juin 2026 Ă  10:56
  • ActualisĂ© le 2 juin 2026 Ă  10:58
tribunal cour d'appel

(Actualisé) Dossier difficile pour cette premiÚre affaire de la 6Úme session de la Cour criminelle de La Réunion. En effet, depuis ce lundi 1er juin 2026, c'est un douloureux dossier de "bébé secoué" et de maltraitances sur mineurs qui est soumis aux magistrats de la Cour. Dans le box, un jeune couple doit répondre de plusieurs faits. C'est le pÚre de famille, détenu, qui encourt la plus lourde peine, avec 20 ans de réclusion criminelle, tandis que la mÚre, libre, des trois petites victimes, risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. Le verdict sera connu jeudi dans la journée. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

"Ce n'est pas seulement un dossier de bĂ©bĂ© secouĂ© avec quelqu'un qui "pĂšte un cĂąble" une fois. Les trois enfants ont subi des violences depuis longtemps. MĂȘme les infirmiĂšres du service pĂ©diatrique du CHOR ont Ă©tĂ© choquĂ©es par les marques dĂ©couvertes sur les enfants", explique d'emblĂ©e la militaire de la brigade de recherche de Saint-Paul chargĂ©e de l'enquĂȘte.

Lui, V.B. est né en 1997, elle, A.A. en 2002. Ils se rencontrent au début des années 2020. Un premier enfant, un garçon, né rapidement.

Au moment des faits, en avril 2023, il a 21 mois. Puis la jeune femme tombe de nouveau enceinte. Elle accouche de jumelles, prématurées, le 31 janvier 2023. Si la personnalité des deux jeunes sera examinée mercredi ou jeudi, on sait déjà que le jeune homme, qui travaille, est addict aux jeux vidéo tandis que la jeune femme, de nouveau enceinte, "s'occupe" des enfants. Depuis la naissance des jumelles, et grùce aux 2900 euros d'allocations, la famille emménage dans un maison des hauts de Saint-Paul.

Le 5 avril, la grand-mĂšre maternelle de la jeune femme dĂ©cĂšde. TrĂšs proche de celle-ci, elle est fortement marquĂ©e par le dĂ©cĂšs. Lors de la veillĂ©e, le petit garçon est pris d'une crise d'asthme. Il est hospitalisĂ© au service pĂ©diatrique du CHOR. La jeune femme demande alors Ă  la marraine de l'une des petites, mais aussi Ă  sa petite sƓur de s'occuper des deux jumelles. Si la sƓur de la prĂ©venue de remarque rien, il n'en est pas de mĂȘme pour la marraine.

"J'ai remarquĂ© des traces sur la petite", explique-t-elle. "J'ai mĂȘme fait une vidĂ©o que j'ai envoyĂ© Ă  la mĂšre pour avoir une explication. Elle m'a simplement dit que les petites avaient dĂ» se griffer mutuellement".

Quelques jours plus tard, le 9 avril, A.A demande de nouveau Ă  la marraine de rĂ©cupĂ©rer les deux petites pour quelques jours. "Le 10 avril vers 11 heures 30, la marraine arrive chez le couple", raconte la directrice d'enquĂȘte qui a auditionnĂ© la marraine.

"Le pĂšre est prĂ©sent tandis que la mĂšre est Ă  l'hĂŽpital pour voir son fils. Dans la maison, la climatisation est Ă  fond. Les deux petites sont dans un Ă©tat lamentable. Elles sont gelĂ©es, elles ne semblent pas avoir mangĂ©, elles n'ont pas Ă©tĂ© changĂ©es, l'une des petites est mĂȘme atteinte de tremblements. ArrivĂ©e chez elle, la marraine change les fillettes, leur donne le biberon, les douches et surtout, elle tente de les rĂ©chauffer. Mais, l'une des petites est toujours prise de tremblements.", continue-t-elle.

"A 16 heures 30, elle décide d'amener la fillette aux urgences. Le médecin détecte immédiatement des violences et le syndrome du bébé secoué. Elle est immédiatement hospitalisée, son pronostic vital engagé (les lésions subies par les trois petites victimes seront détaillées aujourd'hui par le médecin légiste). Elle est ensuite transférée en urgence au CHU de Saint-Pierre au sein du service neurologique. L'autre jumelle est elle aussi hospitalisée. Une nouvelle fois, les médecins constatent de nombreuses lésions, dont de nombreuses fractures", raconte encore la militaire.

- Une petite fille polytraumatisée -

Un signalement est effectuĂ© par l'hĂŽpital et une enquĂȘte prĂ©liminaire est ouverte. Le couple ainsi que la petite sƓur de A.A et son petit ami sont placĂ©s en garde Ă  vue. AprĂšs 48 heures, la jeune sƓur et son compagnon sont prĂ©sentĂ©s Ă  un magistrat instructeur et mis en examen pour non dĂ©nonciation de maltraitance.

V.B est mis en examen pour violence ayant entraßné une infirmité permanente sur mineur de 15 ans, par ascendant et trois autres chefs d'inculpation. Il est ensuite incarcéré. Quant à A.A, elle est mise en examen pour trois chefs d'inculpation dont violence ayant entraßné une ITT supérieure à 8 jours sur mineur de 15 ans et par ascendant. Elle est placée sous contrÎle judiciaire.

Lors de l'instruction, le jeune homme reconnaßtra effectivement avoir secoué l'une des petites et de les avoir, toutes les deux, fermement serrées au niveau des cÎtes. Les trois enfants ont été placés dans des familles d'accueil. Le garçon dans une famille et les deux jumelles dans une autre.

Ce lundi, à la demande du Président Alzingre, la responsable juridique de l'ARAJUFA (l'association en charge des trois enfants) fait un point global.

"C'est difficile pour le petit garçon. Il a changé trois fois de famille d'accueil car il était trÚs agressif. Depuis le début de l'année, cela semble aller mieux. Il est suivi par un pédopsychiatre qui semble avoir trouvé une traitement qui parvient à la calmer et à le canaliser.  Oui, c'est un petit garçon d'à peine 5 ans qui est déjà obligé de prendre des médicaments", constate-t-elle en enchaßnant sur la jumelle la moins "traumatisée". 

"Elle a fait beaucoup de progrĂšs. Cependant, elle ne parle pas beaucoup. Elle ne comprend pas pourquoi sa sƓur a plus d'attention qu'elle. Normalement, elle ne veut pas aller Ă  l'Ă©cole. Elle ne peut pas rester seule sinon, elle fait des crises d'angoisse.  Elle a un suivi psychologique une fois par semaine, mais elle n'a aucune sĂ©quelle physique".

Malheureusement, ce n'est pas le cas de sƓur jumelle. "Elle est polytraumatisĂ©e", explique la responsable juridique de l'association. "Elle ne peut mĂȘme pas tenir seule son biberon. Tout son cĂŽtĂ© droit est paralysĂ©. Elle commence seulement Ă  pouvoir s'asseoir. Elle ne peut manger que des aliments mixĂ©s. Pour l'instant, on sait qu'elle aperçoit les objets aux couleurs vives ou qui bougent. Mais, on ne sait pas si les deux yeux sont atteints ou un seul. Elle commence Ă  dire quelques mots mais actuellement, on ne peut pas dire comment sera son Ă©volution", termine-t-elle.

Ce mardi, la Cour entendra le médecin légiste qui détaillera avec précision les lésions subies par les trois petites victimes. Plusieurs témoins viendront aussi déposer, mais surtout, la parole sera donnée aux deux jeunes qui devront s'expliquer sur les faits qui leur sont reprochés.

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2 Commentaires
SystĂšme
SystĂšme
4 jours

Pas de surprise Ă  attendre le max pour le PÈRE (normal) et rien pour la gĂ©nitrice comme pour l’ affaire Élliana elle sera dĂ©fendue par les associations

Clara
Clara
4 jours

2 jeunes .. faut pas abuser . Le pÚre aura 30 ans l'an prochain .. Heureusement que la marraine était là .croisons les doigts pour l'avenir de ces 3 petits bouts .