Finances

La crise de la dette domine la réunion des grands argentiers du G20

  • PubliĂ© le 17 juillet 2023 Ă  10:13
  • ActualisĂ© le 17 juillet 2023 Ă  14:23
La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman lors du G20 Finances, le 17 juillet 2023 Ă  Gandhinagar, en Inde

Les ministres des Finances et des banques centrales du G20 ont entamé lundi leurs discussions sur les accords de restructuration de la dette, la réforme des banques multilatérales et le financement de la lutte contre le changement climatique, visant à soutenir une économie mondiale en perte de vitesse.

La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, qui préside et accueille la réunion à Gandhinagar, dans l'Etat du Gujarat (ouest), a ouvert les débats en rappelant aux dirigeants financiers qu'ils avaient "la responsabilité d'orienter l'économie mondiale vers une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive".

L'un des points clĂ©s au menu de ces deux jours sera de "faciliter le consensus sur les questions insolubles liĂ©es Ă  l'augmentation de l'endettement", a dĂ©clarĂ© Mme Sitharaman plus tĂŽt lundi, en s'adressant Ă  la presse aux cĂŽtĂ©s de Janet Yellen, secrĂ©taire d'État au TrĂ©sor des États-Unis.

Les discussions porteront également sur "des questions mondiales cruciales telles que le renforcement des banques multilatérales de développement et l'adoption d'une action climatique coordonnée", a ajouté Mme Sitharaman.

Mme Yellen a également évoqué les efforts déployés pour lutter contre le surendettement des pays les plus pauvres du monde, en notant les progrÚs réalisés en matiÚre de restructuration de la dette en Zambie, dont elle avait discuté lors de sa visite à Pékin ce mois-ci.

La Chine, deuxiÚme économie mondiale et principal bailleur de fonds de plusieurs pays d'Asie et d'Afrique en proie à des difficultés et à faible revenu, s'est jusqu'à présent opposée à l'adoption d'une position multilatérale commune sur la question, ont indiqué des responsables.

Janet Yellen, en marge des discussions du G20 dimanche, a soulignĂ© que l'accord avec la Zambie avait Ă©tĂ© "trop long Ă  nĂ©gocier" et ajoutĂ© espĂ©rer que le traitement de celle du Ghana et du Sri Lanka pourrait ĂȘtre "finalisĂ© rapidement".

"Nous devrions appliquer à d'autres cas les principes communs que nous avons adoptés dans celui de la Zambie, plutÎt que de repartir à zéro à chaque fois", a déclaré Mme Yellen.

Selon un haut fonctionnaire de l'Inde, qui préside le G20, Pékin n'a pas réagi de maniÚre trÚs encourageante sur la question de la dette commune.

Plusieurs économies en difficulté aprÚs le double choc de la pandémie de coronavirus et des conséquences de la guerre de la Russie en Ukraine (qui affecte les cours mondiaux des carburants et des matiÚres premiÚres) "atteignent un point de rupture", a ajouté le fonctionnaire.

Pékin est un créancier important dans certains de ces cas et a été critiqué pour sa position sur la restructuration de leur dette.

- Le coût du changement climatique -

Le G20 discutera aussi de la réforme des banques multilatérales de développement, de la réglementation des crypto-monnaies et de la nécessité de faciliter l'accÚs des pays les plus pauvres aux financements destinés à atténuer les effets du changement climatique et à s'y adapter.

"Dans les pays du Nord, le changement climatique est synonyme de réduction des émissions" de CO2, a déclaré Ajay Banga, le nouveau président de la Banque mondiale, dans une tribune publiée cette semaine à l'approche de la réunion.

"Mais dans les pays du Sud, c'est une question de survie", a-t-il poursuivi, "car les ouragans sont plus violents, les semences résistantes à la chaleur sont rares, la sécheresse détruit les fermes et les villes, et les inondations emportent des décennies de progrÚs".

La premiĂšre Ă©tape d'un accord sur une rĂ©partition plus Ă©quitable des recettes fiscales provenant des entreprises multinationales, conclu la semaine derniĂšre par 138 pays, devrait Ă©galement ĂȘtre mise en Ɠuvre.

Les multinationales, en particulier les entreprises technologiques, sont actuellement en mesure de transfĂ©rer facilement leurs bĂ©nĂ©fices vers des pays Ă  faible taux d'imposition, mĂȘme si elles n'y exercent qu'une petite partie de leurs activitĂ©s.

Toutefois, les pays développés membres du G7 craignent que l'accent mis sur l'invasion russe ne fasse dérailler l'accord final, bien que Mme Yellen ait dit dimanche "récuser l'idée d'un troc" entre l'aide à l'Ukraine et celle dédiée aux pays en voie de développement.

Dimanche, le ministre japonais des Finances, Shunichi Suzuki, a "reconfirmé le soutien inébranlable du G7" à l'Ukraine, ajoutant que Moscou devra également "payer les coûts de reconstruction à long terme".

Toute discussion sur le soutien Ă  l'Ukraine est quelque peu inconfortable pour l'Inde, hĂŽte du G20, n'ayant jusqu'Ă  prĂ©sent pas condamnĂ© l'invasion russe, mĂȘme si elle est membre de l'alliance Quad aux cĂŽtĂ©s de l'Australie, des Etats-Unis et du Japon.

AFP

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