"Arbeit fĂŒrs leben, du travail pour la vie", les 1.600 salariĂ©s inquiets de l'usine Bosch de Rodez ont accueilli vendredi avec ce message dans les deux langues la direction du groupe allemand, alors que leur site semble menacĂ©.
Uwe Gakstatter, le responsable de la division Powertrain de Bosch, a déclaré à son arrivée aux salariés qu'il viendrait leur parler à l'issue de la réunion avec leurs représentants et la direction de l'usine d'Onet-le-Chateau, en périphérie de Rodez, qui a débuté en fin de matinée.
Deux heures plus tÎt, une délégation du groupe dirigée par M. Gakstatter a été reçue à la préfecture de région pour présenter son plan pour l'avenir du site, devant les élus locaux, des représentants de Bercy, les parlementaires de l'Aveyron et la présidente PS du conseil régional, Carole Delga.
Une banderole a été déployée sur le bùtiment: "Bosch Rodez, Hier 2.400 emplois, Aujourd'hui: 1.600 emplois. Demain combien en restera-t-il? Ici, le diesel moderne fait vivre tout un département".
L'intersyndicale de l'usine Bosch de Rodez a mis rĂ©cemment l?Ătat en garde face au "dĂ©sastre Ă©conomique" que reprĂ©senterait la fermeture de ce site, oĂč entre 300 Ă 800 emplois sont menacĂ©s Ă court terme, selon elle.
Selon les syndicats, ce sont au total entre 8.500 et 10.000 emplois induits qui pourraient ĂȘtre impactĂ©s si le sites disparaissait.
L'équipementier allemand doit moderniser ses deux lignes pour pouvoir fabriquer des injecteurs diesel nouvelle génération, la technologie actuelle devant "disparaßtre à l'horizon 2020/2021", avait expliqué le responsable syndical SUD.
- Renault principal client du site-
Selon Lionel Issalys, délégué syndical CFE-CGC, les investissements prévus pour moderniser le site ont été différés aprÚs la décision de Renault qui a décidé en 2017 "de ne pas passer à la norme Euro 7 immédiatement". Or le groupe automobile français absorbe 90% de la production de cette usine.
"On demande aux constructeurs français d'exiger que Bosch produise l'essentiel des équipements qui leurs sont destinés, à l'image de ce que demandent les constructeurs allemands chez eux", a déclaré à l'AFP Lionel Issalys.
Selon les syndicats, Bosch aurait indiquĂ©, qu'en raison de la baisse des ventes des vĂ©hicules diesel, il Ă©tait en capacitĂ© de rĂ©pondre Ă la demande avec ses autres sites, notamment son usine en Turquie oĂč d'importantes capacitĂ©s de production ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es.
Le ministre de l?Ăconomie Bruno Le Maire avait annoncĂ© le 19 janvier qu'il allait demander au PDG de l'Ă©quipementier "un nouvel investissement" dans l'usine de Rodez lors du sommet sur l'attractivitĂ© organisĂ© par Emmanuel Macron Ă Versailles.
Une AG des syndicats est prévue en début d'aprÚs-midi aprÚs une rencontre avec les représentants de la direction. Les syndicats doivent ensuite tenir une conférence de presse. Un point presse de la direction France est également prévu dans l'aprÚs-midi.
La "filiĂšre diesel" emploie directement 12.000 personnes en France.
Pour la premiÚre fois depuis l'an 2000, le diesel a représenté l'an dernier moins de la moitié du marché automobile français, contre prÚs des trois-quarts à son apogée, en 2012.
Cette dégringolade du marché des voitures diesel, une motorisation encore encensée il y a cinq ans et désormais décriée, met au défi les groupes automobiles et l'ensemble de la filiÚre qui doivent revoir à la hùte leur organisation industrielle.
Par Harumi OZAWA - © 2018 AFP


