Nouvelles technologies

La tech, le remĂšde triomphant des quarantaines du coronavirus

  • PubliĂ© le 8 mars 2020 Ă  10:34
  • ActualisĂ© le 8 mars 2020 Ă  15:14
Un livreur conduit son véhicule électrique dans une rue désertée de Pékin le 3 mars 2020

D'ordinaire accusées de nuire à la convivialité, les technologies pourraient redorer leur blason grùce à la crise du coronavirus et aux quarantaines qui font la part belle aux activités et "réunions" à distance.

Travail depuis son salon, tĂ©lĂ©mĂ©decine, sport via des applications ou des objets connectĂ©s, divertissement en streaming, socialisation sur les rĂ©seaux et livraison Ă  domicile... Il n'a jamais Ă©tĂ© aussi facile et confortable de s'isoler -- surtout dans les grandes villes et les foyers aisĂ©s. "L'ironie, c'est qu'avec le coronavirus de nombreuses technologies, habituellement trĂšs critiquĂ©es, sont devenues des refuges oĂč l'on se sent en sĂ©curitĂ©", remarque Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insights and Strategy.

En Chine, en Corée du Sud et ailleurs, les services accessibles via le cloud (informatique à distance) explosent. Alors que les marchés financiers plongent, "l'action de Zoom a bondi de 40% en février, grùce à la forte demande pour les technologies de collaboration à distance", note Morris Garrard, analyste chez Futuresource, ajoutant que le spécialiste de la vidéo-conférence n'avait jamais acquis autant de nouveaux utilisateurs en si peu de temps.

- Bas les masques -

Sur la cÎte Ouest des Etats-Unis, plusieurs grands groupes (Amazon, Microsoft, Google...) ont recommandé à leurs employés de travailler de chez eux, surtout dans la région de Seattle, un foyer américain du Covid-19.

Dans ce contexte, les messageries dédiées aux employés des entreprises, comme Slack ou Workplace (Facebook), prennent tout leur sens. Alors qu'à l'origine, c'était surtout les startups démunies qui y avaient recours, pour économiser des frais immobiliers et matériels. "Ces outils permettent de sociabiliser avec ses collÚgues, un peu comme à la machine à café, mais aussi de produire et échanger des informations sur les projets en cours, y compris avec les clients", détaille David Bchiri, directeur de la société de conseil Fabernovel aux Etats-Unis.

Avec une bonne connexion, les visioconfĂ©rences Ă  10 ou 20 participants Ă©chappent dĂ©sormais aux arrĂȘts pixelisĂ©s sur image et autres soucis de synchronisation. A San Francisco, certaines Ă©coles ont dĂ©jĂ  prĂ©venu les parents d'Ă©lĂšves qu'elles pourraient assurer des cours Ă  distance en cas de fermeture.

Les entreprises de réalité virtuelle (VR) voudraient aller encore plus loin, alors que les salons professionnels sont annulés ou remplacés par des conférences numériques. Le groupe taïwanais HTC a ainsi annoncé vendredi que les participants à sa conférence sur Vive, sa marque de VR, pourraient y assister via des casques -- et sans masques! -- en immersion virtuelle.

La VR, encore coĂ»teuse, n'est pas prĂȘte Ă  intĂ©grer tous les salons. Mais "les employĂ©s et consommateurs vont ĂȘtre plus exposĂ©s que d'habitude Ă  ces technologies Ă©mergentes", souligne Morris Garrard. Les cas d'usage nĂ©s de l'Ă©pidĂ©mie contribueront peut-ĂȘtre Ă  un regain d'investissements dans le secteur.

- Bouger son corps -

Le streaming (vidéo, musique, jeux...) et les réseaux sociaux ont aussi le vent en poupe. "Je n'ai jamais été aussi contente d'avoir tous ces filtres idiots et options de réalité augmentée sur mon téléphone", s'amuse Dawn Rose Kearn, une professeure de danse qui s'est calfeutrée chez elle à San Francisco pendant une semaine à cause de symptÎmes grippaux. "Les +stories+ Instagram, c'était parfait pour me distraire de la fiÚvre et rester en contact".

En Chine, des centaines de personnes privĂ©es de sortie se sont filmĂ©es en simultanĂ© pour participer Ă  des soirĂ©es ou cours de danse virtuels. "Les sĂ©ances de sport en direct, via un Ă©cran, pourraient devenir plus populaires. Les clubs vont peut-ĂȘtre diffuser leurs propres cours", estime Lauren Ryan, analyste chez Mintel.

Plusieurs experts prédisent de bonnes performances aux équipements de fitness, comme Peloton, dont les vélos d'intérieur sont connectés à internet pour assister à des entraßnements, en simultané ou à la demande. Certains secteurs n'hésitent pas à saisir l'opportunité du confinement forcé.

Le site pornographique xHamster a offert la semaine derniÚre un accÚs gratuit à sa version premium "aux habitants des zones les plus sévÚrement touchées, pour les aider à rester chez eux". "Les inscriptions ont bondi de 22% en une seule journée", assure un communiqué.

Dans le commerce en ligne, "le site chinois JD.com a embauchĂ© 20.000 personnes", indique James Manning Smith, de Futuresource. "Difficile de savoir si le secteur va bĂ©nĂ©ficier de la situation actuelle sur le long terme. Mais les gens pourraient bien s'habituer Ă  la livraison Ă  domicile." Selon David Bchiri, ce sont surtout les technologies qui aident Ă  recrĂ©er du lien social qui sortiront renforcĂ©es, car "on reste des animaux trĂšs sociaux, on n'est pas prĂȘts Ă  vivre en ermites".

AFP

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