Groupe Orpea

L'ARS impose des changements Ă  l'Ehpad au centre du livre "Les Fossoyeurs"

  • PubliĂ© le 30 mars 2022 Ă  02:21
  • ActualisĂ© le 30 mars 2022 Ă  06:29
Le logo d'une maison de retraite Orpea, à Reze prÚs de Nantes, le 10 février 2022

"Réorganiser les équipes de jour et de nuit" ou encore "mettre en place des repas enrichis": dans un rapport dévoilé mardi, l'Agence régionale de Santé Ile-de-France (ARS IDF) impose des changements à l'Ehpad du groupe Orpea des "Bords de Seine", particuliÚrement visé par l'ouvrage "Les Fossoyeurs".

Sollicité par l'AFP, le groupe Orpea a assuré qu'il mettrait en place ces changements "dans les meilleurs délais" et a présenté ses "excuses aux résidents et aux familles".

Depuis la publication du livre de Victor Castanet en janvier, l'ARS IDF a diligentĂ© 90 inspections au sein des Etablissements d'hĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes franciliens, l'Île-de-France comptant 707 Ehpad dont 19% sont publics, 33% privĂ©s Ă  but non lucratif et 48 % privĂ©s Ă  but lucratif.

L'Ehpad du groupe Orpea des "Bords de Seine" de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), destiné aux personnes ùgées atteintes notamment d'Alzheimer, est l'un des quatre établissements ayant fait l'objet d'une "décision définitive" à la suite de ces contrÎles. Sa direction a reçu l'injonction de réorganiser ses équipes de jour et de nuit, dans un délai de trois mois.

L'ARS lui demande par ailleurs de "sécuriser l'organisation du circuit du médicament" dans un délai d'un mois, de "procéder à l'évaluation des risques de dénutrition" et de "mettre en place des repas enrichis" dans un délai d'un mois, ou encore de "mettre à jour les conventions d'exercice libéral des masseurs-kinésithérapeutes" et "de veiller à la traçabilité dans les dossiers des résidents", cette fois "sans délai". Ces directives reposent sur l'observation de dysfonctionnements.

Ainsi, le rapport note le sous-effectif "susceptible d'affecter la qualité et la sécurité de la prise en charge des résidents", avec notamment un recours accentué aux vacataires. Il souligne aussi que les droits des usagers "ne sont pas tous respectés" et que "certaines des prestations proposées (...) n'existent pas (...), comme la balnéothérapie".

- "PremiĂšres mesures correctrices" -

"Alors que le gestionnaire a fait le choix d'une prestation de restauration internalisée", il n'y a ni "repas enrichis" ni "appétants", poursuit l'Agence qui rencontre "des patients dénutris".

Par ailleurs, les pré-signalements d'incidents ne sont transmis ni à l'ARS ni au Département, assure le rapport. L'ARS IDF "a émis des recommandations et des prescriptions et une seule injonction, que nous allons traiter dans les meilleurs délais", a réagi le groupe Orpea, soulignant le contexte "sans précédent" de la crise sanitaire liée au Covid-19.

"Des premiÚres mesures correctrices sont déjà en place" pour mieux organiser les équipes, a garanti Orpea, avec notamment l'appui d'"une infirmiÚre coordinatrice depuis le 18 mars", et la formation de deux "référents bientraitances supplémentaires".

Concernant la dénutrition, Orpea a assuré que celle-ci avait diminué dans la résidence entre 2019 et 2021, et que des formations sur le sujet des équipes étaient prévues dÚs avril.

Pour le circuit du mĂ©dicament, une formation a "dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e", une "messagerie sĂ©curisĂ©e des ordonnances entre le site et la pharmacie va ĂȘtre mise en place" et une "nouvelle convention" avec "une nouvelle pharmacie partenaire" entrera "en vigueur le 7 avril", a encore affirmĂ© Orpea.

Mardi, le groupe s'est aussi dit favorable à la prochaine publication d'un autre rapport, celui de l'IGS et de l'Igas, dont les conclusions révÚlent des "dysfonctionnements graves" au sein du groupe d'Ehpad, d'aprÚs les mots du gouvernement.

L'Ehpad des Bords de Seine est aussi au coeur d'une enquĂȘte prĂ©liminaire ouverte Ă  Nanterre, notamment pour homicide involontaire, Ă  la suite d'une plainte dĂ©posĂ©e en 2020. Dans cette plainte, consultĂ©e par l'AFP, les enfants d'une rĂ©sidente dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  86 ans dĂ©noncent, entre autres, une "gestion opaque de la Covid-19" et des "dĂ©faillances".

Admise en mars 2020 dans l'établissement, la résidente est diagnostiquée positive au Covid-19 début avril 2020, raconte la plainte. Quatre jours aprÚs avoir été testée négative, elle est victime d'un accident vasculaire cérébral.

"A aucun moment, (sa fille) n'avait été tenue informée d'une quelconque dégradation de l'état de santé de sa mÚre", dénonce la plainte qui soulÚve aussi que "ses protections hygiéniques" n'ont pas été changées.

Trois jours aprÚs son accident, la résidente est retrouvée "vers 09H45, inconsciente dans son lit, non vue depuis hier soir" d'aprÚs une note des pompiers.

AFP

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1 Commentaires
Ded
Ded
4 ans

rassurez vous ce n'est pas "notre" ARS qui oserait imposer des changements !Elle qui acceptent en connaissance de causes tous les "Ehpad" bidons de notre Ăźle , elle qui ferment les yeux devant toutes les maltraitances ...elle qui ne fait que se protĂ©ger elle -mĂȘme ( enfin , surtout son personnel encadrant et dĂ©faillant pour ne pas dire plus!)