Elle a décidé de planter 200 arbres

Le combat d'une jeune Ougandaise contre le changement climatique

  • PubliĂ© le 19 septembre 2019 Ă  11:20
  • ActualisĂ© le 19 septembre 2019 Ă  15:44
Leah Namugerwa, une Ougandaise de 15 ans, tient une pancarte prÎnant la grÚve pour alerter contre le réchauffement planétaire, le 4 septembre 2019 à Kampala.

Quand la jeune Ougandaise Leah Namugerwa a eu 15 ans en aoĂ»t, au lieu de fĂȘter son anniversaire avec sa famille et ses amis, elle a dĂ©cidĂ© de planter 200 arbres, pour alerter sur les dommages causĂ©s Ă  l'environnement dans son pays.

Jonglant entre l'Ă©cole, les manifestations, les discours qu'elle prononce dans les capitales de la rĂ©gion pour appeler Ă  sauver la planĂšte, elle fait partie de ces jeunes inspirĂ©s par la dĂ©sormais cĂ©lĂšbre militante Ă©cologiste suĂ©doise Greta Thunberg, ĂągĂ©e de 16 ans. "Si les adultes ne sont pas prĂȘts Ă  prendre l'initiative, moi et d'autres enfants nous leur montrerons la voie. Pourquoi est-ce que je devrais regarder sans rien faire, quand des injustices environnementales se dĂ©roulent sous mes yeux", a dĂ©clarĂ© Leah la semaine derniĂšre Ă  Kigali, oĂč son discours sur l'urgence climatique lui a valu une "standing ovation".

De retour à Kampala, elle raconte que l'"inaction" du gouvernement ougandais sur les thématiques environnementales et les sit-in de Greta Thunberg devant le Parlement suédois l'ont incité à organiser des grÚves hebdomadaires dans son école. Leah fait partie du mouvement de jeunes Fridays for Future, initié par Greta Thunberg, qui a reçu cette semaine le prix d'"ambassadeurs de conscience" de l'ONG Amnesty International.

La jeune fille est à l'origine d'une campagne pour inciter la ville de Kampala à interdire l'usage des sacs plastiques, et pour alerter sur les risques de la déforestation et les sécheresses prolongées et inondations attribuées au changement climatique. "Ce qui m'a fait m'inquiéter et m'a poussée à m'impliquer dans cette campagne, c'est le changement climatique et l'impact qu'il a sur nos vies: les fortes températures, plus élevées que jamais, que nous avons connues; les inondations (...); les maladies qui se répandent", dit-elle.

Elle considÚre que les jeunes "doivent dire ce qu'ils ont sur le c?ur". "Si on ne le fait pas, notre avenir n'est pas garanti. Les dirigeants actuels ne seront plus là, mais nous nous le serons et nous souffrirons des conséquences de leur inaction. Nous devons parler maintenant, pas demain."

- 'C'est réel' -

Originaire du district de Mukono, dont les forĂȘts ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©es ces derniĂšres dĂ©cennies en raison de l'expansion de la capitale ougandaise voisine, elle a organisĂ© toute seule sa premiĂšre manifestation pour la dĂ©fense de l'environnement un vendredi en fĂ©vrier cette annĂ©e, dans une banlieue de Kampala. "Je sentais que je faisais ce qu'il fallait, que j'Ă©tais sur la bonne voie, mais pour la plupart des gens, dont des membres de ma famille, ça leur semblait bizarre. Ils me regardaient Ă©trangement, secouaient leur tĂȘte comme s'ils n'y croyaient pas, pendant que je tenais mes pancartes", raconte-t-elle.

Maintenant, un groupe de jeunes gens la rejoint chaque vendredi, manquant un jour d'Ă©cole pour faire grĂšve. "Des gens m'ont critiquĂ©e. Ils disent qu'Ă  mon Ăąge, le vendredi, je devrais ĂȘtre en cours et pas dans les rues Ă  faire grĂšve. C'est une bonne chose que mes parents m'aient soutenue et encouragĂ©e", explique l'adolescente dont le pĂšre, Ă  la tĂȘte d'une sociĂ©tĂ© de vente de matĂ©riaux de construction, accompagne rĂ©guliĂšrement sa fille en voiture pour son action hebdomadaire.

Leah, qui prendra part ce vendredi Ă  des manifestations mondiales sur le thĂšme de l'urgence climatique, est rassurĂ©e de voir que l'intĂ©rĂȘt pour les questions environnementales augmente en Ouganda. "On ne donne pas aux problĂ©matiques liĂ©es au changement climatique la prioritĂ© qu'on devrait leur donner (...). Mais grĂące Ă  notre campagne, le dĂ©bat commence Ă  prendre maintenant", remarque-t-elle.

Pour Jérome Mukasa, 15 ans, l'un des jeunes qui l'ont rejointe dans son combat, Leah a ouvert les yeux des jeunes Ougandais sur les crises environnementales qui frappent l'Ouganda. "Avant, le message sur le climat et l'environnement n'était pas clair pour certains d'entre nous, mais Leah l'a simplifié pour nous, en nous disant que c'est réel et que c'est un danger pour nous tous."

AFP

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