Conflit

Le Hezbollah cible de frappes attribuées à Israël au Liban et en Syrie

  • Publié le 29 mars 2024 à 22:23
  • Actualisé le 30 mars 2024 à 07:07

Le Hezbollah libanais a été vendredi la cible de frappes massives attribuées à Israël avec l'élimination d'un de ses chefs au Liban et la mort de plusieurs de ses combattants en Syrie, sur fond de craintes d'une conflagration régionale.

L'armée israélienne n'a pas commenté les frappes en Syrie, mais a déclaré avoir tué dans le sud du Liban le "commandant adjoint de l'unité des roquettes et des missiles du Hezbollah", Ali Naïm, dans une frappe aérienne.

Le mouvement chiite a annoncé "le martyre" de sept de ses combattants, dont Ali Naïm, sans préciser où ni quand ils ont été tués.

Les frappes en Syrie ont visé "un dépôt de roquettes appartenant au Hezbollah" dans le nord d'Alep, tuant 36 soldats syriens, sept combattants du Hezbollah et trois autres combattant pro-iranien, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

D'après cette ONG, il s'agit du bilan le plus lourd pour l'armée syrienne dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre.

Moscou, principal allié du régime de Damas, a accusé Israël d'avoir mené des frappes "catégoriquement inacceptables" en Syrie, dénonçant des conséquences régionales potentiellement "dangereuses".

Depuis le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011, Israël y a mené des centaines de frappes visant l'armée et les groupes pro-iraniens, dont le Hezbollah, un soutien du régime de Bachar al-Assad.

Israël, qui commente rarement ces frappes, a intensifié ses bombardements depuis le début de la guerre à Gaza, ciblant notamment des positions du Hezbollah, allié du Hamas.

Parallèlement, Israël et le mouvement chiite se livrent à des échanges de tirs quotidiens le long de la frontière israélo-libanaise.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a affirmé s'être rendu vendredi dans le nord d'Israël "pour avoir un aperçu des actions menées en vue de préparer davantage d'éliminations et d'actions -au Liban, en Syrie et ailleurs".

- "Instabilité" -

"La Syrie et le Liban sont devenus un champ de bataille étendu du point de vue israélien", décrypte Riad Kahwaji, directeur de l'Institut du Proche-Orient et du Golfe pour les analyses militaires (Inegma).

"Les avions de guerre israéliens frappent des cibles dans les deux pays presque quotidiennement dans un effort soutenu visant à détruire l'infrastructure militaire du Hezbollah et à ternir l'image du groupe", indique-t-il à l'AFP.

"La Syrie est la principale voie d'approvisionnement reliant l'Iran au Hezbollah au Liban (...) Israël a frappé cette ligne d'approvisionnement, détruit des dépôts d'armes et éliminé les dirigeants du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (l'armée idéologique de l'Iran, NDLR) en Syrie", ajoute l'expert.

L'attaque de vendredi est la deuxième contre la Syrie en 24h, après une première frappe israélienne ayant tué deux civils, selon l'agence officielle syrienne.

- "Calculs" israéliens modifiés -

Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre des positions israéliennes vendredi, notamment "en réponse aux attaques de l'ennemi israélien à Damas et Alep".

La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste ayant fait environ 1.160 morts en Israël, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens.

Israël a juré de détruire le Hamas après cette attaque et son offensive de grande envergure à Gaza a fait 32.623 morts, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

L'armée israélienne a annoncé ce mois-ci avoir atteint "environ 4.500 cibles du Hezbollah" au Liban et en Syrie depuis le début de la guerre à Gaza.

Depuis le 7 octobre, au moins 347 personnes ont été tuées au Liban -des combattants du Hezbollah pour la plupart et au moins 68 civils-, selon un décompte de l'AFP. Côté israélien, dix soldats et huit civils ont été tués selon l'armée.

"Israël augmente la pression sur le Hezbollah, l'armée syrienne et d'autres groupes soutenus par l'Iran en Syrie et au Liban, car elle sait qu'il n'est pas dans leur intérêt d'intensifier les combats", affirme à l'AFP Lina Khatib.

"Les attaques du Hezbollah contre le nord d'Israël modifient les calculs d'Israël", qui "ne tolère plus le statu quo actuel et va probablement continuer d'intensifier ses frappes en Syrie pour affaiblir considérablement le front pro-iranien", estime cette analyste pour le groupe de réflexion Chatham House.
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AFP

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