Insee

Les femmes gagnent toujours moins et s'occupent plus des enfants

  • PubliĂ© le 7 mars 2017 Ă  18:27
9,5% des femmes de 15 ans ou plus étaient au chÎmage en 2015 contre 10,5% des hommes

Elles étudient plus mais sont moins payées, s'occupent plus des enfants mais partent à la retraite plus tard: les inégalités entre les femmes et les hommes diminuent lentement, malgré des progrÚs en termes d'emploi et une vision de moins en moins "stéréotypée", révÚle mardi l'Insee.

"Les hommes et les femmes ne parcourent pas les Ă©tapes de la vie de la mĂȘme façon. S'il y a des amĂ©liorations, notamment en termes d'emploi, des diffĂ©rences persistent Ă  tous les Ăąges", a rĂ©sumĂ© devant la presse Laurence Rioux, cheffe de la division des Ă©tudes sociales Ă  l'Insee.

DÚs l'école primaire, les filles réussissent mieux à l'école que les garçons et cet écart se creuse au collÚge. Plus diplÎmées que les hommes, les jeunes femmes sont majoritaires dans le supérieur (55%) et s'engagent dans des cursus plus longs.

Cependant, à l'exception des études de médecine, elles sont encore peu présentes dans les filiÚres scientifiques et accÚdent à un premier emploi plus tard que les hommes, dévoile l'Insee, à la veille de la journée internationale des droits des femmes.

Les différences tendent néanmoins à se réduire. En 2015, 68% des femmes de 15 à 64 ans participaient au marché du travail (c'est-à-dire en emploi ou au chÎmage) contre 76% des hommes. Cet écart, de 8 points, était de 31 points il y a 40 ans.

Depuis le milieu des annĂ©es 1970, le chĂŽmage des femmes dĂ©passait celui des hommes mais cette tendance s'est inversĂ©e depuis 2013. Ainsi, 9,5% des femmes de 15 ans ou plus Ă©taient au chĂŽmage en 2015 contre 10,5% des hommes de mĂȘme Ăąge. En cause notamment la crise de 2008, qui a touchĂ© des secteurs industriels plus masculins, selon l'Insee.

Concernant l'accÚs à l'emploi cadre, la parité a été atteinte en 2013: "sur 100 jeunes cadres, 49 sont aujourd'hui femmes alors qu'elles étaient 41 en 2001", a déclaré Arnaud Dupray, chargé d'études, ajoutant que la place des femmes "cadres encadrantes" était passée de 35 à 44%.

- L'idée d'une "vocation maternelle" -

Pourtant, les Ă©carts de salaires diminuent "trĂšs lentement", pointe Mme Rioux. En 2014, dans l'ensemble des secteurs privĂ© et public, il Ă©tait infĂ©rieur de 24% (contre 27% en 1995). "L'Ă©cart de salaire horaire atteint 17%, il provient des diffĂ©rences d'Ăąge, de diplĂŽme ou du type d'emploi occupĂ© mais il reste une partie qu'on ne peut expliquer et qui peut ĂȘtre le reflet de pratique de discrimination en dĂ©faveur des femmes", a dit Mme Rioux.

En outre, les femmes sont plus concernées par les interruptions temporaires et réductions d'activité. Le taux d'activité des femmes ayant un ou deux enfants est de 85%, 73% pour celles ayant 3 enfants ou plus.

"ComparĂ©es aux pĂšres, huit fois plus de mĂšres qui travaillent sont Ă  temps partiel", ajoute Mme Rioux, prĂ©cisant que la moitiĂ© dĂ©clare l'ĂȘtre "pour s'occuper des enfants".

"Les femmes continuent de réaliser la plus grande part du travail domestique et l'idée d'une vocation maternelle perdure", observe Adrien Papuchon, responsable d'études.Néanmoins, "on a un déclin significatif de l?adhésion aux stéréotypes de genre et l?égalité des compétences entre les hommes et les femmes est aujourd'hui majoritaire", selon lui. Ainsi, alors que 43% des personnes pensaient en 2002 que "dans l'idéal, les femmes devaient rester à la maison pour s'occuper des enfants", elles sont 22% en 2012.

Les fortes disparités de carriÚres se répercutent enfin sur la retraite. Ainsi, les femmes l'acquiert en moyenne à 61,1 ans, soit un an plus tard que les hommes (60,2 ans), et leur pension est estimée à 891 euros par mois, contre 1.543 euros pour un homme, soit 42% de moins.

L'existence de droits conjugaux et familiaux permet de réduire cet écart de 26%. Mais les femmes, qui vivent plus longtemps et représentent deux tiers des octogénaires et trois quarts des personnes de 90 ans et plus, sont ainsi davantage sujettes à la pauvreté, souligne l'Insee.
 

AFP

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