Invaincus depuis le dĂ©but de la compĂ©tition, les handballeurs français ont sombrĂ© 27-23 face Ă l'Espagne en demi-finale de l'Euro-2018 et dit adieu Ă leur rĂȘve de reconquĂȘte continentale, vendredi Ă Zagreb.
MĂȘme si l'objectif des demi-finales fixĂ© avant le dĂ©but du tournoi Ă©tait dĂ©jĂ atteint, cette dĂ©faite apparaĂźt comme une Ă©norme dĂ©ception, compte tenu du parcours impeccable des Bleus jusque lĂ . "Aujourd'hui, le bilan est lourd. Ne pas accĂ©der Ă une finale, c'est quand mĂȘme douloureux pour tout le monde", a reconnu le sĂ©lectionneur Didier Dinart.
La France a subi la loi de l'Espagne, qui avait éliminé l'Allemagne tenante du titre mercredi (31-17). Malgré une belle remontée en seconde période, les Bleus n'ont jamais réussi à combler son retard. AprÚs les départs des glorieux anciens Daniel Narcisse et Thierry Omeyer, l'équipe de France s'était lancée dans la compétition avec un groupe bien moins expérimenté mais un statut de champion du monde à assumer. Elle a affiché une grande maßtrise lors des six rencontres de poule mais beaucoup de faiblesses vendredi lors de son premier match-couperet.
Deux jours aprÚs leur démonstration de force (30-27) contre la Croatie, le pays-hÎte, les champions du monde en titre n'ont pas réussi à confirmer face à la sélection espagnole.
- Panique -
Ils ont été mis en difficulté comme jamais, tombant dans le rythme des Espagnols, finalistes de l'Euro il y a deux ans, dÚs les premiÚres minutes. Ils ont accumulé les pertes de balle, les mésententes et les tirs ratés en attaque, sans afficher leur habituelle sérénité en défense.
Les Espagnols ont fait la course en tĂȘte et la rĂ©gularitĂ© de Ferran Sole (5 buts en premiĂšre pĂ©riode) a pesĂ©. CĂŽtĂ© français, Vincent GĂ©rard, exceptionnel face Ă la SuĂšde, a manquĂ© d'efficacitĂ©. Le taulier Nikola Karabatic est passĂ© Ă cĂŽtĂ© et les Bleus ont perdu leur pĂ©pite Dika Mem, blessĂ© au bout de 20 minutes.
Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but du tournoi, un vent de panique a semblĂ© parcourir l'Ă©quipe de France et Ă la pause, l'Ă©cart de six buts (15-9) aurait pu ĂȘtre plus consĂ©quent sans l'apport du capitaine CĂ©dric Sorhaindo (4 buts). Jamais les Français n'avaient inscrit aussi peu de buts en 30 minutes depuis le dĂ©but de la compĂ©tition. Il faut dire que les Bleus sont tombĂ©s sur deux gardiens dans un grand soir.
Les "Hispanos" avaient pourtant perdu le portier Gonzalo Perez de Vargas mercredi en raison d'une blessure Ă un genou. Mais ils n'ont pas perdu au change avec sa doublure Rodrigo Corrales, qui a rĂ©alisĂ© les arrĂȘts dĂ©cisifs, tout comme le vĂ©tĂ©ran Arpad Sterbik, appelĂ© de derniĂšre minute.
- "Rageant" -
Malgré les difficultés des Français, Didier Dinart a fait confiance à son 7 de départ à la reprise et l'écart n'a fait qu'augmenter, atteignant +9 en faveur des Espagnols à 15 minutes du terme (23-14). L'entrée du jeune Romain Lagarde, 20 ans, a fait du bien aux Bleus qui ont retrouvé la réussite, revenant à 23-20, avant de retomber dans le rythme des Espagnols en fin de match.
"En premiĂšre mi-temps, on se tire une balle dans le pied, le match est pliĂ©", a regrettĂ© Valentin Porte. "On revient un petit peu mais on sait trĂšs bien que ça ne va pas suffire. C'est ça qui est rageant, on ne s'est mĂȘme pas donnĂ© le droit d'exister." Au lieu de viser le titre, Nikola Karabatic et ses partenaires se battront donc pour une mĂ©daille de bronze dimanche (18h00) contre le Danemark, dĂ©fait par la SuĂšde 35-34 aprĂšs prolongation dans la deuxiĂšme demi-finale.
"Ce serait vraiment regrettable de repartir avec une quatriÚme place sachant que jusqu'alors, on voyait une équipe de France resplendissante", a déclaré Dinart. "Mais il y a encore de quoi faire pour bien terminer ce championnat d'Europe", a-t-il positivé. Face aux Danois et leur star Mikkel Hansen, ils feront face à leurs bourreaux de la finale des jeux Olympiques de Rio, perdue 26-28 en 2016 et toujours pas digérée.
AFP

