Actualités du monde

Les jeunes redescendent dans la rue contre la loi travail

  • PubliĂ© le 17 mars 2016 Ă  10:13
Des jeunes manifestent Ă  Paris contre le projet de loi travail, le 9 mars 2016

Huit jours aprĂšs une premiĂšre mobilisation aux cĂŽtĂ©s des salariĂ©s, Ă©tudiants et lycĂ©ens sont appelĂ©s Ă  descendre Ă  nouveau dans la rue jeudi pour dire non au projet de loi travail, mĂȘme dans sa version remaniĂ©e par le gouvernement.


Si le gouvernement se dit désormais confiant d'avoir une majorité pour son projet, les opposants à cette réforme du code du travail entendent maintenir la pression, à peine plus d'un an avant la présidentielle.
"L'enjeu c'est de massifier la mobilisation cÎté jeunes, aussi bien en AG que dans la rue, avant de rejoindre les salariés le 31 mars", explique à l'AFP William Martinet, le président de l'Unef, premier syndicat étudiant.
Il dit attendre au moins le mĂȘme nombre de jeunes dans les rues que le 9 mars, lorsque 100.000 d'entre eux avaient dĂ©filĂ© partout en France aux cĂŽtĂ©s de 400.000 salariĂ©s, selon les chiffres de l'Unef. Les autoritĂ©s, elles, avaient comptabilisĂ© 224.000 personnes au total.
A Paris, le cortÚge partira à 13H30 de la place de la République pour rallier la place d'Italie, en passant par Bastille.
"Il y a des reculs qu'on a réussi à imposer au gouvernement, comme sur le temps de travail des apprentis et les indemnités prud'homales: c'est un encouragement à retourner manifester", affirme William Martinet.
La version revue et corrigée du projet présentée lundi par le Premier ministre Manuel Valls n'a pas eu raison de la colÚre de toutes les organisations de jeunesse, mais la Fage a jugé, elle, qu'elle permettait "la poursuite du dialogue", et n'appelle pas à la mobilisation.
Un point en particulier a convaincu le deuxiÚme syndicat étudiant: la garantie jeunes, un dispositif d'accompagnement renforcé vers l'emploi, qui va devenir un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation.
Mais, pour les contestataires comme l'Unef, "les soi-disant mesures jeunes, c'est de l'enfumage, ça ne mĂ©rite pas d'arrĂȘter la mobilisation", car il n'y a pas "l'investissement budgĂ©taire" adĂ©quat pour les 900.000 jeunes concernĂ©s.
- Hantise du pouvoir -
Mardi, 22 organisations de jeunesse ont réclamé "le retrait sans condition de ce projet de loi régressif" et ont promis une mobilisation sur le long terme, notamment avec une journée d'action le 31 mars, date prévue pour la nouvelle journée de grÚve contre ce texte.
"La manifestation, c'est le geste le plus visible", explique Naïm Shili, le vice-président de l'UNL, qui s'attend également à des blocages d'établissements. Ce syndicat lycéen suggÚre l'organisation d'assemblées générales le matin devant les lycées, "pour expliquer les raisons du mouvement".
Les barrages mis en place dans les établissements seront "filtrants", explique Pierre Monquet, vice-président du SGL, un autre syndicat lycéen. "Ceux qui veulent aller en cours peuvent y aller et nous négocions avec les directions afin que les grévistes ne soient pas notés comme absents".
Du cÎté des professeurs, l'intersyndicale opposée à la réforme du collÚge a elle aussi appelé à "rejoindre les manifestations et initiatives" prises par les jeunes "pour le retrait de la loi El Khomri".
L'intersyndicale, oĂč figure le Snes, premier syndicat dans le secondaire, entend rĂ©itĂ©rer son opposition totale Ă  la rĂ©forme du collĂšge, portĂ©e par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem.
Pendant sa campagne, le candidat François Hollande avait promis de faire de la jeunesse une priorité de son quinquennat. Une promesse que lui rappellent à l'envi les organisations de jeunes. Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 24 mars, et le gouvernement espÚre faire passer le texte d'ici l'été.
La jeunesse dans la rue, l'épouvantail du pouvoir. Le souvenir du Contrat premiÚre embauche (CPE) - censé aider à combattre le chÎmage des jeunes - n'est pas si loin: en 2006, sous la droite, le gouvernement Villepin avait dû plier face à la fronde.

- © 2016 AFP
guest
0 Commentaires