Dans un atelier du nord de l'Albanie, des artistes peignent et décorent à la main des dizaines de milliers de masques vénitiens que les festivaliers aiment à porter pendant la saison du carnaval à travers le monde.
Chaque annĂ©e, l'atelier Angoni exporte entre 20.000 et 30.000 piĂšces, toutes uniques, des plus simples aux plus extravagantes. Edmond Angoni, 64 ans, a ouvert "Venice Art Mask" Ă ShkodĂ«r en 1997, aprĂšs avoir travaillĂ© un temps en Italie. Aujourd'hui, il emploie une cinquantaine de personnes. Environ "70% de la production est destinĂ©e au marchĂ© de Venise", oĂč le carnaval vient d'ĂȘtre Ă©courtĂ© pour cause de coronavirus, le reste Ă©tant vendu en Australie, en Grande-Bretagne, en France, aux Etats-Unis, explique-t-il.
L'entreprise dispose aussi de sept magasins à Venise qui lui servent de "vitrine" pour les cinéastes et autres assistants de théùtre qui viennent passer commande.
Les masques sont trÚs populaires en période de carnaval mais l'entreprise travaille toute l'année et certaines piÚces sont utilisées par le septiÚme art. Nicole Kidman et Tom Cruise portaient par exemple des masques Angoni dans le film "Eyes Wide Shut" de Stanley Kubrick sorti en 1999.
"Tout est entiĂšrement fait Ă la main", souligne Emanuela Pergjergji, 36 ans, l'une des peintres de l'atelier. A la fabrication d'un moule en argile oĂč est versĂ© du plĂątre, succĂšdent une douzaine d'Ă©tapes prĂ©cises.
Les masques ont un coĂ»t -- de 20 euros pour un loup jusqu'Ă 1.500 euros pour les plus luxueux -- mais c'est le prix de la qualitĂ©, selon M. Angoni. "On mise sur le cĂŽtĂ© artistique, on les traite avec passion et amour comme des objets d'art". Nora Gjonaj travaille dans l'atelier depuis 20 ans. Ses masques prĂ©fĂ©rĂ©s: "les animaux de toutes sortes et qui aprĂšs ĂȘtre peints et dĂ©corĂ©s sont trĂšs beaux, trĂšs rĂ©ussis", dit-elle.
L'atelier comprend Ă©galement une salle d'exposition oĂč les visiteurs peuvent admirer des modĂšles de luxe dĂ©corĂ©s Ă la feuille d'or ou d'argent, ornĂ©s de plumes, de cristaux Swarovski, de perles.
L'exposition constitue une attraction supplémentaire pour les touristes étrangers qui viennent visiter Shkodër, la "Venise de l'Albanie" réputée pour son lac et sa citadelle. Ivana Dedovic est venue du Monténégro voisin acheter deux masques pour elle et son amie, qu'elles porteront au bal dans leur pays. "Difficile de choisir, ils sont tous beaux", lance-t-elle ravie.
AFP



