Néfaste pour l'environnement

Les mers d'Asie, poubelles plastiques de la planĂšte

  • PubliĂ© le 5 juin 2018 Ă  10:05
  • ActualisĂ© le 5 juin 2018 Ă  10:29
La mangrove recouverte de sacs plastiques dans la province vietnamienne de Than Hoa, le 15 mai 2018

Au Vietnam des sacs plastiques recouvrent la mangrove, en Thaïlande une baleine est morte aprÚs en avoir ingurgité 80, les ßles indonésiennes n'ont parfois plus rien de paradisiaques: en Asie, les effets de la pollution plastique sont dramatiques.

Chine, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Vietnam: à eux seuls, ces cinq pays asiatiques rejettent chaque année plus de quatre millions de tonnes de plastique dans les mers du monde, soit la moitié du total des rejets, selon l'ONG de référence Ocean Conservancy.
Et si rien n'est fait, d'ici à 2025, ce seront 250 millions de tonnes de déchets plastiques qui seront accumulés dans les eaux du globe, selon les chercheurs.


"Nous sommes en plein dans une crise de pollution plastique, on en voit partout, dans nos riviÚres, dans nos océans, partout", s'inquiÚte Ahmad Ashov Birry, de Greenpeace en Indonésie alors que le 5 juin a été décrété journée mondiale de l'environnement.
Chine, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Vietnam sont aussi parmi ceux qui ont la plus forte croissance en Asie, avec une économie largement basée sur la production de plastique - avec comme corollaire son rejet dans la nature, faute de systÚme de collecte et de recyclage performant.


Effet sur la pĂȘche


Et les individus en payent le prix, notamment ceux qui vivent de la pĂȘche: au Vietnam, Nguyen Thi Phuong a ainsi vu sa zone de pĂȘche se transformer en dĂ©charge Ă  ciel ouvert au fil des annĂ©es. "C'est tellement polluĂ©, ce n'est pas sain pour les enfants", explique-t-elle, de retour de sa pĂȘche matinale, assise avec ses deux petits dans son bateau, sous un soleil de plomb, dans une odeur d'ordures et de poisson. "C'est difficile pour nous d'attraper des crevettes et des poissons", explique un autre pĂȘcheur, Vu Quoc Viet, qui doit trier les dĂ©chets plastiques capturĂ©s par ses filets.


Dans la mangrove voisine, Ă©cosystĂšme fragile de marais maritime typique des rĂ©gions tropicales, d'autres pĂȘcheuses creusent la vase Ă  la recherche de crustacĂ©s. Sans plus prĂȘter attention Ă  la mer de dĂ©chets et sacs plastiques qui constitue dĂ©sormais leur habitat de travail. Un rĂ©cent rapport de l'ONG World Animal Protection souligne la dangerositĂ© des filets de pĂȘche abandonnĂ©s en mer, qui fait partie des polluants plastiques.


En Thaïlande, une baleine est morte début juin: les vétérinaires ont retrouvé plus de 80 sacs plastiques dans son corps, derniÚre illustration du drame de la pollution plastique, qui n'est que "la partie visible de l'iceberg", souligne John Tanzer, de l'ONG WWF. "La pollution de nos océans est si grande que cela touche désormais tous les niveaux de l'écosystÚme, des plus petites créatures aux baleines", déplore-t-il. Et cette pollution touche aussi l'eau douce, les microparticules de ces plastiques se désagrégeant au fil des années se retrouvent dans l'eau que des millions d'Asiatiques boivent chaque jour.
L'ONG International Union for Conservation of Nature est en train de mener une étude mondiale sur les effets de ces particules aux effets encore méconnus.


Collecte parcellaire


Que ce soit en Chine, en Indonésie, aux Philippines, en Thaïlande ou au Vietnam, la collecte des déchets est parcellaire: moins de la moitié des déchets y sont correctement collectés. Dans une société de consommation du "tout plastique", l'éducation des citoyens asiatiques, qui ne sont pas encore passés à l'heure des cabas réutilisables dans les supermarchés, est un des changements clefs à opérer, avec l'amélioration de la collecte, selon les experts.
DeuxiĂšme Ă©conomie mondiale, la Chine a interdit l'an dernier l'importation de dĂ©chets plastiques, refusant d'ĂȘtre la poubelle du monde. Mais l'immense majoritĂ© des dĂ©chets publiques en Chine sont le fait de sa propre population.

 - © 2018 AFP

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