Points de rupture climatiques

Les "signes vitaux" de la Terre s'affaiblissent, selon des scientifiques

  • PubliĂ© le 31 juillet 2021 Ă  02:57
Sur les 31 "signes vitaux" de la planĂšte, 18 atteignent des records

Les "signes vitaux" de la planÚte s'affaiblissent sous les coups de l'économie mondiale, ont mis en garde ce mercredi des scientifiques de premier plan, s'inquiétant de l'imminence possible de certains "points de rupture" climatiques.

Ces chercheurs, qui font partie d'un groupe de plus de 14.000 scientifiques ayant plaidé pour la déclaration d'une urgence climatique mondiale, estiment que les gouvernements ont de maniÚre systématique échoué à s'attaquer aux causes du changement climatique: "la surexploitation de la Terre".

Depuis une évaluation précédente en 2019, ils soulignent la "hausse sans précédent" des catastrophes climatiques, des inondations aux canicules, en passant par les cyclones et les incendies.

Sur les 31 "signes vitaux" de la planÚte, qui incluent les émissions de gaz à effet de serre, l'épaisseur des glaciers ou la déforestation, 18 atteignent des records, selon ce texte publié dans la revue BioScience.

Ainsi, malgré la chute des émissions de gaz à effet de serre en raison de la pandémie de Covid-19, les concentrations de CO2 et de méthane dans l'atmosphÚre ont atteint des niveaux record en 2021.

Les glaciers fondent 31% plus vite qu'il y a quinze ans et la déforestation en Amazonie brésilienne a elle aussi atteint un record en 2020, transformant ce puits de carbone crucial en émetteur net de CO2.

Avec un record de plus de 4 milliards de tĂȘte de bĂ©tail, notamment vaches et moutons, la masse du bĂ©tail dĂ©passe dĂ©sormais celle des humains et des animaux sauvages combinĂ©s, selon l'Ă©tude.

"Nous devons réagir face aux preuves qui montrent que nous allons vers des points de rupture climatiques, en prenant des mesures urgentes pour décarboner l'économie et en commençant à restaurer la nature plutÎt que la détruire", a indiqué l'un des auteurs, Tim Lenton, de l'université britannique d'Exeter.

Les auteurs estiment qu'il existe en effet "de plus en plus de preuves que nous approchons, voire avons déjà dépassé" certains des points de bascule qui pourraient entraßner le systÚme climatique vers un changement dramatique et irrémédiable.

Cela inclut la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, qui pourrait ĂȘtre irrĂ©versible Ă  l'Ă©chelle de plusieurs siĂšcles, mĂȘme si les Ă©missions de CO2 Ă©taient rĂ©duites.

Autre point de non retour possible pour les récifs coralliens menacés notamment par le réchauffement, et dont dépendent un demi-milliard de personnes.

Les auteurs réclament des actions rapides radicales dans plusieurs domaines: éliminer les énergies fossiles, réduire la pollution, restaurer les écosystÚmes, opter pour des régimes alimentaires basés sur les plantes, s'éloigner du modÚle de croissance actuel et stabiliser la population mondiale.

"Nous devons arrĂȘter de traiter l'urgence climatique comme un problĂšme indĂ©pendant, le rĂ©chauffement n'est pas le seul problĂšme de notre systĂšme Terre sous pression", a insistĂ© William Ripple, de l'UniversitĂ© d'Etat de l'Oregon.

Selon lui, "les politiques pour combattre la crise climatique ou tout autre symptĂŽme devraient s'attaquer Ă  la source: la surexploitation de la planĂšte par les humains".

AFP

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