Depuis une semaine, des dizaines de collÚges et de lycées à travers la France sont la cible de menaces d'attentats envoyées le plus souvent via la messagerie des espaces numériques de travail: la ministre de l'Education a annoncé jeudi soir la suspension de ces messageries.
"Nous allons suspendre la messagerie dans les ENT, parce qu'il faut, en tous cas Ă titre prĂ©ventif, arrĂȘter" ces Ă©vĂ©nements, "jusqu'aux vacances de printemps sans doute", a dĂ©clarĂ© Nicole Belloubet sur RTL. Et ce afin que "nous puissions rĂ©initialiser les comptes de nos Ă©lĂšves et sĂ©curiser davantage" l'accĂšs Ă la messagerie des ENT.
L'ENT est un espace numérique qui sert de lien entre enseignants, élÚves et parents.
Couper l'accÚs à la messagerie a déjà été décidé dans plusieurs régions, depuis le début de cette vague de menaces. Ainsi, jeudi matin, la présidente de la Région Pays de la Loire a annoncé sur X avoir décidé, avec la rectrice d'académie, de couper cet accÚs à tous les lycéens de la Région.
Une décision prise "aprÚs que des messages contenant des menaces terroristes et une vidéo de décapitation ont été reçus par des élÚves du lycée Jean-Perrin de Rezé", en Loire-Atlantique, a-t-elle détaillé. "Nous avons agi au plus vite pour préserver nos enfants de ces horreurs, qui visent à semer la terreur et à choquer les consciences".
Selon la proviseure du lycĂ©e Jean-Perrin, citĂ©e par Ouest France, le message faisait rĂ©fĂ©rence Ă lâĂtat islamique et menaçait de faire exploser lâĂ©tablissement dans la journĂ©e, avec un lien vers la vidĂ©o dâune scĂšne de dĂ©capitation.
- Un mineur interpellé -
"Les personnes qui émettent de tels messages seront poursuivies et seront sanctionnées", a encore dit la ministre sur RTL. "La justice est sévÚre sur les fausses alertes à la bombe et sur ce type de messages malveillants".
Selon une source proche du dossier et le parquet de Paris, un mineur de 17 ans a Ă©tĂ© interpellĂ© et placĂ© en garde Ă vue jeudi Ă Malakoff dans les Hauts-de-Seine, dans l'enquĂȘte sur les piratages des plateformes numĂ©riques d'Ă©tablissements scolaires (ENT).
Depuis le milieu de semaine derniĂšre, plus de 150 Ă©tablissements situĂ©s dans vingt acadĂ©mies au total Ă Paris et en rĂ©gions, selon le ministĂšre, ont Ă©tĂ© visĂ©s par des menaces d'attentats transmises via les ENT. Des plaintes ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es et des enquĂȘtes ouvertes.
Une vidéo de décapitation a notamment été envoyée à plusieurs établissements.
Jeudi aprÚs-midi s'est tenue une réunion au ministÚre de l'Education sur la sécurité numérique en milieu scolaire, pour définir "une feuille de route partagée visant à mieux sécuriser les espaces numériques de travail et les logiciels de vie scolaire, à court et moyen terme", selon la rue de Grenelle.
"Avec les représentants des élus et les éditeurs, nous allons déployer un véritable bouclier numérique", a promis Nicole Belloubet sur X.
Ces tensions interviennent alors que le proviseur d'un lycée parisien a annoncé cette semaine quitter son poste, quelques mois avant sa retraite, aprÚs des semaines de menaces de mort sur internet, suite à une altercation avec une élÚve pour qu'elle enlÚve son voile.
Un départ anticipé qui a causé un vif émoi chez les enseignants et au sein de la classe politique.
La Grande Mosquée de Paris a dit jeudi sa "profonde inquiétude" aprÚs les menaces ayant visé plusieurs écoles ou encore contre le proviseur du lycée Ravel, et a exhorté les musulmans à apporter "soutien" et "bienveillance" aux enseignants.
AFP

